INTRODUCTION.
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étangs : ou peut citer ceux qui bordent la côte océa-nique depuis l'embouchure delà Gironde jusqu’à cellede l’Adour, et s’étendent derrière les dunes de sable.Sur la côte méditerranéenne, entre les cours de l’Aglyet de l’Aude , celui de Leucale, long de trois lieues;celui de Sigean qui en compte quatre, sont aussi re-marquables : celui de Thau entre les cours de l'Hé rault et de la Vidourle n’est séparé de la mer que parune sorte de jetée de peu de largeur, et présente uneforte salui e, malgré le grand nombre d’eaux doucesqui viennent s’y décharger. Les étangs delVlaguelonne,l’érols , Mauguio , communiquent avec lui par un ca-nal naturel. 11 faut encore citer sur la même côte l’im-mense bassin qui occupe l’intérieur de l’tle de la Ca margue sous différents noms, particulièrement souscelui de Yalcares (8), et l’étang salé de Rerr(7) quicommunique avec la mer par deux canaux , et compteenviron quinze à seize lieues de circuit.
On trouve aussi quelques uns de ces étangs sur lescôtes des bassins du Blavel, de la Vilaine , de la Cha rente ; mais ils sont beaucoup moins considérables etressemblent plutôt à des marais.
L’intérieur de la France renferme d’ailleurs une in-finité de petits étangs. Quelques contrées en sontcomme semées : nous citerons particulièrement lapartie comprise entre la Saône , le Rhône , l’Ain et laVeyle (départements de l’Ain et de Saône-et-Loire ).Toute une petite légion à l’ouest de la partie supé-rieure de la forêt d’Argonne (départements de Meuse ,Marne et Aube ), tout le bassin de la Loire, mais surtoutla partie de ce bassin comprise entre la petite Creuse etITndre inférieure (département de l’Indre ); celle quis’étend à la droite du Cher et de la petite rivière de l’I-vrelle jusqu’à la Loire (département de Loir-et- Cher ), le pays entre le Cher et la tireuse, la petiteCreuse et les monts d’Auvergne (département de laCreuse ). Hulin dans le bassin du Rhin , la partie com-prise entre la Sarre , la Yézouze, la Seille et la Nied,en conlienl un assez grand nombre (Meurlhe etMoselle ).
Quant aux marais, la France en compte moins qued’étangs. Un estime en effet la superficie totale occu-pée par ceux-ci à 213,000 hectares, et celle des maraisn’est évaluée qu’à 180,000. Les régions qui en contien-nent le plus sont, en parlant du nord et sur le littoralocéanique : le bassin de la Somme, celui de l’iiseaulet de l’Aisne ; le bassin de la Sèvremortaise, depuis laCharente jusqu’à la Loire ; enfin les Landes de Gas-cogne jusqu’à la Gironde . Aux environs des Rouellesdu Rhône, sur le littoral méditerranéen, on en compteun très grand nombre. Dans l’intérieur ils sont semés: vers la rive gauche de la Loire depuis la Vienne jus-qu’au delà du Cher, aux environs de la Basse-Saône,du Rhin et autres rivières.
5. Canaux.
Les lleuves et les cours d’eau navigables, sont lesprincipales voies de transport du grand commerce.Mais ils présentent souvent d’interminables sinuosi-tés, ou des chutes, des passages difliciles. Afin d’a-bréger la roule, et d’obvier à ces inconvénients et
à autres encore, on creuse des canaux, sortes de ri-vières artificielles qui coupent leurs coudes en lignedroite, et où la navigation est toujours possible; onen creuse aussi pour aller sans décharger les marchan-dises d’un fleuve, ou de tout autre cours à un autre,d’un bras de mer à un autre bras de mer, etc. etc L’artde tracer les canaux est des plus compliques, vu lesimmenses difficultés que l’on rencontre souvent, soità amener les eaux dans les rigoles , cl à les y mé-nager; soit à franchir les hauteurs qui se trouvententre les bassins des cours, soit même à traverserd’autres cours qui se trouveraient sur la roule, etc.l’our compléter l’hydrographie de la Franciy nous al-lons placer ici l’aperçu succinct de ses canaux les plusremarquables (1).
1. Le Canal du Midi , qu’on appelle aussi Canal royal (lu Languedoc ,établit entre l'Oceuu et la Mediterranée une communication directe. 11commence à la Garonne , au-dessus de Toulouse , et va déboucher dansi’lîtung de Tliau, qui communique lui-méme avec la mer, par le canaldu port de Cette, ville bâtie sur la jetée dont nous avons parlé encitant plus haut l’étang de Thau. Cet ouvrage prodigieux, conceptionde i’aul lliqucl, a été achevé en 1681, et compte 244,092 métrés deparcours.
2. Le Canal du Centre , joint la Loire à la SaAnc; il commence àCbâlous-sur-Sadne, et, après un parcours de 116,812 mètres, aboutit 4Digoin sur la Loire . Il a été ouvert en 1692.
3. Le Canal du llhône au H km , joint la Saône au Doubs , établitlu navigation de cette rivière capricieuse, et la joint à l’ill, affluentdu Rhin un peu au-dessous de Strasbourg ; sa longueur est de 321,277mètres.
le Canal de Bourgogne, en réunissant l’Yonne , afiluent de laSeine , à la Saône , établit une nouvelle communication entre l’Océan et laMéditerranée ; il commence un peu au-dessus de la Roche-sur-Yonnc,et débouche sur la Saône à Saint-Jean de Losne. lie canal n’est pointencore terminé et comprendra 241,429 mètres de parcours.
5. Le Canal de llriare, en joignant la Loire au Loing, affluent dela Seine , fait communiquer ces deux lleuves ; il date de 1642, et aune longueur totale (de Monlargissur le Loing, 4 llriare sur la Loire )de 65,601 mètres.
6. Le Canal de Saint-Quentin, joint l’Oise , afiluent de la Seine , àl’iiscaul ; il commence à Chuuny, sur la première, et aboutit à l'.ambray,sur le second; sa longueur est de 93,800 mètres. Le canal de la Somme reprend, 4 sa partie méridionale, après un parcours de 158 mille mètres,et aboutit 4 lu mer au port de Saint-Valéry sur Somme .
7. Le Canal du Loing, long de 52,924 mètres, continue le canalde llriare; il commence à Montargis et aboutit directement à la Seine ,à Saint-Mamers ; le canal d’Orléans établit au contraire une autre réunionde la Loire au Loing. 11 commenre au canal de Loing, à linges, etaboutit sur la Loire il Combleux : c’est encore un de nos vieux canaux ;il date de 1692, et sa longueur atteint 72,304 mètres.
8. Le Canal de t'Ourcq, apporte à Paris les eaux de la rivière dece nom, qui sont distribuées dans différents quartiers; sa longueur estde 96,000 mètres.
Mous citerons encore d'autres canaux qui ne sont pas achevés. Celuide Nantes d Jlrcst, on canal de Bretagne : d'Ile et Banee, qui fait com-muniquer la Rance 4 la Vilaine. Du Nivernais , qui établit une nouvellecommunication entre la Loire d l’Yonne . Le canal latéral à ta Loire , lecanal de Berri. On a d’ailleurs projeté 11 millions cinq cent millemètres de differents autres canaux. Il en existe aussi beaucoup d’autres,bien moins importants'et achevés comme celui des Etangs, de Bcaucaire,qui communiquent avec le canal du Midi , les divers embranchements decelui-ci, le canal de Craponne les canaux de ta Serre-Mortaise, etc.1 a longueur totale des 86 petits et grands canaux qui sont terminés, ou4 peu près, est de 3,786,894 mètres.
CHAPITRE 111.
COUP-DCEIL SUR LES TROIS RÈGNES EN FRANCE .
§ 1 er . Règne minéral.
De toutes les formulions diverses qui entrent dans lacomposition des terrains, il en est peu que le sol de laFrance ne renferme, selon une échelle plus ou moinsvaste, dans une simplicité ou une complication plusou moins grande. Nous avons déjà vu les terrains pri-mitifs, et ceux de transition constituer presque entière-ment la vaste chaîne l’yrénaïque , se montrer dans lesCévennes, le Yivarais, le Velay, le Forez , le Lyonnais,les monts d’Auvergne avec leurs dépendances, repa-