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La France géographique, industrielle et historique générale et départementale / précédée de notions sur la géographie universelle et comparée avec les autres états de l'Europe par G. Heck ... avec texte de Léon Plée ...
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introduction.

Dabord scprésenleronl des vallées latérales, étroites,sinueuses comme celles de Campau , dAure, dAranet de Lai boust, embellies de tous les dons de la nature,arrosées par les eaux limpides des gaves ou torrents;elles s'élèveront bientôt pour se transformer en gorgesresserrées, horribles, les gaves se précipiterontavec fracas , dont les lianes seront nus ou couverts deforêts obscures. Des cascades rouleront de rochers enrochers, de gouffres en gouffres. De petits lacs (1)sétendront à la base et au-dessus des montagnesAu port de Yénasque, dit-on, le fils nattend pasle père; il y règne comme une continuelle tempête.Partout, à mesure quon sélève, on remarque lestraces destructives des météores. Des blocs de granitimmenses ont été entraînés [taries lavanges (2) ; lestorrents ont roulé avec eux des amas considérables dedébris. Leau de pluie amassée dans les cavités desrocs, en se congelant, les a brisés, cl ils présententdénormes fissures, lœil sabîme. « Enfin, cest par-tout, dit un voyageur, un air de vétusté et de décom-position ; on sent que ces monts ont présenter unemasse bien plus énorme. » Arrivé dans lintérieur de lachaîne , sur les pics moyens, on pourra se croire isoléde toute nature animée; les hauts sommets, chauves,se dessineront de toutes [taris; et si lon atteint encoreune [tins grande élévation, un horizon immense,mais confus, apparaîtra au-delà de lescalier prodi-gieux que lon vient de gravir : une lumière éclatanteéblouira les yeux ; lair, devenu trop léger et trop vif, nepèsera plus sulïisanmieul sur les vaisseaux, circulele sang; une lassitude incroyable, une respirationpénible, feront repentir bientôt de celle curieuse, maistéméraire ascension. On aura à peine le temps desuivre la direction de la chaîne, et de voir au loin ,selon un autre témoignage, chaque mont principal,centre ou noyau dun ordre secondaire de monts,qui lui sonl, [tour ainsi dire, subordonnés, sélevercomme un père, ou comme un maître entouré deses enfants ou de ses serviteurs.

Cependant, toutes les sommités ne sont pas nues ; çàcl s'étendent, de beaux pâturages. Jusquà la hau-teur de 8 à 900 toises , les arbres résineux , comme lepin et le sapin , montent avec vous en beaucoup den-droits. Plus haut, vous trouvez encore de petits ar-brisseaux, comme le rhododendron , le genévrier, clplus haut encore, des plantes herbacées, que les nei-ges abritent contre les variations de l'atmosphère.Le loup , quelques ours, errent encore parmi les [tentesles [tins basses du centre; lisard, chamois des Pyré­ nées , [tins nombreux , habile aussi des régions moinsaccessibles; la corneille fauve, le grand-duc, le vautourbarbu , le petit et le grand aigle, volent audacieuse-ment au-dessus les uns des autres, et laissent les val-lées aux faisans, à la perdrix blanche, an coq debruyère, aux palombes et autres oiseaux de [tassage.

Nulle chaîne de montagnes, en Europe , ne présente

(1) Celui lie Si-ciiléo, à une hauteur île 718 toises, présenteune surface, estimée par lianioml à 200,(00 toises entrées. Il reçoitles eaux ilu lac ilCspingo, à une hauteur de 032 toises , par uneeffrayante cataracte.

v2) Cest le nom des avalanches dans ees montagnes.

autant de sources minérales et thermales. On y trouv edu fer, du cuivre, du plomb, du zinc, du manganèse, etmême du cobalt et de lantimoine. Ces substances sonlpresque toutes répandues dans les terrains de transi-tion, et rendues dune exploitation très-dillicile parleurs interruptions continuelles.Quelques gaves et ri-vières , comme lAriège , roulent des paillettes dor,mais en quantité excessivement minime.

Le terrain de transition domine, formé surtout deschistes argileux et de calcaires. Mais cest le terraingranitique primitif, schisteux, micacé et calcaire primi-tif qui constitue presque tous les [dus hauts sommets.On a trouvé quelques traces de volcans sur le versantespagnol de la Catalogne .

Le climat général des Pyrénées est beau , mais très-variable, et réunit dans ses hauteurs diverses les oppo-sitions les plus tranchées. Les montagnes moyennessont plus saines que les vallées. Aussi lrouve-1-ou danscelles-ci de ces malheureux affectés de goitres ou decrétinisme, et appelés crétins ou cagols. La cultureest partout difficile, à cause des gelées tardives et desorages précoces. On estime que la surface actuelle dela partie française présente un sixième de terres la-bourables et cultivées ; deux sixièmes de pâturages demontagnes ; un sixième de forêts, dont quelques-unes,dans les gorges, ondes vallées inaccessibles, sonlpresque vierges ; un sixième de roches unes, et unautre sixième de terres incultes. La partie espagnoleprésenterait le double de ces terres.

§ 3. Montagnes qui couvrent la surface de ta France ;

Ramifications des I yrénées, et Système Gallo-

Francique.

A. Enumération et directions principales.

LcsPyiùvkes CAi.i.o-IidauQn:s lancent sur notre terri-toire plusieurs rameaux remarquables Nous citeronssurtout celui qui se détache de la partie orientale, etcourt au N. E. entre la Tel cl lAude , sous le nom deMonts Corbières , celui qui, un peu plus à loccident,sépare celle rivière de lAude , sous le nom de Montsd'elJriège , et un troisième enfin , plus occidental, ap-pelé monts de lJdour, lequel court au N. O. vers lO-céan , à la droite de la Nesle, séparant les eaux delAdour de celles de la Garonne . Les hauteurs quiconstituent ces rameaux décroissent toutes à mesurequelles séloignent de leur base.

Au col de Naurouse, sur le prolongement des montsde l Ariège , commence la chaîne principale du système*.Gallo-Francique. Ce système, comme nous lavons dit,comprend, depuis, toutes les montagnes de France ,de Delgique et dAllemagne , qui sonl à louest dune li-gne successivement tracée par le Ithône, la Saône , leDoubs , les monts Faucilles et le ltliin. 11 sullil de jeterles yeux sur la carte , pour voir que pas un des nom-breux groupes dont il se compose négale en puis-sance, même les moyennes l'yrénées. Voici leur dé-tail général :

Les Cévrvrvis prennent naissance au col de Naurouse,sous le nom de montagnes Noires, et successivementappelées monts de lEspinouse, jusquaux sources delOrb, montagnes de VOrb, depuis jusquaux sour-