8 4 o DE L’ORIGI NE
Par ce moyen il n’est point besoin de ce feu souterrain & universel,que d’autres se sont imagine, pour changer en vapeur Ies eaux de IaMer , ny de les faire passer par tant de sortes de terres , pour leur fai-re quiter leur sei & leur amertume.
Par ce moyen il n’est point besoin de faire faire de si grands effortsaü reflux de la Mer pour pousser scs eaux jusques au sommet des mon-tagnes , comme d’autres ont voulu , ny a une infinite de canaux*de laterre pour les conserver fidellement enfermees durant de si longs che-mins.
Par ce moyen il n’est point besoin aussi de füposcf des vertus 8c despfoprietez particulieres aux astres, Sc encore moins d’avoir recours ädes miracles nouveaux pour les faire mouvoir. Les eaux que j’ai trou-vees sont au lieu ou leur pefanteur les a appelleesj elles y sont en abon-dance , fans sci ni amertume , & le mouvemenc que je leur donne estnaturel; elles se partagent librement & fans conrrainte , ies unes vontvers les rivieres par la pente de la terre qui les soutient; les autres s’e-levent au haut des montagnes par evaporation , & s’etant enfin reiiniesse rendent a la Mer d’oü elles etoient sorties en vapeurs.
Par ce moyen je relbus ia difficulte remarquee fur 1’opinion d e Lydiasde Du Hamel , de Descartes , de Sohottus , & de Rohault , touchaht ledesalement de tome la Mer , en y faisant entrer amant d’eaux doucespar les rivieres qu’il en peut sortir par 1’evaporation continuelle que leSoleil & 1’air peuvent causor , fans que le sci de la Mer seit au hazardde demeurer dans le corps de la terre fans pouvoir retourner ä la Mer.
Pas lä j’explique le passage de VEcclefiafle , (s’il est permis de s’enscrvir ici) avec moins de peine que tous ceux qui 1’ont allegue ; &par !ä je n’avance rien qui seit contraire a la maniere ordinaire dont laNature se fert en tomes scs operations , qui est de les faire avec {Im-plicite fans peine & fans embarras.
L’on fait plufieurs objections ä ceux qui ont traite de 1’Origine desFontaines, aulquelles, quoi que j’cn traite aussi, je pourrois n’etre pasoblige de repondre, a cause que tnon opinion est entierement diffe-rente de la leur ; & que ce qui cause les difficultez qu’on leur objectene se trouve pas dans le fysteme que j’en ai etabli. La cause de celaest que , (comme je disois n’agueres) iis ont cru que les fontainesetoient la cause des rivieres & des fleuves , & qu' il y avoit bien plusde fontaines qu’il n’y en a effeta Et comme iis ne donnent pointd’autre principe a leurs fontaines , & par confequent a leurs rivieres &a leurs fleuves, que des eaux produites par evaporation ,Sc que ce prin-cipe qui n’ayant d’effet que par la continuation de son action , n’estpas capable ny süffisant pour produire fubitement des eaux en grandeabondance comme il en faut pour fournir aux prodigieux ecoulemensde tous les fleuves du Monde ; iis ont bien de la peine a repondre furbeaucoup de cas singuliers qui se trouvent en quelques fontaines, ä