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La France géographique, industrielle et historique générale et départementale / précédée de notions sur la géographie universelle et comparée avec les autres états de l'Europe par G. Heck ... avec texte de Léon Plée ...
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INTRODUCTION.

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quelques soldais qui ly oui suivi. Pou après , on apprend encore(pic Grenoble lui a ouvert scs portes , et que sa poignée dhommesesl devenue une année. Enfin, le 'JO mars, Louis XV11I s'enfuit versla Belgique , et se relire à Garni. Napoléon entre le même jour àParis . Les alliés lont déclaré perturbateur du repos de l'Europe . 11va les attaquer et. les vaincre à Ligny ; niais W aterloo décidecontre lui, et le20 juin, après avoir battu en retraite, il se relireà Kochefort , et se livre à une croisière anglaise. On sait comment,la générosité britannique assigna pour domaine à laigle qui avaitplané sur le monde, la prison rocheuse de Sainle-llélène , et com-ment , accablé par elle dignobles tracasseries , il y mourut fautedair, le 5 mai 1821 , entre les bras de quelques amis fidèles, donttout le monde sait les noms respectés. Cet homme étonnant avaitchangé la face de la lVance : il lavait sillonnée de routes et decanaux , couverte de fondations utiles , et lui avait fait le plusbeau présent quil soit donné à un homme de faire à sa pat rie,une homogénéité presque complète. Ses guerres continuelles,désastreuses il est vrai pour lEurope entière, mais non pastoujours suscitées comme on la dit par son ambition, avaientforcément réuni tous les éléments français ; elles avaient de pinsrapproché les peuples, et par un bienfait de la toute-puissancedivine, (pii met chaque lois le bien à côté du mal, elles avaientavancé ce jour tant appelé par la religion et la ' , celui

les nations, se connaissant dans tonie leur intimité, serontentre elles comme des sœurs aimantes et unies.

CHAPITRE V.

DEPUIS LA RESTAURATION DE 1815 JUSQU'A NOS JOURS.

Les alliés ayant déclaré vouloir rétablir sur le trône Louis XV111,dailleurs demandé par des voix nombreuses et puissantes, ceprince fit, le 8 , sa rentrée dans la capitale, et son gouver-

nement procéda suivant les errements de la charte ae, ordre parce prince en 1814. Elle portait en substance : oubli du passé etmaintien des propriétés dans leur état présent, égalité des citoyensdevant la loi, liberté pour tous de publier leurs opinions ; cl quantà la constitution politique, elle établissait que le pouvoir de faire leslois et de voler les dépenses et les contributions publiques appar-tiendrait à deux chambres, lune dont les membres seraient nom-més à vie par le roi, et transmettraient leur dignité à leurs plusproches héritiers; lautre composée de députés élus par les dépar-tements. Le pouvoir exécutif appartenait à un conseil de ministresresponsables vis-à-vis des chambres et nommés et présidés par leroi irresponsable.

Le 20 novembre on conclut avec les puissances le traité de Paris,((ni enlevait à la France encore dautres places fortes, consentaitde sa part une contribution de guerre de 700 millions au profitdes alliés , l'occupation de dix-sept de scs forteresses du nord parees derniers, et lentretien pendant cinq ans de cent cinquantemille hommes de leurs troupes sur notre territoire.

Dès la première convocation des chambres commença ('litre lesroyalistes et: les libéraux une lutte dont les accidents variés rem-plirent tout le règne de Louis XV111. Ce prince, quoique ayantdébuté par des mesures rigoureuses, quoique placé dans la posi-tion la plus délicate vis-à-vis des puissances et vis-à-vis des émigrésrevenus à sa suite , sut balancer assez convenablement les forcesdes partis , et permettre à la France de cicatriser bien des plaies.

Nous nentrerons pas dans le détail de cette lutte: il faudraitpour la retracer, exposer ton! un code de lois, souvent contraires,qui soulèvent dans les chambres et au dehors des discussions sansfin. Cette lutte dure encore aujourdhui , et na rien perdu de sonactivité; seulement elle sest transformée : les rôles ont clé distri-bués autrement, et des opinions nouvelles .soutenues par des ath-lètes nouveaux, sont venues lalimonler Cetlelntte est inséparablede la constitution politique établie par la charte de 1814 , et mo-difiée, comme nous le dirons bientôt, par celle de 1830; et tmil (pieles acteurs se maintiennent dans la lettre et l'esprit de la Charte,('lie réalise le plus heureusement le but de celte constitution et detout gouvernement honnête,but (pii est deprocéder sans secousseà tous les progrès demandés , discutés et vérifiés nécessaires parlopinion publique ou la raison générale.

Cependant , grâce à 1 habileté du roi et du duc de Hichclieu , lesalliés évacuent notre territoire dès avant la lin de 1818, et la con-tribution de guerre est diminuée. Quelques conspirations sont

ourdies les années suivantes, r et étouffées et punies avec rigueur.

La lutte des principes politiques devient de plus en plus vive. Le13 février 1820 le neveu du roi, le duc de Berry, tombe sous lescoups dun assassin. Sa femme, Caroline de Naples, accoucheheureusement dun fils , le 2!) septembre suivant ; ce fils, le duc deBordeaux , esl salué par des acclamations à peu près générales. 11est lhéritier présomptif des Bourbons de la branche aînée.

LEspagne , depuis la chute définitive du frère de Bonaparte ,était dans un état analogue à celui delà France , pendant lassem-blée nationale ; les eortès tenaient le roi prisonnier. Le ministèredu roi, de concert avec les puissances (moins lAngleterre), inter-vient dans ce eontlit on 1823; cent mille soldats français entrenten Espagne , et le due dAngoulôme à leur tôle, rétablit la royautéespagnole dans la de ses pouvoirs. Le 20 septembre 1824,

Louis XV III laisse le trône à son frère, le comte dArtois, pro-clamé sous le nom de Charles X .

Jamais règne n'eut do commencements plus heureux ; la France commençait à reprendre sa loi en elle-même; ses plaies se cica-trisaient , la paix favorisait toutes les industries; les arts, la lit-térature, se jetaient avec une effervescence sans égale dans ce quel'on appelait des voies nouvelles, cl semblaient, dévorer lavenir.Les espérances les plus contraires étaient concentrées sur le roi. 11ne répondit pleinement quà celles de lémigration. Un milliard d'in-demnité demandé et volé pour les émigrés, alors (tue le pays, toutmeurtri par vingt-cinq ans de guerres et de sacrifices, venait seu-lement de reprendre haleine, des projets de lois qui faisaient ré-trograder de plusieurs siècles l'esprit public, amassèrent autour dutrône un orage (pie la sagesse la plus ferme eût seule pu dissiper.Vainement Charles X paya de sa personne affable et généreuse,vainement il couronna la France , si désireuse de gloire, des palmesconquises en Grèce et à Navarin ; vainement il lui conquit Alger .

Lopposition qui, dès la première session des Chambres sousLouis XV 111, sétait manifestée dans leur sein, avait peu à peugrandi en nombre, en talents et surtout en nationalité. En 1830,les choses étaient venues à mi véritable eontlit entre cette oppositionet le gouvernement du roi. Celui-ci, au lieu de reconnaître une vo-lonté nationale dans lexpression des vœux de la majorité des dé-putés, sétait cru obligé de dissoudre la chambre élective. Kestaitlopposition hardie, brûlante, quotidienne de la presse, contre la-quelle ne pouv aient rien les mille poursuites dun parquet souventinhabile. Les fatales ordonnances du 2(1 juillet, depuis long-temps,dit-on, dans la pensée de la cour, lurent alors soumises à la sanc-tion royale, et la reçurent. Contrai)ement à la Charte, clics sus-pendaient la liberté de la presse, convoquaient, une nouvelleChambre élective et restreignaient, les droits électoraux.

Nous ne raconterons pas ce bruit sourd qui, dès le 20 au soir,commença dans laris contre les ordonnances ; la protestation desjournalistes cont re leur mise à exécut ion , en ce qui les concernait.

Le cri de Vire la Charte! depuis long-lemps cri dopposition, re-tentit en un instant par tous les carrefours et communique deproche en proche aux poitrines populaires lenthousiasme de larésistance. Les rassemblements refusent de se disperser, et le 27déjà la force répond à la force. Les pavés arraches sélèvent enbarricades à l'entrée des rues, et arrêtent le passage des troupesqui ont mission dassurer le triomphe du gouvernement. Les ate-liers fermés en même temps, rcjettcnl dans limmense labyrinthede la capitale une foule exaspérée d'ouvriers sans pain, leu à poula résistance sorganise et prend le dessus. Les autorités civiles c;militaires sont contraintes de se retirer devant la protestation éner-gique de plusieurs centaines de mille de citoyens armés pour la |défense des lois ; enfin une commission municipale prend en main jà lHôlel-de-Ville la direction de la révolution. |

Charles X était alors à Saint-Cloud . Aucune mesure navait étéprise, tant on sattendait peu à de pareils événements. Il fallutcéder. On offrit de sa part le retrait des ordonnances, le rempla-cement des ministres qui eu étaient responsables. La commissionmunicipale répondit quil était trop tard.

En effet, laris, maître de lui-même, avait lui-même rétablilordre dans ses vastes entrailles et assuré sa propre sécurité. Lagarde nationale, dissoute par Charles en 1827, selait reformée sousles auspices de balayette : elle occupait tous les postes conjointe-ment avec, la troupe de ligne passée du côté du peuple, cl avait prispour devise : libel le, ordre imblic.