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Tome second.
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DES FONTAINES, II. Partie. §41

quoi il m’est facile de repondre , par la maniere differente de Ia leur,<iont j’etablis les caufes mouvantes de ma machine.

Une des plus grandes objections qu’on leur fair, est qu’il ya desfontaines capables de porter bateau des leurs sources, & par lä on cou-clud qu’il saut qu’une fontaine de cette qualite ait pour Ion origineäutre chofe que des vapeurs condenfees dans les rochers des montagnes,qui ne fqauroient produire que de petites gouttes d’eau en b^aucoupde temsj & ä ce fujet l’on rapporte l’exemple, eutre plusieurs autres,d’une fontaine pres de la ville ä’Orleans qui fait ä fa fource un grandbaffin comme feroit une mare dont le fond est tres-profond , & de läcoule avec grande abondance julque dans la Riviere de Loire , qui n’enest distante que de deux lieues, oüelle fe decharge ; 6t ce ruisieau ou■riviere est capable de porter des bateaux des la fource meme.

Pour bien repondre ä cette objection il saut premierement la consi-derer en general, & il faudroit aussi que de semblabies faits qu’on mecen avant fusient bien eclaircis & averez : Car de dire en general qu’ ilfort du haut des montagnes des sources asiez abondantes pour faire desruisieaux capables de porter des bateaux, je ne croi pas qu’il y en ait.Je fgai bien qu’il y a des Torrens puistäns qui tombent de fort haut:mais ce n’est pas de ces eaux-lä que nous pärlons , pource qu’ ils tarif-fent bien-totj Je fqai bien aussi qu’il y a des rivieres qui coulenr toü-jours 6t qui fönt des cafcades en tombant de fort haut, comme föntcelles de Tivoli 6t d’autres semblabies : Mais qui ne scait que ces cafca-des de Tjwoli , fönt une riviere comme une jiutre dont la pente est foü-tenue par un terrain eleve, qui n’ayant pas suivi la pente des autres ri-vieres & ruisieaux des environs , vient ä manquer fubitement, & luifait faire le saut etonnant que l’on voit; & ä cela il n’y a rien ä ad mi-rer que cette fantafque disposition de terrain & son subit changemenr.Les moulins qui fönt für les petites rivieres fönt autant de petites caf-cades , lesquelles si l’on les avoit jointes enfemble , je veux dire, sil’on avoit foütenu le cours de ces rivieres dans une douce pente de-puis la chüte du premier moulin jufques ä celle du dernier, feroientune Cascade considerable, comme nous l’avons remarque ci-devant fürla riviere d’Om?, pres de Caen en Normandie.

je dis donc qu’il ne fort point du haut d’une montagne de ces ruif-feaux-lä , qui n’ayent la raison & k caufe que j’ai dite , c’est ä direquelque autre riviere eloignee qui laisie echaper sous terre une partiede fes eaux für une pente plus douce que n’est la ( sienne , j’en ai rap-porte des exemples probables ; & ainsi l’objection en general ne regar-de point mon opinion , 6c peut-etre que dans le particulier de l’exera-ple propofe , eile ne la regardera point aussi non plus que celle desautres.

Car il y a grande apparence que cette pretendue fource pres d 'Or-kans, est de la qualite de celles dont je viens de parier j Lc que ce n’est/ Tome r. Ppp pp qu’un