INTRODUCTION.
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qu'eux , agrandit ses possessions , et devint à peu près le seigneurle plus puissant de la C.aule du nord. Enfin , la maison de Karl-le-Grand s’éteignit en la personne de I.ouïs V, lits de l.otliaire (1)87). Carce jeune prince étant mort sans postérité , les seigneurs ne voulu-rent point de son oncle, Charles , due de Lorraine , pour l'empire,et élurent Hugues Capet , fils de Hugues-le-Gi and (1)87). Les pro-vinces du Midi restèrent à peu près étrangères aux déliais qui leportèrent sur le trône. Autant à l'ouest du Khin on détestait etméprisait la Germanie, autant au sud de la Loire on détestait etméprisait la France . La Hrelagne restait isolée du reste des Gaules ,n’ayant, guère de contact (et ce contact était hostile) qu'avecl’Anjou et la Normandie , ses voisines.
Pendant tons ees événements , le flambeau de la ei\ ilisation, ré-veillé par Charlemagne et l’infinenee de 1 Italie et de la Grèce , quin'avaient point été totalement obscurcies, jetait oà et là quelqueslueurs ; les Juifs , chassés d’Asie et d’Urique par le mahométisme,relevaient un peu le commerce. Le clergé étudiait la logique théo-logienne , et peu à peu dans son sein se reformait un corps de let-trés. Quant aux seigneurs, ils ne connaissaient plus d’autre artque celui de la guerre et de lâchasse; ils ne se montraient plusque couverts de fer et montés sur des chevaux cuirassés commeeux. On les appelait ruballarii, chevaliers. Le vcc plus ullrà de leurjustice était le jugement de Ifieu. Dans tous les cas, pour tout ce cpiiregardait les arts et les institutions , le Midi provençal et Narbon-nais devançait de beaucoup tout le Nord. La belle architecturechrétienne , que l’on a nommée gothique, commençait à s'y mon-trer dans scs premiers développements , annonçant déjà l’art cpiidevait à jamais faire 1 honneur du moyen âge en Europe , et donnerà douter qu'il fût aussi ignorant qu’on l’a représenté.
§ 111 . I)e Hugues Capet jusqu’à Louis XI1L , on jusqu’àl'extinction de la féodalité.
Avec Hugues Capot commence une nouvelle série de rois, qu’ona coutume de nommer Caitèiiem; avec lui aussi commence unenouvelle monarchie, où l’élection n’a plus de part , et qui, mar-chant de complètes territoriales en complètes territoriales,soit armées, soit pacifiques, d’aecroisscmcnls de puissance euaccroissements de puissance, finit par être seule maîtresse danstout le territoire de l'ancienne Gaule celtique , après sept sièclesde succès les plus glorieux , mêlés des revers 1er plus sensibles.
Hugues Capot possédait à divers titres, mais surtout comme ducde France , l’Ile-de-France , l’Orléanais , une partielle la l’icardieella Champagne . 11 avait sur ses terres un grand nombre de pet ilsseigneurs, laïques ou clercs. D’autres, aussi puissants que lui defait, et même plus puissants que lui, les dues de liretague et deNormandie , le comte de Yermandois, maître de la Picardie et de laChampagne , le comte de Flandre , vassal de l'empire, les ducs deLorraine , ceux de bourgogne . les comtes de Provence, ceux deToulouse ou ducs de Narbonne , les ducs de Gascogne , ceux d'A-quitaine et de Poitou dominaient dans les diverses parties duroyaume. Mais son titre de roi lui donnait., au moins sur ceux duNord, une suprématie nominale. Ils rendaient hommage à sa terreroyale pour les leurs qui M'avaient point ce titre, et le reconnais-saient ou étaient censés le reconnaître pour leur suzerain. Lui, nerendait hommage pour sa couronne qu’à Dieu . Le chef de l’Eglisede Home voulut très souvent, dans la suite, substituer sa puis-sance temporelle à la majesté divine. Mais le clergé ne dominaitplus comme autrefois par ses richesses territoriales. Pépin et lesseigneurs lui avaient enlevé une immense quantité «le terres , donton lui concédait précédemment l'usufruit. Charlemagne l’avaitexempté du service de la guerre, et par suite son esprit était devenumoins remuant. D’ailleurs , il fil presque toujours cause communeavec le roi de France dans ses démêlés avec ht pape.
lingues Capet s’associa de son vivant son fils Hubert, celui-cis’associa son fils Henri. Ces deux princes eurent des règnes insi-gnifiants en politique. Mais une. institution cpii a brillé du plus viféclat sous le nom de chevalerie , prit alors naissance dans le Midi .La Provence! et les autres pays de” la langue toulousaine ou | rt;-yue il' »c , satisfaits d’être debarrassés des Francs «‘t des Français ,étaient pleins d’une effervescence sans égale, et aspiraient auxplus hautes destinées. Lu chevalerie, dont tous nos lecteurs con-naissent sans doute les détails les plus importants, (utun des pro-duits de celle effervescence , et ne tarda pas à se répandre sur les
provinces du Nord et les provinces chrétiennes. Avec elle , levaste chaos de la féodalité s’anima d’une lïme , ou plutôt «lentillefaces nouvelles , et fut civ ilisé par la poésie, comme on nous ra-conle «pie le fut l’ancienne Grèce .
Sous Philippe 1 "', fils «le Henri l” (1000), assôeié au trône, duvivanl de son père, malgré son lias Age, un duc de Normandie ,Guillaume-le-llàtard, surnommé le Gonquérant, aidé de tout ce«pt’il y avait d’aventuriers armés en Europe , ronquit, sur lesAnglo-Saxons , la Grande-ltrelagite ou , comme on voudra, l'An-gleterre. Sa complète eut des résultats durables, et posa , vis-à-visdes Français et «lu roi «h- France , les Normands, maîtres de l’Angle-terre et leurs rois. Cette rivalité mil souvent en péril la nationalitéfrançaise et la monarchie. Aujourd’hui, au 19 e siècle, <m ne peutlias dire qu'elle soit finie , ni même prête à finir. Sous Philippe l" -aussi, un moine, Pierre-l’llermite, un pape, Urbain II , appelèrentl’Europe chrétienne à se soulever contre l’Asie mahométane, et àaller délivrer le tombeau du div in Sauveur du monde, souillé parlesinfidèles. A leur voix, la chrétienté, tourmentée des espéranci's lesplus audacieuses et du malaise présent le plus insupportable, seprécipite. Un grand nombre de seigneurs turbulents, heureux detrouver l’occasion de guerroyer en sûreté de conscience, quittentleurs seigneuries el leurs serfs. Eudes Arpin, vicomte delîerry, vendses ter l'es an roi de France , (à: fut le premier accroissement ap-porté au domaine des Capet (1100).
l.ouis-le-Cros (1108' succéda à Philippe. H eut le malheur d’enve-nimer la rivalité naissante entre son vassal de Normandie , roi«l’Angleterre , <>t lui. Le Normand fit alliance avec l«;s Germainsultra-rhénans. Mais alors, pour la première fois, toute la na-tion , habitant l’aneienne Gaule, moins la Flandre el la Lorraine ,marcha sous une même bannière, celle du roi de France . Devantcelte levée générale, les confédérés hésitèrent, el battirent bientôten rclraile. Une autre fait politique se fil encore jour sous ceprince. Le peuple «les v illes, jusipt’alors opprimé, réclama de toutesparts, s’assembla en communes, «à voulut des franchises , c’est-à-dire, avoir «h's chefs élus par lui, pour soutenir ses droits et s«'s in-térêts. H en obtint en beaucoup d’endroits : ici, parla force; là,par consentement de l’évê'que ou du seigneur; ailleurs, en lesachetant. Ce fait, connu dans l’histoire sous le nom d’affranehissc-menl des communes , ne tanta pas à s’étendre aux habitants desbourgs et des campagnes, dont la condition était bien pire. Desinsurrections armées «le serfs forcèrent bientôt les seigneurs às'occuper d'eux. On leur vendit aussi la liberté. Louis-le-Gros établit dans scs domaines que chacun pourrait, appeler de lajustice de ses vassaux à la sienne. 11 passa d’ailleurs la plus grandepartie de son règne à guerroyer, pour purger son domaine de toutmaître subalterne, et en débarrasser les alentours. 111H aussi quel-que peu de choses pour les lettres.
Sous Louis Vil, en 11 îfi, une seconde croisade fut prêi-hée ; le roiy prit part, de même que l’empereur. Pendant son absence, Suger ,l'ancien ministre de Louis VI , gouverna dans les vues politiques lesplus conformes à la justice el h-s plus favorables à l'accroissementdu pouvoir de la monarchie. Louis, à son retour, compromit pourlong-temps ce! édifice naissant. Il avait épousé Eléonore, hérilii rede la Guyenne et du Poitou : il la répudia. Cette princesse portases possessions à son second époux, à Henri Plantagcnct , ducd’Anjou el «le Normandie , el plus tard, roi «l’Angleterre, par letestament d’Etuame. Les rois d’Angleterre devinrent, par cettefaute de Louis , plus puissants en France même «pie le roi deFrance , dont ils enclavaient, pour ainsi dire, les possessions.
Tandis que le Midi llorissait «l'une gloire toute nouvelle, et touteorientale, el «piele Nord s’ouvrait aux mêmesinlluenecs, Philippe- Auguste monta sur le trône «’ii 1180. Il commença par recueillit’une partie de la succession «t«‘ la maison , éteinte dans les mâles ,de Yermandois; rejeta hors de ses domaines plusieurs de «'esbandes d ava’nturicrs qui parcouraient alors l’Europe , puis il pritla croix comme son prédéi’osscur. A son retour, il profila «le tra-gédies sanglantes dans la maison royale «l’Angleterre pour lui con-fisquer la Normandie et la Touraine «pi’il sut garder. Ce princeeut à sa solde «les troupes permanentes. 11 réunit encore nue foistonte la nation des Gaules contre l’Angleterre, l'Alhaiiague et, laFlandre confédérées, el fut, à Houviues, le vainipii’itr de cellecoalition.
Sous son règne, la division qui séparait le Nord el leMidi, le pays
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