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La France géographique, industrielle et historique générale et départementale / précédée de notions sur la géographie universelle et comparée avec les autres états de l'Europe par G. Heck ... avec texte de Léon Plée ...
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XIV

INTRODUCTION 1 .

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Mainlenanl que nous avons jeté un coup dœil surlensemble des caractères naturels qui distinguentnotre patrie, nous allons donner notre attention aupeuple qui lhabile, à la forme de son gouvernement,à ses ressources politiques, à son industrie,à son com-

merce. Il est nécessaire de faire précéder dun résuméhistorique, cet exposé général; cest-à-dire de mon-trer au moins rapidement, quel fut notre point dedépart, et comment nous avons pu parvenir noussommes.

CHAPITRE PREMIER

ORIGINE DE LA POPULATION FRANÇAISE , OU ETHNOGRAPHIE.

Quatre races humâmes principales, oui donné naissance anotre population : ce sont la C llique, la Pélasgienne , la Syrienneet la Germanique . La première, répandue dès la plus liante anti-fiuité, entre les Alpes , le Khiit et lOcéan, couvrit bientôt, outrele territoire qui forme aujourd'hui la France , une grande partie del'ancienne Espagne , les îles Britanniques , et, suivant beaucoup d'au-teurs, une grande portion de lEurope septentrionale. Les peuplesqui la composaient prirent le nom de Gaulois ou de Celtes propro-premenldils, jusquaux Pyrénées ; d'Ibe'riens, vers ces montagnes,cl, au-delà ; dIl iberniens ou f.arîs , dans la Graude-Brctagne. LesBas-Breluns ou llreyzad, dans notre Bretagne ; les Basques sur lespentes des Pyrénées , sont les derniers représentants un peu 11-dèles des premiers et des seconds, surtout pour la langue.

La race Pélasgienne, qu'on rencontre très anciennement dans laGrèce , envoya de bonne heure sur notre territoire méditerranéendes colonies. Comme dautre part, elle peupla une bonne partie de'Italie , qui, par les Romains , envahît le territoire habité par lesGaulois, on en a formé une famille secondaire appelée Greco-Latineà laquelle appartiennent par la langue presque tous les habitantsdelà France actuelle et de la Corse, hormis les Bas-Bretons dunepart, la population de la Lorraine et de lAlsace de lautre; maisen réalité, notre Provence seule contiendrait des descendants unpeu directs de cette race.

A la race syrienne se rapporte la population dorigine juive . Larace germanique comprend, et de fait et par la langue, les naturelsde lAlsace et de la Lorraine . Les Francs , vainqueurs des Romainset des Gaulois lui appartenaient.

La fusion des Gaulois , des Grecs, des Latins, des Francs et desautres Germains , a surtout formé la masse de la nation française.Dans cette fusion, les caractères physiques et intellectuels (tonnéspar les anciens auteurs aux premiers , la langue des Latins et desGrecs, mêlée à un certain nombre dexpressions cl de formes delàlangue celle, ont dominé. Comme nous lavons fait pressentir,dune part, les lias-Bretons cl les Basques ; de lautre, les Germainsde lAlsace et de la Lorraine en sont plus ou moins restés à labri.Dailleurs, ces quatre races, si bien mélangées dans le tout in-time de notre patrie , paraissent avoir eu le même berceau,lAsie .

CHAPITRE H.

HISTOIRE DES GAULOIS.

Les Gaulois, ainsi que nous lavons dit, occupaient le pays entrele Rhin et les Alpes , lOcéan et la Méditerranée . Ce pays, que les Ro-mains appelaient G allia Transalpina, Gaule Transal pine, ou au-delàdes Alpes , est le territoire actuel delà France , plus celui de laBelgique et dautres états.

Cest donc aux Gaulois que se rattachent les destinées premièresde noire patrie; ils en demeurent, pendant plusieurs siècles, soitactivement, soit passivement, les héros. Nous avons ainsi à nousen occuper particulièrement.

§ I rr Leur état primitif.

LHistoire la plus ancienne des Gallo-Celtes nous les montre dis-persés au milieu des vastes forêts qui couvraient leur sol ; ils nontpoint de temples, et consacrent à leurs dieux ces mêmes forêts, lesmontagnes, les marais etleslacs. Ils leur élèvent aussi des monu-ments composés de quelques énormes pierres brutes. Lâchasse, lapèche, sonL leurs occupations principales. Courageux, sanguinai-res même, sans mépriser lagriculture, ils en laissent cependant lesoin aux femmes , et aux esclaves quils font dans leurs éternelscombats de tribus à tribus. Toutefois, une de ces races sacerdo-tales que lon rencontre partout à lorigine des peuples antiques,

les Druides , qui ont conservé une tradition assez pure de lËlresuprême, travaillent à leur avancement religieux cl à leur civi-lisation. Des chefs militaires en entraînent au loin des migrationsconsidérables vers lest, le nord et le midi, en Italie , en Grèce , enAsie , dans la Germanie môme, plus sombre encore (que leur Cel-tique. Les Grecs et les Romains sont à plusieurs reprises épouvantésde ces migrations armées. Vers (100 ans avant notre ère chrétienne,des Ioniens de lhocée, dans lAsie mineure, abordent aux côtesde la Méditerranée ; ils y fondent Alassilia (depuis Marseille ), etdéposent sur la terre gauloise les premiers germes de la belle civi-lisation antique. La population environnante ne se montre pastrop hostile à ces nouveaux venus , et de proche en proche se laisseconquérir à leurs arts, à leurs manières, à leur commerce. Aga-tha (Agde ), Anlipolis (Antibes ), Nice , sélèvent bientôt, succur-sales heureuses de la colonie grecque. Quelques siècles plus tard,les Carthaginois, sous la conduite dAnnibal-le-Grand, descendentles Pyrénées , savancent vers les Alpes , au milieu de combats, etentraînant avec eux des alliés à la conquête de lItalie . Les Massi-liotes, leurs rivaux en commerce, favorisent Rome . Us lappellerontbienlôL à leurs secours. En attendant, Annibal sème sur sa routedautres germes de civilisation qui ne sont point partout perdus.La Gaule commence à être moins isolée cl moins obscure.

§ 11. Conquête romaine.

Des invasions avaient fait connaître les Gaulois aux Romains.Ces ennemis les plus redoutés de Rome , lavaient frappée de ter-reur à différentes époques. Quand elle en eut fini avec Carthage ,quand elle fut à peu près maîtresse de lEspagne , linfatigable ré-publique pensa plus particulièrement à ceux qui l'avaient réduiteà sou Capitole, qui avaient secouru Annibal, et pouvaient venirencore lelTrayer. Sa politique rusée ne chercha pas long-tempsloccasion dune attaque. Les Massilioles dun côté, les Æduensde lautre, lappelèrent à leurs secours contre leurs voisins. Sesarmées franchirent les Alpes , semparèrent bientôt de tonte lapartie comprise entre ces montagnes, le Rhône et la Méditerra­ née . Réduite en province romaine, en 120, celte partie s'appelaProvincia, d est venu notre mot de Provence . Des colonies mi-litaires y lurent peu à près établies par les conquérants qui cher-chaient continuellement et de tous côtés, à sétendre. Nous eite-rous parmi ccs colonies, celle d'Aquin Scxliœ, Aix , fondée par leconsul Gains Sexlius, en lan 120 après J.-G-

Enfin, après différentes luttes partielles, cl différents événe-ments , comme linvasion des Cimbresetdes Teutons, Jules Gésar,lan 55 avant notre ère, passe dans la province avec cinq légions ,et, sous prétexte de repousser une invasion des Uelvétiens, entre-prend la conquête de tous les pays Gaulois . 11 se sert dun peuplecontre lautre, fait à ceux qui résistent une guerre d'extermina-tion , paralyse les timides par un horrible déploiement de cruautés,et enfin, après douze ans dune lutte furieuse, après avoir étévingt fois au moment dêtre vaincu, il triomphe, et tout le paysgaulais nest plus de nom, sinon entièrement de fait, quune pro-vince romaine.

§ III. Gaulois au temps de César et jusques aux Francs .

César, par qui nous apprenons surtout à connaître les Gaulois ,les trouva dans un état plus voisin de la civilisation que de la bar-barie. Cependant ils sacrifiaient aux divinités druidiques des victi-mes humaines, mais respectaient profondément le mariage, qui estla base de toute société régulière. Leur agriculture était fort avan-cée ; leurs villes étaient grossièrement construites, quoique entou-rées de murs très forts; quelques unes renfermaient de grandesrichesses et de nombreuses populations. Elles formaient presque