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La France géographique, industrielle et historique générale et départementale / précédée de notions sur la géographie universelle et comparée avec les autres états de l'Europe par G. Heck ... avec texte de Léon Plée ...
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préliminaires généraux.

chaînées par les lois de la gravitation , les eaux marines forment lesdeux tiers au moins de la surface du globe. Elles entourent, detous côtés les terres qui, plus liantes qu elles, semblent sortir deleur sein en plus ou moins fortes masses rassemblées ou dis-séminées. _ . ,

Elles doivent leur salure, leur amertume, à la présence de diffe-rents corps étrangers (muriate de soude, magnésie, chaux, sulfatede soude, etc.), qui les rendent insupportables au goût et à la viedes animaux terrestres; mais en sévaporant dans l'atmosphère,elles se dépouillent de ees matières ; puis , devenues douces, noussont rendues en pluies ou neiges bienfaisantes qui alimentent lescours deaux terrestres. Leur liquidité même les expose à différentsmouvements dont nous navons pas à nous occuper ici, et qui sont,les courants, les marées, et les agitations passagères, plus ou moinsviolentes que le vent cause à leur surface.

Le lit, cest-à-dire la partie solide sur laquelle elles reposent , estbien loin dêtre uni; il est silonné par des reliefs et des creux,comme nous en voyons à la surface des terres.

§ 2. Leurs différentes dénominations.

On donne à la totalité de ees eaux marines.le nom diMvensi'r,Océan, et lon emploie le mot Océan avec différents qualificatifs,pour désigner telle ou telle de scs divisions à louest, au sud , ouvers telle ou telle terre (Océan oriental, Océan indien , etc.).

En outre, suivant la disposition des terres (pii bordent ses par-ties, on donne à celles-ci des noms fixes ou génériques, commeMeiIS MÉDITERRANÉES, GOLFES, ÜA1ES , MANCHES, DÉTROITS, lAS ,

Canaux , etc.

1.Une Mer Méditerranée est une portion considérable de lO-céan circonscrite de presque tous côtés par des terres.

2.Un (.oi.ee est une grande avancée de lOcéan, ou dune merintérieure sur les terres dont les plus liantes parties les circonscri-vent seulement: de deux ou trois côtés. Les avancées moindres etanalogues sont des Haies, des Anses, des Rades ; creusées par lamain de l'homme, elles deviennent des Iorts, des Havres.

3.On nomme Détroit, toute portion de lOcéan resserrée entredeux terres à peu près parallèles, et circonscrites seulement paréesterres. Une partie moins resserrée pourra prendre le nom de Man-che ou bras de mer ; plus resserrée et par des terres irrégulièrementdisposées, celui de Chenal , etc.

§ 3. Eaux terrestres.

DES SOURCES.

Des eaux pluviales qui viennent presque continuellement rafraî-chir les terres ou les inonder-, une partie, la plus grande, estcommunément rendue à latmosphère par lévaporation. Une autrepartie filtre à travers les couches supérieures des terrains qui selaissent pénétrer, rencontre des couches plus dures ou moins-nètrables (des roches on des argiles), suit leurs sinuosités, et est leplus souvent ramenée par elles à la surface des terres dans unerégion plus basse elle trouve une ouverture; elle forme alorsdes sources.

Comme il pleut davantage sur les liantes montagnes ; comme ellessont le plus souvent couvertes de forêts, sous lesquelles sétendentdegrandes plantes, des mousses,des matières végétales accumulées,qui, protégeant le sol contre les rayons du soleil, empêchent ou di -ininucnt lévaporation, les sources sont plus abondantes dans leursalentours. La disposition de leurs conciles favorise en outre l'é-coulement des eaux.

D'ailleurs, sur celles qui sont le plus élevées, l'eau qui tombepartout ailleurs en pluie, surprise par le froid, se résout en neige.Cette neige, accumulée dabord sur leurs lianes, descend de tempsà autre dans les vallées les plus liantes sous forme d'avalanches. elle simbibe deau pendant lété, et si elle ne se trouve pointentièrement fondue, constitue un glacier lhiver suivant, ou sajouteà un glacier déjà existant. Quand donc la température des étéss'élève, une partielle ees neiges et de ces glaces en se fondantfournil avec abondance les sources et les cours deaux qui en déri-vent. Ainsi les glaciers que le monde na coutume de considérerque jxmr leur majesté effrayante, se trouvent être des réservoirsproxidenliels mis par la main de Dieu à l'abri de l'épuisementquéprouvent les eaux des plaines pendant les étés trop secs, éjnii-sement quils doivent réparer.

L'eau des sources est ordinairement bonne à boire, assez purede corps étrangers, et, ce qui la rend de meilleure qualité, mêléedair, si ec n'est celle que produit directement la fonte des neigeset des glaciers. Cependant il arrive en beaucoup dendroits que leseaux, dans leur inlillratioii, se chargent de matières minérales, soitpierreuses, soit métalliques, en particules très déliées,et elles for-ment alors ees Sources minérales dont la chimie et la médecineéludient avec soin la composition et les propriétés. Heureux lepays qui en contient de renommées , il devient le rendez-vous desriches malades et des oisifs qui nont d'autre maladie à guérir quelennui dont ils sont partout poursuivis.

Quelques sources minérales, abandonnant, à lair les substan-ces solides dont, elles sont chargées,les déposent sur les corpsqu'elles baignent, et y produisent des incrustations: on les nommeSources incrustantes.

Il en esl enfin dont les eaux, dans lintérieur des terres, sontéchauffées par une cause inconnue, et se montrent à lendroit deleur sortie avec une chaleur parfois égale à celle de l'eau bouillante.On les nomme Sources chaudes ou thermales. Les unes sont par-faitement pures, les autres sont minérales.

§ Eaux courantes , leurs différentes dénominations.

BASSINS.

Les filets deau produits par les sources prennent à leur sortie lenom de ruissei.ets ou de ruisseaux.

l'iusieurs ruisseaux qui se réunissent, peuvent former un tor-

rent. Ce cours deau, pour mériter le nom de torrent, devra êtrerapide, irrégulier dans sa marche ; les torrents se trouvent particu-lièrement dans les pays montagneux. Quelquefois ils ne sont quepassagers et dus à des orages, à des fontes subites de neiges, etc.

Selon la lia naturelle delà pesanteur, les eaux des ruisseaux, destorrents, suivant la pente des lieux sur lesquels ils coulent, vontdordinaire se réunir vers une-gion plus liasse, dans un bassinpropice; ils forment alors une rivière, cours deau régulier flotta-ble ou navigable qui sécoule lui-même vers un bassin plus bas etplus considérable , soit celui dune rivière-, soit celui dun fleuve.

Le Meuve esl le roi des eaux courantes. Tandis que les ruisseaux,les torrents, les rivières lui portent le tribut de leur cours; il neporte le sien quà lOcéan. On nomme Confluent lendroitune rivière réunit ses eaux à celle d un cours jilus considérable : onappelle Iïoiche ou Lmbouciiure celui le Meuve se décharge dansla mer.

Los rivières el les Meuves ont presque toujours une route biendéterminée, et coulent dans un bassin longitudinal qui esl leur lit,et dont les relevés ou bords supérieurs sont les rives. La rivedroite est à la droite de celui qui va vers le confluent ou vers l'em-bouchure.

Les eaux courantes, réjiétons-le encore, descendent, toutes deslieux hauts vers les lieux plus bas, pour se réunir le plus souvent.Lensemble des pentes que tous les ruisseaux, torrents, rivières(ni se jettent dans un Meuve, suivent pour venir se réunir à cefleuve, se nomme son iiassin iivdrocraphioue. Lensemble despentes que tous les fleuves qui se jettent dans une mer suiventpour venir s'y précipiter, forme le bas n de celle mer.

On appelle en outre Massifs hydrographiques , les groupes deterrains élevés d descendent les eaux. Leurs pentes sont les pa-rois des bassins. La ligne qui surmonte plusieurs pentes opposéessur un même massif, se nomme ligne i>e faîte ou de partage deseaux, parce que les eaux semblent couler à droite el a gauche decette ligne sans jamais la traverser.

§ 5. Eaux non courantes.

Les eaux terrestres non courantes samassent eu lacs, en étancs,Cil M Alt aïs.

Les premiers ont souvent des bassins immenses, et quelquefoison y remarque des golfes, des baies considérables. Les uns parais-sent ne recevoir aucune eau courante et navoir aucun dt bouché.On ne sait au juste le comment de leur formation. Les antres pa-raissent ne recevoir aucune eau courante et ont cependant des dé-bouchés, donnent naissance a des rivières, à dos fleuves; ils sontalimentés par dos eaux souterraines, la fonte des neiges et des gla-ciers. Une troisième classe reçoit des eaux courantes, el son tropplein sécoule vers un canal qui prend le nom du plus considérabledes cours deau reçus. Une quatrième classe reçoit des eaux cou-rantes et na point de débouchés, lour exemple "des premiers, onjieut donner les pet ils lacs des pays volcaniques ; des seconds, leslacs de montagnes. Les uns et les autres sont peu considérables. I.eslacs de Genèio, Ladoga, rentrent dans la troisième classe. Ceux dela quatrième sont les plus considérables : telle est la mer ou le lacCaspienne .

Les étangs sont des lacs en petit. La doivent leur création

à la main de lhomme qui les a creusés ou agrandis.

Les marais ont une eau stagnante, un fond bourbeux , se dessè-chent presque toujours on été, se trouvent dans les plaines basses,aux environs des Meuves ou des mers, et dans ce cas ils sont salés.

( >n saccorde à penser que la quantité des eaux terrestres, celledes lacs surtout, diminue constamment. LOcéan doit , par consé-quent, é|>rouver un certain abaissement dans son niveau. Cestce que prouve la retraite des mers en bien des endroits de côtes.

CHAPITRE 11.

DES TERRES.

5 1 er . Continents , lies, Irest/uiles, Caps , Poi/des.

Les terres, comme nous l'avons dit, forment à peine un tiers dela surface du globe. Lnlourées de tous côtés par les eaux marines,elles sélèvent de leur sein; ici en eoiitinonls ; longues et largesmasses continues, sétendant dun hémisphère à lantre, cl quel-quefois jointes entre elles par des Isthmes, sortes de ponts naturelsjetés sur la mer entre deux grandes terres;, en (-mineures plusou moins foules, appelées Iles , continents en petit, tantôt groupésles uns vers les autres, el formant des Archipels, tantôt dissémi-nés en mille endroits de la courbure liquide. < >n nadmet que troiscontinents : IAncien, comprenant lLurope et l'Asie , jointe à lAfri­ que , par listlmie de Suez.. Le Nouveau , composé des deux Améri­ ques , jointes par listhme de lanama, cl le continent Austral oude la Nouvelle-Hollande.

Los portions des continents ou des îles qui ne tiennent, à eescontinents ou à ees iles «pie par un seul côté, et sont baignées detous les autres parla mer, sappellent des I'resouîles. Les Caps sontde peliles presquîles angulaires très élevées au-dessus des eaux.Les moindres reçoivent le nom de Loin i ls.

§ 2. Cotes.

11 uesl sans doute personne de nos lecteurs qui ne sache que leslignes des terres continentales cl insulaires qui bordent immédia-tement les mers, sont les Côtes de ces mers ou do ees terres. Lescôtes varient à l'infini dans leur disposition ; tantôt, elles sont for-mées de rocs, qui sétendent au loin sous les eaux ou au-dessus ;mi les dit alors escarpées , rocheuses , etc.; elles annoncent deseaux méchantes, et un voisinage semé d îlots (petites iles) : tantôtles rocs sont taillés à pie, cl forment, connue un mur qui aurait sesfondements tout |>roelie de lendroit sarrêtent les eaux à uneassez forte nrofondeur : les côtes sont alors en falaises, fi leurs