INTRODUCTION.
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raîlre ici et là, dans les Vosges , puis dans les Arden nes , le Morvan, et aller enfin occuper loule la Bre-lagne. L’Auvergne , le Yelay, le Vivarais, le Forez ,nous ont aussi offert au-dessus de leurs niasses primi-tives et parmi elles , les traces monumentales du feuvolcanique. Les dépôts secondaires se sont développésà nos yeux , formant la liante chaîne du Jura , le Cha-rolais, la Côte-d’Or , le plateau de Langres. Ajoutonsqu’on les retrouve au pied des Basses et des Hautes-Al pes , parfois même sur la rive opposée dulUiùne rapide,composés d’un calcaire compacte et peu terreux. Ilss’étendent enfin d’une extrémité à l’autre de laFrance,depuis les Ardennes jusqu’à l'embouchure de la Cha rente . Ils sont limités au sud par les ramifications desmonts d’Auvergne et le Lyonnais ; au nord, par unvaste bassin crayeux, compris entre la Manche , la mer du Nord , les Ardennes , l’Argonne , la Côte-d’Or , leMorvan, une ligne menée à la gauche de la Loire , deces dernières hauteurs à l’extrémité nord du plateaude Galiuc, et la chaîne Armorique. Un pareil bassins’étend des Pyrénées à la Dordogne , et de l’Océan audelà de la rive droite de la Garonne . Dans le premier,le calcaire crayeux se cache en diverses localités,comme à Paris , par exemple, sous des terrains ter-tiaires. Ceux-ci occupent un assez vaste rayon autourde celle ville; on les retrouve dans l’Auvergne , leBourbonnais, au pied des Pyrénées , au bas du reversouest des Cévennes, en masses plus ou moins consi-dérablcs.Tous les terrains volcaniquespropremenl dits,sont postérieurs au gros principal de leurs formations.
Avec une telle richesse de terrains, la France nepouvait manquer de posséder une immense variétéde richesses minéralogiques. Presque sur tous lespoints, dessouices minérales froides ou chaudes des-cendent des hauteurs; on en compte jusqu’à 250, dontla moitié sont exploitées par la science médicale etfréquentées. Quelques rivières comme l’Ariège , leSalai , la Garonne , enfants des Pyrénées ; le Gardon, laCèze , nés des Cévennes; le Kliône, le lUiin, l’Isère ,fiers de leur origine alpique, roulent des paillettesd’or. Les pierres précieuses ont çà et là des gîtes re-marquables; ainsi, les grenats, les saphirs, les topazes,se rencontrent dans quelques pics des Pyrénées , dansquelques localités des Vosges , des Alpes cl des Céven-nes. Les collines de la Bretagne recèlent de bellesémeraudes ; Y améthiste se montre au pelviou de Yal-louise; les agathes sont moins rares. Les Cévenneset les llaules-Alpes fournissent du jayet-, la turquoiseest répandue vers l’Adour et le Gers , à la montagnede Maupas et autour d’Aucli.
Parmi les roches qui servent à construire les édificesou à les décorer, les granits, les syéniles, les porphyres,au premier rang pour la dureté, sont trop abondantspour que nous citions ici les localités où ils se trou-vent. 11 en est de même pour les serpentines , les mar-bres, dont nous possédons les plus belles et les plusnombreuses variétés. Dans les Ardennes , à l’est dela Bretagne ( vers Angers ) cl ailleurs , de vastes ardoi-sières sont d’aulrcs sources de richesses. L’Auvergneexpédie au loin ses laves , aujourd’hui détrônées pourla construction des trottoirs de Paris , par Vasphalte
de Seyssel. La pierre à bâtir commune, la pierre meu-lière, la pierre à chaux, les différents grès, le gypse ,la pierre à fusil, les argiles, et entre autres, le pré-cieux kaolin ; le sable, duquel on se sert pour la fabri-cation du verre et des glaces, la craie et bien d’autressubstances minérales utiles, répandues en une fouled’endroits , ont çà et là des gîtes privilégiés. La pierrelithographique , conquête loule moderne, enrichit laCôte-d’Or , les bords de l’Indre , vers Chdteauroux ; lesenvirons du lthônc, près de Belley , et du Rhin , versMulhouse . La vallée de la Meurlhe possède une mineconsidérable de sel gemme. Celle substance se montreaussi dans les montagnes du Doubs . La houille occupeau nord cl au midi plusieurs grands bassins , en quel-que sorte inépuisables. On compte aussi uu bon nom-bre de grandes exploitations de tourbe.
Quant aux métaux, notre sol est surtout riche enplomb et en manganèse. H a quelque peu de cuivre,d ’argent, d'arsenic , d’antimoine. Enfin , nos établisse-ments métallurgiques fondent annuellement seize centmille quintaux métriques de fer, retirés des mines dupays. Nous verrons en détail par les tableaux des dé-partements, comment ces richesses sont réparties.
§ 2. Règne végétal.
La France est de toutes les contrées de l’Europe , laplus riche en végétaux. Sa grande variété de tempé-ratures, d’expositions, dénaturés de terrains, d’arro-sements, lui permet de cultiver, presque sans exclu-sion, la plupart de celles qui habitent les différentescontrées du globe. Aussi, ne s’esl-elle point fait fautede conquêtes , et parmi ces milliers d’espèces, parmicelles même qui lui sont aujourd’hui de première né-cessité , on se trouve obligé d’en nommer un nombreconsidérable, qui n’ont point pris naissance sur sonsol fécond.
Ainsi, les différentes contrées de l’Asie nous ontfourni, à différentes époques , en arbres : le cerisier,Y oranger, le citronnier, les mûriers, richesse de notreMidi; Y abricotier, Y amandier, le pécher, le lilas, lesaule pleureur, le marronnier d’Inde — En légumes, leharicot, la fève de marais, le chou-fleur, la laitue ;Nous en avons aussi reçu le potiron cl le radis, la tulipe ,la renoncule , la balsamine. L’Afrique nous a donné legrenadier, le micocoulier, le ricin, le cardon, le réséda.L’Amérique , par le présent qu’elle nous a fait de lapomme de terre, nous a, en quelque sorte, gardés de ladisette. Nous lui avons aussi emprunté le tabac, lemaïs, les topinambours, la capucine, Y acacia, le sa-pin du Canada , les tournesols, le peuplier d’Amérique ,le dalhia. Les contrées de l’Europe ont aussi contribuéà enrichir notre sol. 11 faut citer la Grèce , qui lui afourni Yolivier, et peut-être par les Romains , la vigne,le framboisier. La Sardaigne , dont nous avons reçu lepersil, indispensable aux ménagères ; la Laponie même, d’où nous est venue Y Angélique ; l’Italie , l’Al lemagne , nous ont fait des présents qui seraient troplongs à énumérer.
Nous ne saurions, non plus, nommer même les plusremarquables de nos plantes indigènes,oude celles qui,sans être nées sur notre sol, y sont le plus répandues.