INTRODUCTION.
finances, le mécontentement gagna <le pins en plus la classemoyenne et le peuple. Un ministre, Ncck«T, propose comme seulemesure de saint, une égale répartition des impôt s, c’est-à-dire l'a-bolition du privilège des nobles et du clergé (pilles exonptail descontributions publiques en argent. La Cour jeta les liants cris. Ce-lui qui remplaça Neckcr ne fit qu'empirer les choses , et. bientôt klconvocation des états-généraux, qui n'avaient pas été réunis de-puis 200 ans, parut comme le dernier remède à la crise générale.On doubla même le nombre des députés du tiers-ordre pour ba-lancer la puissance des deux autres, que l'on pensait bim devoirse refuser à toute améliorai ion qui leur coût ('rail trop. Les états s’as-semblèrent donc à Versailles (1780). Le tiers demanda le vote encommun : sa supériorité numérique devant l’égaler aux deux au-tres ordres , ceux-ci refusèrent. Alors le tiers, proclamant «picc’é-taitlui, et non le clergé et la nobbsse, cpii faisait la nation, se con-stitua en assemblée nationale, et jura par le fameux serment du jeude paume, à Versailk's, qu’il ne se séparerait pas avant d’avoirconstitué la France . Quelques nobles et. plusieurs membres duclergé se réunirent à lui. Il commença ses opérations. Inquiétéepar cette manifestation, la Cour parla de le dissoudre. Les Pari-siens, en proie à une disette dont ils accusaient le gouvernement,prirent parti pour l’assemblée, coururent aux armes, s’emparèrent,de la forteresse de la Pastille, «'t organisé rent une garde nationale.La France presque entière suivit ou imita leurs mouvements. Ainsisecondée, l'assemblée nationale abolit tous les privilèges de la no-blesse, tous fis droits féodaux ; et bimtût après, les seigneurs, età leur tête les frères du roi, s'étant éloignés du royaume pour pro-tester contre tous ces événements, elle abolit la noblesse elle-mêmeet lous les litres héréditaires, l'nis, les biens du clergé furent sai-sis, et, pour parer à l’embarras des finances, on créa les assignats,papier-monnaie qui assignait hypothèque au possesseur sur «'esbiens. Ce papier-monnaie ne fut pas reçu malgré son cours forcé.Une foule de ruines paît ieulières et de fort unes scandaleuses furentle révoltât de sa création. Fnlin, l’assemblée établit qu'il n’v auraitplus ni provinces, ni gouvernements, ni assemblées provinciales,que la France serait div isée enS3déparleincnls,cl régie partout parun même droit, se servirait partout des mêmes poids et mesures; etdonna au clergé une constitution civile que beaucoup doses mem-bres refusèrent : d’autres y préfèrent serment, la plupart sortirentdu royaume.Quant au gouvernement général, il devait se composer,pour toute la France , d une seule et même chambre élective réu-nissant tous les pouvoirs. Celte chambre élective devait se renou-veler à certaines époques par d’autres députés «h’s départements.Le roi conservait un simple droit derefo, c'est-à-dire qu’il pouvait,en ne donnant pas son consentement à une mesure de l’assemblée,en suspendre pour un temps l'exécution. Le comtal Yenaissin avecAvignon furent alors réunis aux départements.
Pendant toutes ces choses, la noblesse émigrée avait trouvé unappui dans les cours étrangères, et celles-ci manifestèrent haute-ment l’intention de faire rentrer la France dans l’ordre dont elleétait sortie. Le 1 er octobre 1791, l'assemblée*, «pii reçut le nom delégislative, prit, lajplace de l'assoublcc constituante. La coalition«1el’Europe,l ’insurrection de la population de la Vendée , la miseen état «l'accusation de Louis XVI «pii avait essayé de fuir les mas-sacres de septembre, dont on donna pour préUxte le danger dela patrie, signalèrent, sa session. Le royaume, quand elle se sépara,était livré à l’anarcliic In plus eonipli le,'tes finances se trouvaientau comble du désordre. Cependant les Français , menacés par lacoalition étrangère, trouvèrent à l’approche «les élrangcrs uneénergie «pii les sauva : c’était à qui js"élancerait contre l’ennemi ; à«pii porterait ses offrandes au trésor. La v ictoire de .lemmapes,celle de Yalmy, assurèrent le Iriomphede la révolution.
CHAPITRE IV.
DEPUIS L'ABOLITION DE LA ROYAUTÉ PAR LA CONVENTION ,
JUSQU’AU SECOND RÉTABLISSEMENT DES BOURBONS EN 1815,
Le 20septembre 1702, la convention nationale remplaça l'assem-blée législative, elle débuta par abolir la royauté, dont il n’existaitplus «pi’un souvenir avili, et condamna bienlôt après au derniersupplice le malheureux Louis XVI et sa famille. Ce prince, intimedes fautes «le ses préd<*crss«*urs, porta sur l’échafaud le courage etla résignation «l’un martyr. l.’Furopc entière répondit à celte san-glante déclaration de guerre faite à ses rois, par une coalition ncu-
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vellee plus formidable*, car cet te fois clic rompt ait sous ses drapeauxla riche et puissante Angli'terre. Kn France même, la Vendée , Lyon,s’insurgèrent. Toulon «uivrit son port aux Anglais et se mit sousleur protection. C’est alors «pi’éelata 1«* terrible et sombre génie decette assemblée. Quatorze armées s’élancent aux fronlièr«*s, partoutbii'ntôl l'ennemi est repoussé, <*t tandis qu’à l'intérieur le comitérévolutionnaire contient par une terri'ur affreuse tout i-e quiaurait pu impiiétcr la révolution, notre territoire s’accroît «h*la Ih'lgique, de Porenlruy, Montbéliard et leurs attenants. Lyon est. pris et impitoyablement puni; Toulon repris aux Anglais ; lacouragi'use Vendée écrasée. Les puissances se voU'iit à Unirtour atla«piées par nos soldats. Le patriotisme et la sciencesont convoqués par l’assemblée pour aider par leurs généreusesintentions, l'enthousiasme des armées. Des ateliers s'élèvent par-tout ; partout la science répond à l’appel «*t fait faire à l’industriecivile et à 1 industrie militaire les plus étonnants progrès. La créa-tion de l'école poljtechnupie, l'établissement du système décimal,les réunions «les académies <*n un seul et même corps sous le nomd'institut, des bienfaits véritables, pallient les excès «1e cette partiede l’assemblée connue sous le nom de montagnards, et sur kupicllcplanera pour jamais un nuage de sang «pie rien ne pourra dissipermême en partie.
Le 2(1 octobre 1795, après une réaction contre cette terrible puis-sance, le directoire à la tête du corps législatif remplace la conven-tion.|U termine la plus malheureuse des guerres, celle de V«*ndée;puis force à la paix la Sicile , le l’ape, la Sardaigne , l’Kspagne ; faitrenlrerla Corse sous la domination française ; enfin par la paix deCampo-Formio, termine la longue guerre d’Autriche . Le 17 octobre1798, celte république menacée par l’Furope entière, d’une ruineque rien ne semblait pouvoir détourner, celte république, outre l«*sagrandissements que nous avons nommés, et le comtal Yenais-sin avec Avignon céilés parle pape,possédait encore Ii's Pays-Bas ;et la républiipie cisalpine établie par elle occupait prcsipie toutel’Italie . Genève et Mulhouse furent peu après réunies à la France .
L’Angleterre restait seule dans la lice, elle avait prison dévastétoutes nos colonies. Une armée française rassemblée sur les côtesde l’Océan, la menaçait, mais vainement, d’une descente sur sonpropre territoire. Le héros de Foulon repris aux Anglais , le généralauquel était dû le traité de Campo-Formio, Bonaparte , propose alorsau directoire la conquêtederKgyptcqui doit menacer tout le com-merce de l’orgui'illcuse insulaire dans la Méditerranée, et sespossessions «laiisl’Asie . Déjà jaloux delà réputation de cet homme,ampiel nul autre dans l’histoire ne peut être comparé, le directoireaccepte ; et le 20 mai 1798, Bonaparte , à la tête de 50,000 soldais,accompagné «les généraux qui ont le plus contribué à ses succèsen Italie , et de l'élite dos savants français qui vont explorer la terred'où est sortie la civ ilisation du monde ancien, s’élance de Toulon .11 prend en passant Malte, «*t maître d’Alexandrie le 2 juillet ilpiaulait le 23 sur les murs du Caire le drapeau de la républiipie,victorieux devant les pyramides;mais le 1er août, sa Hotte* est dé-faite par l’amiral anglais Nelson à Aboukir.
Cependant en France , le directoire est obligé d’établir le 5 sep-tembre «le la même année, la conscription, et de lever deux centmille conscrits. Chassés «1e Home par les Anglais et le roi de Naples,nos soldais, sousles ordres dojouborl cl de Championne!, repren-neni bientôt le dessus ; ce dernier établit à Naples en 19 la répu-bliipieparlhénopéenne. De son l'ôle, Bonaparte poursn’,1 en F.gypleses précédents succès. Un nouvel orage se forme contre nous à lasuite du congrès de Kasladt : la Turquie , l’Autriche , la Kussie etl’Angleterre rentrent dans la lice. Le prince Charles d'Autriche et lerusseSouwarovv remportent d«*s avantages en llalii*, et < n Suisse sur Masséna. Joubert <*sl luéàNovi ; Moreau, général sur le Ithin,bal «ai retraite. Les désordres à l’intérieur paraissent vouloir re-naîlrc. La républiipie semble encore une fois toucher à sa d«*rnièreheure ; elle est contrainte de décréter un emprunt forcé de «'eutmillions; mais tout-à-conp la face des affaires change: on apprendpresqn’en même temps que Bonapar: e a vengé à Aboukir même, surles Turcs, l’ancien désastre de sa Botte, et, que Brune et Massénaont battu, l’unies Anglo-Uusses il Berg«*n;l’autre, les Austro-ltussesà /,r:ieh. Fnlin le t(î octobre, Bonaparte arrive à Baris ; il a quittebrusquement l’Fgypte pour rentrer en France ou l’appelle sa for-tune. Un enthousiasme inouï l'accueille, ot le 9 novembre déjà (18brumaire au MU) il a renversé le directoire. Le 13 décembre, unenouvelle constitution ayant établi trois consuls pour cinq ans, unsénat «le quatre-vingts mi'mbres, un tribunal de cent, un corps lé-