INTRODUCTION.
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gislalif de trois cents; il est le premier desconsuls, et aussi le pre-mier de la république.
Bientôt, eu effet, l’antique palais des rois, les Tuileries, serventde demeure au premier Consul : mais à peine s’y est-il reposé quel-ques jours, par des travaux d'organisation, comme rétablissementdes préfectures et celui de la banque de France , qu’il passe lesAlpes , tombe comme la foudre sur le général de la coalition enItalie , et cueille des lauriers inattendus ; d’un autre côté, Moreaus’avance de victoires en victoires jusqu’aux portes de Vienne .
A son retour, Bonaparte menacé par les conjurations, est au-torisé à se former une garde; le 9 février 1801, il signe avec l’Au triche une paix qui agrandit la France de toute la rive gauchedu Kliin et de la Belgique , l’eu après, il dicte ses conditions àNaples , puis à l'Espagne ; enfin la Russie et l’Angleterre déposentles armes; mais en même temps nous perdons Saint-Domingue ,contre les noirs révoltés, et l’Fgypte où, depuis l’assassinat dugrand Kléber laissé par Bonaparte à la tête de l’armée, nous n’a-vions eu que des revers. A l’intérieur , tout prend aussi une facemoins turbulente. De concordat conclu entre le l'apc et la Répu blique donne au clergé une constitution qui contente tous les par-tis , et le 26 avril 1802 la loi d’amnistie en faveur des émigrésmet le sceau à la pacification. I.e 20 mars de la même année,l’Angleterre signe la paix à Amiens et rend ses conquêtes extra-européennes; le 8 mai, les consuls sont prorogés pour dixans ; le 2 août, on les déclare consuls à vie. Filtre ces deuxépoques, la Légion d'honneur avait élé créée.
Ainsi la confiance renaissait peu à peu entre les états et dans lepays; quand le 10 mai 1803, quelques jours après la cession dela Louisiane aux Etats-Unis (pour00 millions), l’île de Malte, queles Anglais veulent conserver, est le sujet d’une rupture de leurpart. Tandis qu’ils capturent sur tous les points nos vaisseauxde commerce, une armée française , réunie à Boulogne , les menaceà leur tour d’une invasion.
L’année 1804 s’ouvrit sous un aspect nouveau : des arrestationsdirigées contre deux généraux éminents et des royalistes, l’exé-cution clandestine du duc d’Eiighieii, l'établissement de l’impôtindirect, annoncèrent un autre régime : une réaction commençadans les esprits contre le Premier Consul, et la bienfaisante pro-mulgation du Code civil, qui réunissait toute la France sousl’égide des mêmes lois civiles, n'atténua point le mal.
Cependant un sénaliis-consiilte du 18 mai donne au premierconsul, pour être héréditaire dans sa famille, le titre autrefoisporté par Charlemagne , et le 2 décembre, un successeur de Sainl-l’ierre le sacre dans Notre-Dame de l’aris , sous le nom de Napo léon 1 er , malgré la protestation de l’héritier de Louis XVI . L’em-pereur est proclamé roi d’Italie l’année suivante par la république Italienne . Une nouvelle coalition ne pouvait manquer de répondreà un si grand accroissement de pouvoir ; elle se forme en effet pourla troisième fois , entre la Russie , l’Angleterre et, l’Autriche . Na poléon passe le Rhin le 27 octobre 1805, entre à Vienne le 13 no-vembre , remporte le 2 décembre, sur les empereurs de Russie etd'Autriche , la bataille d’Austerlitz. Le 20, l’Autriche signe la paixde l’resbourg.
Le 15 février 1800, après avoir adopté pour 111s le fils de safemme, Eugène Beaubarnais, auqml il donne la vice-royautéd’Italie , Napoléon proclame son frère Joseph roi d’Espagne ; unpeu après il établit sur les bases actuelles l’Université générale deFrance ; le 5 juin il couronne roi de Hollande son frère Louis : lesduchés, les principautés, sont prodigués 5 ses sœurs, à ses pa-rents, à ses généraux, à ses ministres. Une quatrième coalitionse forme en conséquence le 1 er octobre ; le 14, la bataille décisive(l’iéna, remportée sur la l’russe, qui s’est mise en avant, luirépond. Le 21 novembre, le décret de Berlin , qui établit le blocuscontinental, déclare une guerre de ruine à l’Angleterre. Les Russes qui l’entrent dans la lice, sont battus à Eylau au commencement,de 1807, et bientôt après a Friedland . La paix de Tilsit, concluele 9 juillet de cette année , change toute la face de l’Allemagne .Jérôme, aulrc frère de l’empereur, reçoit la royauté de AA est -phalie; le30novembre, le général Junol,par son entrée à Lisbonne ,consomme la conquête du Portugal .
La création d’une noblesse héréditaire signale le commencement(le l’année I8U8. l’eu après l’empereur impose pour roi aux Es-pagnols désunis son frère Joseph, et donne au général Mural le
trône de Naples . La plus malheureuse des guerres commencealors en Espagne ; en vain Napoléon lui-même s’empare de llurgoset de Madrid , rien n’est pacifié. L’Angleterre alimente cl attise lefeu. D’autres empiètements, comme la dépossession du Saint-Pèrede quatre de ses provinces, déterminent une cinquième coalitionle 27 mars 1809. La France est encore victorieuse à Eckmühl etRatisbonne . Vienne reçoit de nouveau Napoléon dans scs vieillesmurailles. Les sanglantes victoires d’Essling, de Wagram, suiventbientôt , et décident la paix d’Allembourg, qui enlève à l’Autriche les provinces lllyrienues , et les réunit à l’Empire français .
D’un autre côté, l’empereur, excommunié par le Pape, s'aliène lamajeure partie des familles par des levées non interrompues dejeunes soldats, et. ' e temps de là par son divorce avec sa
femme Joséphine Beaubarnais, adorée du peuple. 11 répond auSaint-Père par la réunion des Etats romains; au peuple par sonmariage avec l’archiduchesse d’Autriche Marie-Louise et par denouvelles levées; la France s’agrandit de tous les côtés.La guerred’Espagne continue, mais nos victoires avancent peu le succès. Le20 mars 1811 un héritier naît à Napoléon .
Tout antre chef de dynastie eût alors, à sa place, évité toutconflit dont, les chances favorables n’eussent point été certaines ;mais N on était trop habitué à ne compter qu’avec son génie,pour s'arrêter à de prudentes considérations; cl quand à l’aurorede 1812 la Russie se montra l’avoutible à l’Angleterre en n’exécu-tant point à la rigueur contre elle le blocus convenu, il n'eut pointla force de dissimuler.
Celte fois la Prusse et l’Autriche marcheront avec lui, et 000 mille
Français , le suivront dans les steppes glacées du nord. il l’a
résolu.
La campagne s'ouvre le 22 juin : devant la grande armée 1rsRusses reculent, brûlant tout autour d’eux ; l’incendie de Moscou rend inutiles les batailles de Smolcnsk et de la Moskowa. L’empe-reur ne sait où établir ses quartiers d’hiver ; il oublie sa puissanteintelligence, et apprend en même temps les succès des Anglais en Espagne , et la presque réussite de la conspiration du généralMallet. Le cœur navré du spectacle de sa grande armée décimée parles souffrances inouïes et les combats de la retraite, il la quitte etarrive à l’aris le 18 décembre. Une morne stupeur répond à lademande qu'il fait au sénat de trois cent cinquante mille hommes;ses alliés l'abandonnent tous, à part le roi de Saxe ; une sixièmecoalition se forme.
En vain la fortune le seconde à l.iiuen et à liant zen le 2 et le20 mai 1813, la trahison la fait tourner contre lui à Leipzig. Lessuccès des Anglais continuent en Espagne ; la Hollande chasse lesautorités françaises . Napoléon demande la paix ; mais à l'intérieuraussi on se tourne contre lui ; il est contraint de dissoudre le corpslégislatif. Les Bourbons sentent que leur heure de rentrer enFrance est va nue, et commencent à s’agiter. Mural lui-même sejoint aux alliés qui envahissent le sol de notre patrie aq nord et àl’est.
L’empereur recouvre alors toute son énergie; il multiplie lespoignées d’hommes qui lui restent ; il bal partout les générauxalliés ; mais taudis qu'il pense à couper un ennemi qui bat enretraite, la masse alliée marche sur l’aris. Vingt-quatre heures derésistance de la parL de cette immense cité, et il revient écrasersous ses murs ceux qui la menaçaient. Ces vingt-quatre heuresne lui sont, pas accordées ; l’aris capitule et devient le quartier-général des alliés, le théâtre d'intrigues sans nombre. Un gou-vernement provisoire est nommé, et prononce la déchéance del’empereur vaincu. Le sénat reconnaît pour roi Louis XVIII , frèrede Louis XVI . La bataille de Toulouse arrive trop tard. L’anciendrapeau des Bourbons reparaît partout. Napoléon abdiquent reçoitla souveraineté de File d’Elbe.
Le 3 mai, Louis XVIII prend possession du trône, et le 30,conclut avec les puissances le traité de l’aris, qui fait rentrer laFrance dans ses limites de 1792. Le cinq juin une charte constitu-tionnelle est présentée par lui au corps législatif, et règle les rap-ports des Français cuire eux et vis-à-vis leurs nouveaux souve-rains. D’autre part, le congrès des puissances se rassemble àVienne pour affermir, sur des bases nouvelles, le r. pos de l’Eu rope ébranlée.
Tout allait rentrer dans l’ordre , quand, au commencement demars 1815, on apprend que Napoléon a quitté l île d'Elbe avec les