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La France géographique, industrielle et historique générale et départementale / précédée de notions sur la géographie universelle et comparée avec les autres états de l'Europe par G. Heck ... avec texte de Léon Plée ...
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xviij

INTRODUCTION.

de la langue de Toulouse , de ceux de la langue de Paris , éclata. Desopinions religieuses eu désaccord avec la croyance catholique sé-taient depuis assez long-temps élevées au sein des premiers.Leclergévoyait dailleurs dun oeil jaloux son influence y devenir chaque jourmoindre. Les choses senvenimèrent, on ne céda point aux repré-scntationsdu pape. Une croisade fut précitée, et leNord catholique,sous la conduite de Simon deMonlfort, du pape et du roi de France ,Louis VIII , se précipita sur le Midi , dirigé par le puissant comte deToulouse et autres seigneurs. Le Midi fut écrasé

après unelultelerrihle.P a leravagc.Arls, littérature,

commerce, tout y déchut en un instant. Louis IX, saint Louis, roi en122(i, donna en apanage à son frère, le comte de Poitiers , le Langue­ doc . Philippe-le-Hel, par la mort de ce comte, le réunit à sa couronne(1271). Si, outre cela, nous nous rappelons cpie les Anglais , depuisLouisVU et sa faute politique, dominaient dans la doyenne et autresprovinces méridionales, lions naurons point de peine à placer, àcelte époque, la soumission à peu près définitive du Midi au Nord .

La régente Planche de Castille et saint Louis régnèrent cons-tamment avec vigueur contre leurs ennemis intérieurs et étran-gers, avec justice pour tous, et encouragèrent les savants. Saint Louis lit déplus immensément pour la civilisation du pays. 11 sélevacontre la fureur des duels, abolit les jugements de Dieu , et régula-risa la justice dans toute sa puissance, détendit à ses nobles lesguerres privées. Sous son règne, par suite de la renaissance delétude de lancien droit romain et de la complication des lois, unordre inconnu depuis la complète des Francs, celui des légistesséleva, et ne tarda pas à conquérir sur les seigneurs ignorantsun ascendant a: de leurs fondes de pouvoir, de

leurs représentants comme baillis, sénéchaux, les légistes devin-rent bientôt presque leurs égaux dans les communes des villes,les parlements des provinces ou assemblées provinciales. Saint.Louis enfin se posa comme le chef de la chrétienté dans deuxcroisades malheureuses, et entraîna avec lui presque tonte laFrance du Nord et du Midi . 11 mourut sur la terre étrangèredevant Tunis .

Philippe ltl (1270) essaya déjà des complètes et soccupa deramasser des écus à la monarchie un peu épuisée. Pliilippe-lc-Bel (1285) , s'appliquant surtout à ce dernier soin , ne craignit nidaltérer les monnaies, ni de vendre la noblesse aux bourgeois etlégistes et la liberté aux serfs, ni de faire périr dans les torturesles plus célèbres chevaliers de lordre puissant et riche du Tem-ple, qui inquiétaient à la fois déjà la monarchie et la papauté. Lepremier, pour résister aux prétentions du Saint-Siège , il convo-qua une assemblée des étals-généraux, et réunit à la couronne laChampagne elle Lyonnais. Louis X continua de vendre la libertéaux serfs. Philippc-le-Long eut. déjà lieu de craindre la puissancedes communes ; il les désarma et tâcha de les organiser dune ma-nière toute pacifique. Sous Charles IV , le Bel, il ne restait plus (piequatre vasseaux redoutables : le due de Guyenne, roi dAngleterre,celui de Bretagne , celui de bourgogne , et le comte de Provence .Le comte de Flandre combattait presque toujours avec lempire.La monarchie dominait définitivement, la féodalité. Mais une nou-velle transformation de celle-ci s ciait faite. A mesure que tes roisacquéraient un grand domaine, ils le donnaient à leurs frères , àleurs Ü1 s à titre dapanages pour eux et toute leur descendancemâle. A lextinction de celle-ci, les apanages revenaient à la cou-ronne. Concédés à des princes ambitieux ou mal disposés, ils lamirent, sous les règnes suivants, plus d'une lois en danger dese dissoudre. A cette cause se joignirent les malheurs dune riva-lité armée de lAngleterre et de la France . La nationalité fran­ çaise fut à deux doigts de sa perte, et plusieurs siècles de guerreralentirent son progrès et celui des arts et de lindustrie.

A la mort de Charlcs-le-Bcl (1328), sou frère Philippe de Valois ,se vit disputer le Irène par Edouard 111, roi dAngleterre et neveude Charles. Les étals consultés lui donnèrent la préférence. Edouardjura de se venger, en elTct, après quelques succès de son rivalen France , il prit les armes à l'instigation de traîtres français .Philippe, victorieux en Guyenne, perdit au combat de lEcluse uneflotte considérable et qui lui avait coûté fort cher ; peu âpres, lafougue française lui lit perdre la sanglante bataille de Créey. LesAnglais dans celle journée, se servirent, dit-on, pour la premièrefois du canon, celte amie terrible qui mil lin à toute chevalerie.Peu après Edouard prit Calais . Philippe mourut de chagrin. Mal-

gré tous ses malheurs, il avait accru la puissance de la monar-chie en acceptant du dauphiiPde Vienne, Humbert 11, le Dauphinépour son pelil-tils.

Jean (1350), prince dune valeur éprouvée, fut encore plus mal-heureux : des extrémités violentes et peu nécessaires lui aliénèrentla noblesse; il perdit une autre bataille de Créey, celle de Poi­ tiers , il fut fait prisonnier. Pour se racheter, il signa le traitéde Brétigny, qui replaçait la monarchie presque dans les condi-tions de son renom chôment sons Hugues Capot. Mais comme il neput réunir la rançon qu'il avait en outre stipulée, il retourna enAngleterre reprendre ses fers un instant quittés. Charles V Q3(>i),sauva la France de la crise, et mérita le surnom de sage. Scs gé-néraux, et surtout Duguesclin, chassèrent les Anglais sur presquetous les points. Il mit aussi un terme aux brigandages, que desbandes sans nombre daventuriers et de paysans insurgés com-mettaient dans la plupart des provinces. Enfui , il reforma untrésor royal, rétablit, la marine de l'h lippe de Valois, et rappelales études que le bruit des guerres avait fait enfuir. Ce mieux pa-rut se soutenir dans les commencements du règne de Charles VI (1380). Ce prince remporta dabord de grands avantages sur lescommunes flamandes presque toujours insurgées, mais il voulutrégner seul et éloigna ses oncles et tuteurs des affaires. Un deceux-ci était le duc Philippe de Bourgogne , auquel Jean avaitdonné en apanage la Bourgogne , qui lui était revenue par la mortde Philippe de Douvres, le dernier mâle de la maison. Ce duc deBourgogne ayant épousé Marguerite, héritière de Flandre, réunità scs possessions déjà considérables, ce magnifique comté, et de-vint ainsi plus-puissant que le roi de France .

Cest alors que Charles VI tomba en démence. 11 y eut rivalitépour la régence entre les trois oncles du roi. Le due dOrléans parvint à lemporter, grâce à la modération de . Mais alors

celui-ci mourut, cl son lils Jean-sans-Peur lit assassiner le ducdOrléans . Les partisans de lun et de lautre coururent aux armes.Les Anglais vinrent se mettre entre eux, profilant de chacun.La perte de la bataille d'Azincourt et de plusieurs provinces neréunit pas les partis. Le comte d'Armagnac (pii représentait leroi, exerça contre les Bourguignons de terribles représailles.Jean fut à son tour assassiné par les gens du dauphin. Son lilsrappela les Anglais , et, uni é roiteinciit à la reine lsabeau de Ba­ vière , leur donna pour ainsi dire tout le royaume. Quand Char­ les VI mourut, on proclama par dérision Charles VU, roi île llour-ÿes. 11 avait, en effet, se retrancher derrière la Loire (1122).

Les Anglais navaient plus à lui enlever qu'une place importante,Orléans , cl, au moment de voir le nom anglais régner sur la France ,il passait son temps dans les plaisirs. Tout à coup une vierge in-spirée arrive du fond des Vosges , lui promet , à lui cl à ses derniersfidèles , la délivrance d'Orléans . On la croit , on la suit, et Orléans est délivré. Elle conduit ensuite le roi à Bcims au travers des An­ glais , et le fait sacrer. Les Français reprennent courage, Illinois ,Lahire et cinquante autres chefs distingués secondent JeannedAre; Charles rentre à Paris , et en 1138les Anglais ne possédaientplus, sur le territoire français , que Calais . La Guyenne, le Poitou,la Saintonge même, leur avaient élé enlevées. Tant de victoires ,ouvrage premier dune femme, d dune femme que Charles eutlingratitude de laisser mourir pitoyablement, donnèrent au roiim ascendant jusque- inconnu, il ( ut des armées permanentes etrégulières , domina les assemblées provinciales (pii furent insti-tuées dans le gouvernement, et rétablit presque partout la sécu-rité du commerce; les révoltes de son lils le firent mourir dechagrin.

Louis XI (1-101), de bonne heure ennemi de la noblesse de sonpère et délesté delle, populaire parmi les communes et les gensde campagne, eut, dès son avènement au Irène, un orage à con-jurer. Les seigneurs du royaume formèrent une ligue contre lui.Les chances de la lutte étant demeurées égales à la bataille deMontlhéry, cette ligue fut dissoute. Le roi promit beaucoup, netint rien, et peu après se mit à écraser en détail ses ennemis. Lapuissance du duc de Bourgogne, de Gharles-le-Téméraire, pelit-lils du fameux Jean-sans-Peur, l'inquiétait ; il chercha partout à luisusciter des embarras. Le caractère de ce prince le servit encoremieux que ses embûches. Après divers échecs, Charles trouva lamort devant Nancy . La Bourgogne fut réunie à la couronne, maislhéritière du duc porta la Flandre à la maison dAutriche , dont