ixtkoihjctiox.
xvj
impuissants ; une seconde sur les Allomani tint en échec les Ger-mains , qui auraient été tentés de franchir le Rhin ; une troisièmevictoire, victoire toute morale sur lui-même et son armée, sa con-version à la foi catholique, luigagna le clergé orthodoxe des Gaules,ennemi des Yisigoths, qui étaient ariens. Tout désormais fut facileà l'heureux barbare. 11 contraignit les Ilurgundes à l’aider de leuror cl de leurs forces, et ébranla d’un seul choc,; à la bataille deYouillé, prés Poitiers , l’empire des Yisigoths dans les Gaules .Goux-ci avaient en quelque sorte fait ou laissé retleurir la civilisa-tion romaine dans le midi. Les incursions armées de scs troupesfirent succéder à ce réveil un crépuscule prématuré !
Les lils de Clovis poursuivirent l’oeuvre de leur père : ils arrachè-rent aux Yisigoths presque tout ce qu’ils possédaient encore dansles provinces du midi, et se substituèrent aux chefs bourgui-gnons, au milieu des tragédies domestiques les plus sanglantes,des oppressions et des crimes politiques les plus répréhensibles. 11ne nous appartient pas d’entrer dans le détail de ces horreurs. Sonsles lils dclllodeher (Clotaire 1 «' ), qui a un instant réuni sur satête la puissance réunie de Clovis et de ses enfants (558), il n’y eutrien d’ajoulé aux conquêtes; mais les tragédies domestiques de-vinrent plus sanglantes, s'il était possible, la barbarie plus té-nébreuse. Le clergé des Gaules , et particulièrement du nord dela Loire , vit s’accroître à un degré singulier, son ascendant et scsrichesses : c’était à qui le llaticrait et le comblerait de biens , àqui établirait des fondations religieuses pour obtenir le pardon descrimes passés ou à venir, lin 570, des lbériens franchirent les Pyré nées , chassèrent ec qui restait de Visigolhs du territoire comprisentre ces montagnes , la Garonne et l’Océan, et lui donnèrent deleur nom de YYascons ou Gascons, celui de Gascogne. Délivréesdes Yisigoths , les autres provinces du midi, quoiqu’inquiétées parles courses des Francs trans-ligériens (d’au-delà de la Loire ), repri-rent un peu de leur prospérité. Au commencement du T siècle,déjà elles tirent éclater leur haine bien légitime contre ees conqué-rants , et se fractionnèrent en différents états, qui obéirent à descomtes soit à des ducs indigènes, soit à des comtes ou ducs francs,qui, pour la plupart, avaient brisé avec leurs frères.
Au nord, les conquêtes de Clovis étaient le plus souvent diviséesentre deux royaumes: celui d’Auslrasie (Ostcr-Itikc , ou royaumede l’Est), et celui de Ncustric ( Nioslcr-Jtike , ou royaume du nord).Ces deux États avaient pour ligne de partage les Ardennes et l'Es-caut. lllodclier 11 (Clotaire 11) les réunit (584) : mais sous son règne,un second chef, élu à vie par les seigneurs austrasiens, prit placeà côté du trône ; la puissance de ce chef appelé maire du palais,ne fut presque rien sous Clotaire , qui, pendant de longues annéesde paix', laissa la Gaule respirer ; mais sous ses successeurs, elleabsorba même celle du roi. La race, si jeune de Clovis , déjà uséepar le crime et la débauche, sembla vouloir digérer à l’aise le bu-tin des peuples ; les maires du palais nommèrent les gouverneursde province, commandèrent les armées, dirigèrent les assembléesdu Champ de Mars. Parmi eux , F.broin, Pépin (J’i'ppm) d’Iléristal,Karl ou Charles-Martel , se contentèrent de la suprématie effective.Le dernier mérita la reconnaissance des Gaules et de la chrétienté,en arrêtant entre Tours et Poitiers , l’invasion des Maures d’A-frique, déjà maîtres de l’Ibéric . Les Gaulois, ou plutôt les Gallo-Romains ou Romainsdumidi,so joignirent à lui. Les populations desPyrénées fermèrent leurs ports au retour de ces nouveaux bar-bares qui menaçaient l’Europe entière du joug : pas un, dit-on,ne repassa les montagnes.
Pépin-le-Brcf, fils de Charles-Martel , posa sur sa tête, du con-sentement du chef de l’Église de Rome et des seigneurs du Nord ,la couronne trop lourde pour les descendants affaiblis de l’infati-gable Clovis . L’histoire, qui a nommé ces derniers .rois mérovin-giens , rois fainéants , marque ici une seconde époque de la monar-chie franque. Pépin-lc-Bref (en 741) est le premier roi d’une seconderace, à laquelle son successeur Karl-le-Grand, Charlemagne ,en 771), donna le nom de Karlietme ou Carlovingienne.
§ 11 . De Charlemagne à Hugues Capct.
Un grand changement s’était fait dans la Gaule . Les terres , jus-que la cultivées par des esclaves, propriété de leurs maîtres, ap-partenaient presque toutes à de grands propriétaires, soit de larace des conquérants, soit descendants des plus riches fa-milles romaines ou gauloises, qui les faisaient cultiver par
des colons. Ceux-ci n’étaient plus esclaves, car le christianismeavait progressivement aboli l’esclavage, cl l’on ne vendait plus leshommes comme des choses. Mais (ils, ou des anciens esclaves , oudes anciens colons gallo-romains les moins riches, on des pri-sonniers de guerre plus récemment transplantés dans le pays , ilsétaient tenus de cultiver pour leurs maîtres, et ne pouvaient s’af-franchir de ce service qu'en allant cultiver celles de l’Eglise, c’est-à-dire , des communautés ou fondations religieuses qui fourmil-laient alors. Sous Karl-le-Grand , cet état de choses se compliquad’un antre, non moins remarquable. Ayant porlé'ses armes vie-rieuses en Italie , en Germanie et au-delà vers le Nord, ayant restauréà son profit le titre d’empereur d’occident, le fils de l’épin aban-donna presque la Gaule , el fut plutôt le roi des Allemands quecelui des Francs. 11 multiplia dans les Gaules les gouverneurs délé-gués, en les plaçant, il est vrai, sous la surveillance active d in-specteurs impériaux. Mais après sa mort, les gouverneurs,comtes ou ducs, profilèrent plus ou moins des orages ou des divi-sions intestines qui signalèrent les règnes de ses faibles succes-seurs : l’esprit de rivalité, et, si l’on peut parler ainsi, de na-tionalité provinciale, les aida partout puissamment. Ils se rendi-rent indépendants, et, en beaucoup d’endroits , n’eurent point depeine à gouverner d’une manière absolue. Ils nommèrent à leurtour des officiers subalternes, leurs vassaux, comme ils étaientceux du roi ; leur donnèrent en usufruit héréditaire des portions deleurs gouvernements, confirmèrent dans leurs possessions les an-ciens maîtres de terres ou les exclurent, et, transmirent leur indé-pendance à leurs fils. Les villes enclavées dans les gouvernements,quand elles n’avaient point à leur tête un délégué royal, devenuvassal du gouverneur de la province, passèrent sous la dominationpresqu’absolue de leur évêque, ou bien celui-ci la partagea avecle subdélégué, souvent avec le gouverneur lui-même dans sa rési-dence. Partout les possesseurs de terres s’entourèrent de forts ; lesbâtirent sur les positions les plus inexpugnables : chacun cher-chant à se soustraire à la dépendance du seigneur plus puis-sant , comme celui-ci cherchait à se soustraire à celle du roi.
Cet état, qu’on appela féodalité, exista surtout au nord , et nelit que se compliquer, répandant comme une épouvantable anar-chie à travers la Gaule . La condition des colons dev int bientôt plusmalheureuse même que celle de l'ancien eselavc. La puissance desvilles dans le midi, tempéra toujours la force des seigneurs. 11 enfut de même dans certaines contrées du nord, particulièrement enFlandre .
I.es peuples , contenus par le bras puissant de Karl, se soulevè-rent après sa’morl. De nouveaux conquérants apparurent sur lascène historique. Ils venaient du Danemarck, delà Suèdeet delà Nor vège . On les appela Norl-Mann, hommes du Nord, Normands . Louis-lc-Faible ou le Débonnaire vit déjà l’empire d’occident s’affaisserautour de lui ; les révoltes éclatèrent de toutes parts.Les Normandsportèrent par tout le nord de la Gaule le pillage el la terreur. Karl-le-Gros (en 884), après trois règnes sous lesquels les chosesavaient encore empiré, fut dépossédé du titre impérial, et tandisqu’un roitelet d’Italie , Gui de Spolelte, en 891, le remplaça commeempereur romain, en-deçà du Rhin , dans ce qu’on appelaitFrancia , l’ancienne conquête des Francs, qui s’était successive-ment étendue du grand fleuve germanique jusqu’aux monts deBretagne et à la Loire , un comte de l’aris, Eudes ou Odon, fut élupour roi par les seigneurs francs. Ce fut le premier roi de France ,ltcx h'nmcice. Ses prédécesseurs av aient été les rois des Francs ,regesFrancorum (888). Eudes reçut la couronne en récompense de sesexploits contre les Normands, avec lesquels Charles-le-Gros , à latête de 80,000 hommes, avait eu la faiblesse de traiter. Un descen-dant de Charlemagne , Charles-le-Simple , lui succéda ; afin de sa-tisfaire les implacables hommes du Nord, il leur donna (885), pourla posséder on son nom, la province appelée par excellence Ncus-tric, et qui, plus tard, se nomma Normandie . Leur chef, Rollon ,recul le titre de duc. En 879, Dozon , un seigneur, avait déjà oséprendre le litre de roi dans la l’rovence , et ses successeurs y ré-gnaient.
Le frère d'Odon voulut détrôner le monarque qui achetait la paixà un pareil jirix. 11 fut tué; mais son lils, Ilugnes-le-Graud, levengea, el refusa la couronne que son frère Raoul, due de Bour gogne , crut devoir accepter. Après Raoul, Hugues laissa encoremonter sur le trône un lils de Charles-lc-Simple , Louis - d'Oulre-Mcr (930), puis le lils de ce Louis , Lolhairc (934), mais régna plus