IftTIlODUCTION.
Ou a écrit de gros volumes où leur liste ne se trouvepas complète. Nous penserions d’ailleurs faire injureà nos lecteurs en voulanl leur apprendre que le pom-mier, qui remplace la vigne dans nos régions du nord,le châtaignier , qui nourrit une partie de notre midieide notre centre; le poirier, le prunier, le néflier, legroseiller ; l’humble, mais si remarquable fraisier ,nous donnent surtout leurs fruits; que le chêne, lebouleau , le hêtre, l’aulne, le sapin, s’élancent dans nosforêts ; que les peupliers, les saules, bordent nos prai-ries; que le blé, Vavoine, Vorge, le sarrasin, le lin , lechanvre, le millet, le colza, la garance, le trèfle, la lu-zerne, l'oignon, forment ' e nos grandes cul-
tures agricoles ; que l’on remarque dans nos potagersle navet, la carrotle, le chou, l’asperge, l'artichaut, leconcombre; dans nos champs, la centaurée, la mauve,la camomille, la sauge, la mélisse, et tant d’autrespiaules utiles; dans nos jardins, mille charmantesHeurs, comme la rose, la violette, le If s, la pensée, lapervenche, Vœillet, l’hortensia, Va marguerite. Nous nerappellerons pas davantage , parmi nos richesses vé-gétales , le champignon et la truffe.
Mais nous devons faire remarquer ici plusieurs phé-nomènes généraux de géographie physique qui in-lluenl sur la distribution des végétaux dans nos dif-férentes régions. En effet, outre les différences delatitude; quelques grandes circonstances, commel’exposition aux vents de la brûlante Afrique , le voi-sinage de l’Océan, l’élévation des terrains, et autresencore, délerminenlà leur surfacedes lignes où l’on nesaurait élever avec succès certaines plantes. Celles quiveulent une très grande chaleur d’été, et qui crai-gnent les froids de l’hiver, même les moins rudes, nequittent pas les bords de la Méditerranée, et encoreles fruits de quelques-unes de ces plantes n’arrivenl-ils pas à la parfaite maturité qu’ils atteignent dans unerégion plus chaude; tels sont l’oranger, le citronnier, legrenadier; tels sont aussi l'olivier, le câprier, les lauriers,qui acquièrent un parlait développement ; les lavandes,les genels d’Espagne , le jujubier. Celles qui n’ont pasbesoin d’une très grande chaleur d’été, mais qui crai-gnent les froids d’hiver un peu considérables , se plai-sent sur les bords océaniques. On remarque parmielles , les chênes yeuse et liège, le chêne à kermès, lesarbousiers, le myrthe, le figuier. Celles qui n’ont be-soin que d’une forte chaleur d’été et ne redoutentpoint les hivers communs, réussissent à l’est, et mêmeau nord, dans toutes les expositions favorables. Telleest surtout la vigne : telles sont en général beaucoupde plantes annuelles ou à tiges annuelles. Quant àl’élévation des terrains, on peut marquer à 2G0Ü et3700 pieds la limite où s’arrêteront le châtaignier etle noyer. 180 pieds plus haut s’arrêtera le cerisier. Lenoisetier s’élèvera encore de quelques cents pieds. A3G00, un peu au-dessus des céréales, le chêne ne sau-rait plus croître. Au-delà, de 300 pieds en 300 pieds,s’étageront forme, l’aulne et l’if, le pin d’Ecosse, l’é-rable, le bouleau blanc, le pin commun, le sapin, etle pin ce/nbra, on cèdre de Sibérie- La limite de celui-ci sera à G000 pieds. Des piaules herbacées, des pâ-turages lui succéderont, et, sous les neiges éternelles,
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des lichens braveront la main de l’homme et lesvariations de température. On a reconnu qu’uneélévation de 1000 pieds équivalait à peu près à unéloignement en latitude d’un degré.
§ 111. Règne animal.
Des montagnes explorées dans tous les sens, desforêts journellement battues, souvent traversées pardes roules; une culture qui s’étend partout où ellecroit pouvoir réussir; une chasse long-temps active,indiquent d’abord suffisamment que la France ne doitpoint posséder un grand nombre d’animaux sauvages.
L’ours, la marmotte, le chamois, le bouquetin,n’habitent guère que les Alpes ou les Pyrénées lesmoins accessibles. Le loup, le sanglier, le chevreuil,l’écureuil, le hérisson, vivent çà et là dans nos grandesforêts. Le renard, le putois, la fouine, la martre, labelette, s’avancent jusque vers les basses-cours descampagnes. Le rat, 1 e mulot, la taupe, ravagent leschamps cultivés. Lelièvre se chasse en quantité dansles vignes de l’est. 11 est plus rare au midi et au nord.
Le flamand se montre parfois sur les côtes de laMéditerranée avec beaucoup d’autres oiseaux de pas-sage, qui ne viennent pas dans nos régions seplen-trionnales ; mais presque partout nous avons lebec-figue, le rouge-gorge, l 'ortolan, la linole, le char-donneret, le bouvreuil, 1 e geai, le sansonnet, 1 ’élourneau , l 'alouette, le rossignol , le corbeau, la corneille,les pies. Nos chasseurs tuent annuellement une im-mense quantité de bécasses et bécassines, de canardssauvages, de pluviers, de vanneaux, de macreuses.La perdrix rouge, la gélinotte de montagne, les oiessauvages, sont plus rares. A côté du moineau, del 'hirondelle, qui habitent nos villes, la cigogne élèveaussi quelquefois son nid.
Nous avons peu de serpents. Néanmoins, la vipèreest encore assez commune dans certaines contrées :la couleuvre, qui n’est point dangereuse, est beaucoup plus commune, et l’on en compte un assezgrand nombre de variétés. Les crapauds, la grenouille,quelques salamandres, peuplent nos marais.
Nos côtes abondent en poissons excellents; et enmollusques recherchés. Le turbot, la raie, la sole, lemaquereau, le hareng, l'anguille, la sardine, le mer-lan. Les huîtres, les moules, l 'écrevisse, le homard,se pêchent dans les eaux de l’Océan et de la Manche;l 'anchois, le thon, dans la Méditerranée.
Nos poissons de rivières et d’étangs ont la plupartun goût exquis et sont extraordinairement multipliés.Quelques ruisseaux et petits étangs fournissent enabondance la sangsue. Enfin, une innombrable quan-tité d’insectes habile les différentes parties de notresol. La plupart sont plus incommodes que nuisibles.Quelques uns, comme le ver-à-soie, qui exige tantde soin, les abeilles, forment, comme on sait, danscertaines contrées, des blanches de revenu très im-portantes.
Nos animaux domestiques sont généralement beauxet nombreux Nous reviendrons sur ceux qui serventà l’agriculture, dans l’article où nous parlerons decelle mère nourricière du pays.