Il
préliminaires généraux.
chaînées par les lois de la gravitation , les eaux marines forment lesdeux tiers au moins de la surface du globe. Elles entourent, detous côtés les terres qui, plus liantes qu elles, semblent sortir deleur sein en plus ou moins fortes masses rassemblées ou dis-séminées. _ . ,
Elles doivent leur salure, leur amertume, à la présence de diffe-rents corps étrangers (muriate de soude, magnésie, chaux, sulfatede soude, etc.), qui les rendent insupportables au goût et à la viedes animaux terrestres; mais en s’évaporant dans l'atmosphère,elles se dépouillent de ees matières ; puis , devenues douces, noussont rendues en pluies ou neiges bienfaisantes qui alimentent lescours d’eaux terrestres. Leur liquidité même les expose à différentsmouvements dont nous n’avons pas à nous occuper ici, et qui sont,les courants, les marées, et les agitations passagères, plus ou moinsviolentes que le vent cause à leur surface.
Le lit, c’est-à-dire la partie solide sur laquelle elles reposent , estbien loin d’être uni; il est silonné par des reliefs et des creux,comme nous en voyons à la surface des terres.
§ 2. Leurs différentes dénominations.
On donne à la totalité de ees eaux marines.le nom d’iMvensi'r,Océan, et l’on emploie le mot Océan avec différents qualificatifs,pour désigner telle ou telle de scs divisions à l’ouest, au sud , ouvers telle ou telle terre (Océan oriental, Océan indien , etc.).
En outre, suivant la disposition des terres (pii bordent ses par-ties, on donne à celles-ci des noms fixes ou génériques, commeMeiIS MÉDITERRANÉES, GOLFES, ÜA1ES , MANCHES, DÉTROITS, l’AS ,
Canaux , etc.
1.—Une Mer Méditerranée est une portion considérable de l’O-céan circonscrite de presque tous côtés par des terres.
‘2.—Un (’.oi.ee est une grande avancée de l’Océan, ou d’une merintérieure sur les terres dont les plus liantes parties les circonscri-vent seulement: de deux ou trois côtés. Les avancées moindres etanalogues sont des Haies, des Anses, des Rades ; creusées par lamain de l'homme, elles deviennent des I’orts, des Havres.
3.—On nomme Détroit, toute portion de l’Océan resserrée entredeux terres à peu près parallèles, et circonscrites seulement paréesterres. Une partie moins resserrée pourra prendre le nom de Man-che ou bras de mer ; plus resserrée et par des terres irrégulièrementdisposées, celui de Chenal , etc.
§ 3. Eaux terrestres.
DES SOURCES.
Des eaux pluviales qui viennent presque continuellement rafraî-chir les terres ou les inonder-, une partie, la plus grande, estcommunément rendue à l’atmosphère par l’évaporation. Une autrepartie filtre à travers les couches supérieures des terrains qui selaissent pénétrer, rencontre des couches plus dures ou moins pé-nètrables (des roches on des argiles), suit leurs sinuosités, et est leplus souvent ramenée par elles à la surface des terres dans unerégion plus basse où elle trouve une ouverture; elle forme alorsdes sources.
Comme il pleut davantage sur les liantes montagnes ; comme ellessont le plus souvent couvertes de forêts, sous lesquelles s’étendentdegrandes plantes, des mousses,des matières végétales accumulées,qui, protégeant le sol contre les rayons du soleil, empêchent ou di -ininucnt l’évaporation, les sources sont plus abondantes dans leursalentours. La disposition de leurs conciles favorise en outre l'é-coulement des eaux.
D'ailleurs, sur celles qui sont le plus élevées, l'eau qui tombepartout ailleurs en pluie, surprise par le froid, se résout en neige.Cette neige, accumulée d’abord sur leurs lianes, descend de tempsà autre dans les vallées les plus liantes sous forme d'avalanches.Là elle s’imbibe d’eau pendant l’été, et si elle ne se trouve pointentièrement fondue, constitue un glacier l’hiver suivant, ou s’ajouteà un glacier déjà existant. Quand donc la température des étéss'élève, une partielle ees neiges et de ces glaces en se fondantfournil avec abondance les sources et les cours d’eaux qui en déri-vent. Ainsi les glaciers que le monde n’a coutume de considérerque jxmr leur majesté effrayante, se trouvent être des réservoirsproxidenliels mis par la main de Dieu à l'abri de l'épuisementqu’éprouvent les eaux des plaines pendant les étés trop secs, éjnii-sement qu’ils doivent réparer.
L'eau des sources est ordinairement bonne à boire, assez purede corps étrangers, et, ce qui la rend de meilleure qualité, mêléed’air, si ec n'est celle que produit directement la fonte des neigeset des glaciers. Cependant il arrive en beaucoup d’endroits que leseaux, dans leur inlillratioii, se chargent de matières minérales, soitpierreuses, soit métalliques, en particules très déliées,et elles for-ment alors ees Sources minérales dont la chimie et la médecineéludient avec soin la composition et les propriétés. Heureux lepays qui en contient de renommées , il devient le rendez-vous desriches malades et des oisifs qui n’ont d'autre maladie à guérir quel’ennui dont ils sont partout poursuivis.
Quelques sources minérales, abandonnant, à l’air les substan-ces solides dont, elles sont chargées,les déposent sur les corpsqu'elles baignent, et y produisent des incrustations: on les nommeSources incrustantes.
Il en esl enfin dont les eaux, dans l’intérieur des terres, sontéchauffées par une cause inconnue, et se montrent à l’endroit deleur sortie avec une chaleur parfois égale à celle de l'eau bouillante.On les nomme Sources chaudes ou thermales. Les unes sont par-faitement pures, les autres sont minérales.
§ Eaux courantes , leurs différentes dénominations.
BASSINS.
Les filets d’eau produits par les sources prennent à leur sortie lenom de ruissei.ets ou de ruisseaux.
l'iusieurs ruisseaux qui se réunissent, peuvent former un tor-
rent. Ce cours d’eau, pour mériter le nom de torrent, devra êtrerapide, irrégulier dans sa marche ; les torrents se trouvent particu-lièrement dans les pays montagneux. Quelquefois ils ne sont quepassagers et dus à des orages, à des fontes subites de neiges, etc.
Selon la lia naturelle delà pesanteur, les eaux des ruisseaux, destorrents, suivant la pente des lieux sur lesquels ils coulent, vontd’ordinaire se réunir vers une ré-gion plus liasse, dans un bassinpropice; ils forment alors une rivière, cours d’eau régulier flotta-ble ou navigable qui s’écoule lui-même vers un bassin plus bas etplus considérable , soit celui d’une rivière-, soit celui d’un fleuve.
Le Meuve esl le roi des eaux courantes. Tandis que les ruisseaux,les torrents, les rivières lui portent le tribut de leur cours; il neporte le sien qu’à l’Océan. On nomme Confluent l’endroit oùune rivière réunit ses eaux à celle d un cours jilus considérable : onappelle Iïoiche ou Lmbouciiure celui où le Meuve se décharge dansla mer.
Los rivières el les Meuves ont presque toujours une route biendéterminée, et coulent dans un bassin longitudinal qui esl leur lit,et dont les relevés ou bords supérieurs sont les rives. La rivedroite est à la droite de celui qui va vers le confluent ou vers l'em-bouchure.
Les eaux courantes, réjiétons-le encore, descendent, toutes deslieux hauts vers les lieux plus bas, pour se réunir le plus souvent.L’ensemble des pentes que tous les ruisseaux, torrents, rivières(■ni se jettent dans un Meuve, suivent pour venir se réunir à cefleuve, se nomme son iiassin iivdrocraphioue. L’ensemble despentes que tous les fleuves qui se jettent dans une mer suiventpour venir s'y précipiter, forme le bas n de celle mer.
On appelle en outre Massifs hydrographiques , les groupes deterrains élevés d’où descendent les eaux. Leurs pentes sont les pa-rois des bassins. La ligne qui surmonte plusieurs pentes opposéessur un même massif, se nomme ligne i>e faîte ou de partage deseaux, parce que les eaux semblent couler à droite el a gauche decette ligne sans jamais la traverser.
§ 5. Eaux non courantes.
Les eaux terrestres non courantes s’amassent eu lacs, en étancs,Cil M Alt aïs.
Les premiers ont souvent des bassins immenses, et quelquefoison y remarque des golfes, des baies considérables. Les uns parais-sent ne recevoir aucune eau courante et n’avoir aucun dt bouché.On ne sait au juste le comment de leur formation. Les antres pa-raissent ne recevoir aucune eau courante et ont cependant des dé-bouchés, donnent naissance a des rivières, à dos fleuves; ils sontalimentés par dos eaux souterraines, la fonte des neiges et des gla-ciers. Une troisième classe reçoit des eaux courantes, el son tropplein s’écoule vers un canal qui prend le nom du plus considérabledes cours d’eau reçus. Une quatrième classe reçoit des eaux cou-rantes et n’a point de débouchés, l’our exemple "des premiers, onjieut donner les pet ils lacs des pays volcaniques ; des seconds, leslacs de montagnes. Les uns et les autres sont peu considérables. I.eslacs de Genèio, Ladoga, rentrent dans la troisième classe. Ceux dela quatrième sont les plus considérables : telle est la mer ou le lacCaspienne .
Les étangs sont des lacs en petit. La doivent leur création
à la main de l’homme qui les a creusés ou agrandis.
Les marais ont une eau stagnante, un fond bourbeux , se dessè-chent presque toujours on été, se trouvent dans les plaines basses,aux environs des Meuves ou des mers, et dans ce cas ils sont salés.
( >n s’accorde à penser que la quantité des eaux terrestres, celledes lacs surtout, diminue constamment. L’Océan doit , par consé-quent, é|>rouver un certain abaissement dans son niveau. C’estce que prouve la retraite des mers en bien des endroits de côtes.
CHAPITRE 11.
DES TERRES.
5 1 er . Continents , lies, I’rest/u’iles, Caps , Poi/des.
Les terres, comme nous l'avons dit, forment à peine un tiers dela surface du globe. Lnlourées de tous côtés par les eaux marines,elles s’élèvent de leur sein; ici en eoiitinonls ; longues et largesmasses continues, s’étendant d’un hémisphère à l’antre, cl quel-quefois jointes entre elles par des Isthmes, sortes de ponts naturelsjetés sur la mer entre deux grandes terres; là, en (-mineures plusou moins foules, appelées Iles , continents en petit, tantôt groupésles uns vers les autres, el formant des Archipels, tantôt dissémi-nés en mille endroits de la courbure liquide. < >n n’admet que troiscontinents : I’Ancien, comprenant l’Lurope et l'Asie , jointe à l’Afri que , par l’istlmie de Suez.. Le Nouveau , composé des deux Améri ques , jointes par l’isthme de l’anama, cl le continent Austral oude la Nouvelle-Hollande.
Los portions des continents ou des îles qui ne tiennent, à eescontinents ou à ees iles «pie par un seul côté, et sont baignées detous les autres parla mer, s’appellent des I'resou’îles. Les Caps sontde peliles presqu’îles angulaires très élevées au-dessus des eaux.Les moindres reçoivent le nom de Loin i ls.
§ 2. Cotes.
11 u’esl sans doute personne de nos lecteurs qui ne sache que leslignes des terres continentales cl insulaires qui bordent immédia-tement les mers, sont les Côtes de ces mers ou do ees terres. Lescôtes varient à l'infini dans leur disposition ; tantôt, elles sont for-mées de rocs, qui s’étendent au loin sous les eaux ou au-dessus ;mi les dit alors escarpées , rocheuses , etc.; elles annoncent deseaux méchantes, et un voisinage semé d îlots (petites iles) : tantôtles rocs sont taillés à pie, cl forment, connue un mur qui aurait sesfondements tout |>roelie de l’endroit où s’arrêtent les eaux à uneassez forte nrofondeur : les côtes sont alors en falaises, fi leurs