introduction.
D’abord scprésenleronl des vallées latérales, étroites,sinueuses comme celles de Campau , d’Aure, d’Aranet de Lai boust, embellies de tous les dons de la nature,arrosées par les eaux limpides des gaves ou torrents;elles s'élèveront bientôt pour se transformer en gorgesresserrées, horribles, où les gaves se précipiterontavec fracas , dont les lianes seront nus ou couverts deforêts obscures. Des cascades rouleront de rochers enrochers, de gouffres en gouffres. De petits lacs (1)s’étendront à la base et au-dessus des montagnesAu port de Yénasque, dit-on, le fils n’attend pasle père; il y règne comme une continuelle tempête.Partout, à mesure qu’on s’élève, on remarque lestraces destructives des météores. Des blocs de granitimmenses ont été entraînés [taries lavanges (2) ; lestorrents ont roulé avec eux des amas considérables dedébris. L’eau de pluie amassée dans les cavités desrocs, en se congelant, les a brisés, cl ils présententd’énormes fissures, où l’œil s’abîme. « Enfin, c’est par-tout, dit un voyageur, un air de vétusté et de décom-position ; on sent que ces monts ont dû présenter unemasse bien plus énorme. » Arrivé dans l’intérieur de lachaîne , sur les pics moyens, on pourra se croire isoléde toute nature animée; les hauts sommets, chauves,se dessineront de toutes [taris; et si l’on atteint encoreune [tins grande élévation, un horizon immense,mais confus, apparaîtra au-delà de l’escalier prodi-gieux que l’on vient de gravir : une lumière éclatanteéblouira les yeux ; l’air, devenu trop léger et trop vif, nepèsera plus sulïisanmieul sur les vaisseaux, où circulele sang; une lassitude incroyable, une respirationpénible, feront repentir bientôt de celle curieuse, maistéméraire ascension. On aura à peine le temps desuivre la direction de la chaîne, et de voir au loin ,selon un autre témoignage, chaque mont principal,centre ou noyau d’un ordre secondaire de monts,qui lui sonl, [tour ainsi dire, subordonnés, s’élevercomme un père, ou comme un maître entouré deses enfants ou de ses serviteurs.
Cependant, toutes les sommités ne sont pas nues ; çàcl là s'étendent, de beaux pâturages. Jusqu’à la hau-teur de 8 à 900 toises , les arbres résineux , comme lepin et le sapin , montent avec vous en beaucoup d’en-droits. Plus haut, vous trouvez encore de petits ar-brisseaux, comme le rhododendron , le genévrier, clplus haut encore, des plantes herbacées, que les nei-ges abritent contre les variations de l'atmosphère.Le loup , quelques ours, errent encore parmi les [tentesles [tins basses du centre; l’isard, chamois des Pyré nées , [tins nombreux , habile aussi des régions moinsaccessibles; la corneille fauve, le grand-duc, le vautourbarbu , le petit et le grand aigle, volent audacieuse-ment au-dessus les uns des autres, et laissent les val-lées aux faisans, à la perdrix blanche, an coq debruyère, aux palombes et autres oiseaux de [tassage.
(1) Celui lie Si-ciiléo, à une hauteur île 718 toises, présenteune surface, estimée par lianioml à 200,(00 toises entrées. Il reçoitles eaux ilu lac il’Cspingo, à une hauteur de 032 toises , par uneeffrayante cataracte.
v2) C’est le nom des avalanches dans ees montagnes.
autant de sources minérales et thermales. On y trouv edu fer, du cuivre, du plomb, du zinc, du manganèse, etmême du cobalt et de l’antimoine. Ces substances sonlpresque toutes répandues dans les terrains de transi-tion, et rendues d’une exploitation très-dillicile parleurs interruptions continuelles.Quelques gaves et ri-vières , comme l’Ariège , roulent des paillettes d’or,mais en quantité excessivement minime.
Le terrain de transition domine, formé surtout deschistes argileux et de calcaires. Mais c’est le terraingranitique primitif, schisteux, micacé et calcaire primi-tif qui constitue presque tous les [dus hauts sommets.On a trouvé quelques traces de volcans sur le versantespagnol de la Catalogne .
Le climat général des Pyrénées est beau , mais très-variable, et réunit dans ses hauteurs diverses les oppo-sitions les plus tranchées. Les montagnes moyennessont plus saines que les vallées. Aussi lrouve-1-ou danscelles-ci de ces malheureux affectés de goitres ou decrétinisme, et appelés crétins ou cagols. La cultureest partout difficile, à cause des gelées tardives et desorages précoces. On estime que la surface actuelle dela partie française présente un sixième de terres la-bourables et cultivées ; deux sixièmes de pâturages demontagnes ; un sixième de forêts, dont quelques-unes,dans les gorges, ondes vallées inaccessibles, sonlpresque vierges ; un sixième de roches unes, et unautre sixième de terres incultes. La partie espagnoleprésenterait le double de ces terres.
§ 3. Montagnes qui couvrent la surface de ta France ;
Ramifications des I yrénées, et Système Gallo-
Francique.
A. Enumération et directions principales.
LcsPyiùvkes CAi.i.o-IidauQn:s lancent sur notre terri-toire plusieurs rameaux remarquables Nous citeronssurtout celui qui se détache de la partie orientale, etcourt au N. E. entre la Tel cl l’Aude , sous le nom deMonts Corbières , celui qui, un peu plus à l’occident,sépare celle rivière de l’Aude , sous le nom de Montsd'el’Jriège , et un troisième enfin , plus occidental, ap-pelé monts de l’Jdour, lequel court au N. O. vers l’O-céan , à la droite de la Nesle, séparant les eaux del’Adour de celles de la Garonne . Les hauteurs quiconstituent ces rameaux décroissent toutes à mesurequ’elles s’éloignent de leur base.
Au col de Naurouse, sur le prolongement des montsde l’ Ariège , commence la chaîne principale du système*.Gallo-Francique. Ce système, comme nous l’avons dit,comprend, depuis là, toutes les montagnes de France ,de Delgique et d’Allemagne , qui sonl à l’ouest d’une li-gne successivement tracée par le Ithône, la Saône , leDoubs , les monts Faucilles et le ltliin. 11 sullil de jeterles yeux sur la carte , pour voir que pas un des nom-breux groupes dont il se compose n’égale en puis-sance, même les moyennes l'yrénées. Voici leur dé-tail général :
Les Cévrvrvis prennent naissance au col de Naurouse,sous le nom de montagnes Noires, et successivementappelées monts de l’Espinouse, jusqu’aux sources del’Orb, montagnes de VOrb, depuis là jusqu’aux sour-