IV
INTRODUCTION.
ble de systèmes, parmi lesquels quatre surtout, en to-talité ou en partie,intéressent la France
Le premier de ces systèmes, le système llespèriquecomprend les principaux reliefs de la Péninsule hispa nique , élève au nord entre l’Espagne et la Fi ance laprodigieuse barrière des Pyrénées , et lance sur notreterritoire quelques rameaux peu importants.
Le second, le syslcmeGallo-Francique o wVranconiquecommence en France , là, où finissent les rameaux ci-dessus, court sur toute la surface de notre pays, cou-vre la Belgique et une partie nord-ouest de l’Allema gne sans jamais dépasser une ligne marquée depuisla Méditerranée jusqu’à Lyon par le Rhône ; depuis là,par la Saône jusqu’à son confluent avec le Doubs ;depuis ce point, parcelle rivière jusqu’à l’extrémitésud-est des monts Faucilles, et de ces monts par leRhin , jusqu’à la mer du Nord .
Au delà de celle ligne, le système Alpique forme jusqu’au Rhin la lisière sud-est de notre territoire sous lenom d’Alpes et de .lura, et eouil à la surface de l’Ita lie et surtout de la Suisse et d’une partie de l’Allema gne jusqu’au Danube et l’Unua, comprenant ainsi lesplus hautes montagnes de l’Europe .
Le système Sardo-Corse, auquel on donne l’épithèted’insulaire, couvre la Corse et la Sardaigne qui parais-sent n’avoir formé autrefois qu’une seule et mêmeterre.
§ 2. Système llespèrique, Pyrénées .
Le système llespèrique se divise en trois groupesdont un seul nous intéresse: c’est le groupe pyrénaï-que. Ce groupe est formé d’une chaîne principale quicommence à l’extrémité nord est des côtes médi-terranéennes d’Espagne , court presqu’en droite ligneau sud-ouest jusqu’au golfe de Gascogne ; de là, fait uncoude vers le sud et reprend sa direction ouest, aprèsdiverses sinuosités jusqu’au cap Finistère d’Espagne ,et même jusqu aux côtes les plus nord-ouest du l’or-lugal.
On divise celle grande chaîne en plusieurs parties;celle qui est encore comprise entre la Méditerranée (depuis le cap de Creuz) et le golfe de Gascogne (jus-qu’à Irun), porte par excellence le nom de Pyrénées ;on lui donne, pour la mieux désigner, le surnom deGallo-Ibérique, comme séparant la Fiance de l’Espa gne , ou en ancien langage, la Gaule de l’ibérie. La par-tie qui leur fait suite jusqu'aux sources de l’Ebre , portele nom de Pyrénées Cantabriques; à celles-ci, jusqu’àl’extrémité de la Sierra de l’enamarella, succèdent lesPyrénées Astnriques, et à celles-ci jusqu’à l’Océan, lesPyrénées Cal/aïques. Mais nous n’avons à nous occu-per que des premières.
A. Direction, //auteurs diverses et aspects.
Composées d’une chaîne principale contre laquelleviennent s’appuyer des rameaux ou contreforts dontla puissance s’élève progressivement des plaines del’Espagne et de celles de France jusqu'au faîte de lachaîne, elles présentent comme un amas confus depics superposés sur le massif principal ; celui-ci a sapente la moins raide de noire côté, et son dos le plusélevé au centre même de la chaîne; ce qui l’a fait divi-ser de notre côté en trois parties : Pyrénées Orientales |
à l’est; Hautes au milieu, et Basses à l’ouest, où en effetles sommets sont peu élevés, comparés à ceux des au-tres parlies.
On les traverse, les unes et les autres, par une suite depassages naturels, appelés cols ou ports, cl qui sontcomme on sait, analogues à la dépression ou au creuxqu’offrirait une montagne au sommet de laquelle onaurait établi un chemin très profond pour passer avecmoins de peine d’un liane au flanc opposé. Ces passagessont très nombreux ; mais on n’en compte guère quisoient praticables pour les voitures; ceux delà l’crcheet de l’erlusà l’est sont défendus de noire côté par lesforts Mont Louis et Bellegarde; on distingue pour leuraspect sauvage sur le faite de la chaîne, ceux de Gavar-nie, la Brèche de Roland, le poi l d’Oo, le col de Ve-nasque : celui-ci est à une élévation de 1238 toises au-dessus de la mer. Le port d’Oo est à 1540 toises; celuide la Brèche de Roland, à peu près à la même hauteur ;celui deGavarnie, à 1197 toises.
Quant aux pics qui hérissent le faite même de lachaîne et les deux versants opposés, les plus élevéssembleraient devoir se dresser sur le premier. Là, eneffet, au fond de la vallée de Caulerelz, l’on trouve legranitique Vignemale haut de 1721 toises, le Cra-bioules aussi presque tout granit (et gneis), haut de1650, au fond du vallon du Lys; la montagne calcairecolossale à laquelle sa forme a fait donner le nom deTour de Marboré, haute de 1558. Le pic de la Cascade,haut de 1680, non loin de celle-ci et de même nature ;enlin, divers autres sommets approchant de mêmehauteur. Cependant sur le versant septentrional, c’est-à-dire sur le nôtre, on en compte plusieurs qui riva-lisent avec ces colosses; ainsi le pic méridional du Ca-nigou , cuire le Tech et la Tel, a 1460 toises d’élévation ;le pic de Cambielle (entre la Nesle et la vallée deBarrè-ges) en a 1660; celui dcNeouvielle (Jd.) 1557, le pic Lond(id.) 1656, le pic du Midi , le Crabcre , 1354 ; cependantenfin, les trois sommets les plus élevés de la chaîne sedressent sur le versant espagnol : ce sont le pic orien-tal de la Maladetla (monlagne maudite, ou picNetou),du nom d’un village espagnol qui se D ouve à sa base,haut de 1780 toises. Lepic de Posets, en face du portd’Oo, et auquel on donne 20 toises de moins; enfin,le fameux mont Perdu , mesuré à 1747 toises.
Ceux de ces sommets qui, placés sur la pente septen-trionale, s’élèvent au-dessus de 1400 toises, sont cou-verts de neiges à peu près éternelles. Sur le versantméridional, on n’aperçoit presque plus à la fin dela saison chaude de ces sommets toujours couronnésdes signes de l’hiver; mais là, où les pentes soûl abri-tées contre le midi, dans toute la chaîne, des amas deneiges, des gl,aciers, se sont formés. Tel est celui de laMaladetla, le plus vaste de tous, et long de 6000 toises ;tels sont encore des lacs presque toujours glacés,comme celui du poi l d’Oo.
B. Nature intérieure et climat.
Mais quelle que soit l’apparence gigantesque et ma-jestueuse que présente cette immense barrière hérisséede pics amoncelés, on n’en connaît, en quelque sorti*,rien si l’on ne pénètre dans son intérieur.