RÉGION DU CENTRE.
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RÉGION DU CENTRE.
CONTENANT LES SEIZE DÉPARTEMENTS SUIVANTS:
SEINE , SEINE-ET-OISE , SEINE-ET-MARNE ,
TONNE, EURE-ET-LOIR , LOIRET , LOIR-ET-CHER , INDRE-ET-LOIRE , CHER , CREUSE ,CORRÈZE , INDRE , NIÈVRE , ALLIER , PUY-DE-DOME , HAUTE-VIENNE .
APERÇU GÉNÉRAL.
Quoique Paris ne fasse point, par le fait, pal lie desrégions centrales, il est nécessaire de l’y joindre,comme étant le véritable centre du mouvement detout le pays; parlant donc de lui, et formant un ovalequi occupe à peu près le centre du royaume, nousavons dans cette région les seize départements nom-més ci-dessus.
Ces départements représentent une grande partie dePILE - DE - FRANCE, berceau de la monarchie capé-tienne, originairement peu favorisée de la nature, niaisaujourd’hui animée par l’immense action de la capi-tale qu’elle renferme, et semée de presque toutesles cultures possibles; la partie ouest de la vineuseBOURGOGN F ; l’ORLEAN AÏS, médiocrement riche deses vignes , de ses moissons, de ses manufactures ; laTOURAINE , si célèbre pour la douceur de son climatet la beauté de quelques unes de ses parties; le RERRY,pays d’étangs et de marais, mais aussi de pâturages,et assez productif en laines, chanvres, vins blancs; leNIVERNAIS, presque tout forestier; le BOURBONNAIS ,dont les sites pittoresques et les eaux minérales altirent les malades et les curieux, d’ailleurs sans pres-qu’aucun commerce; la MARCHE, pauvre sous tousles rapports; le LIMOUSIN , la plus belle province deFrance , selon un célèbre voyageur (Arthur Young ); laDASSE-AUVERGNE, qui renferme la fertile L1MAGNE,cl que trouvent infiniment plus belle ceux qui pré-fèrent le grandiose au joli.
On se tromperait en jugeantpar eux delà population,des richesses territoriales, du commerce, du degréd’instruction, de la généralité des départements.Les grands royaumes ont presque toujours un aspectcontraire à celui des grandes villes. Tandis que l’ontrouve à l’entrée de celles-ci des faubourgs malpropres,peu riches et disgracieux, qu’il faut traverser pourarriver aux édifices somptueux, aux mouvementsprincipaux de la population, qui sont presque tous aucentre; dans les grands royaumes, et même les petits,comme le commerce entre les nations, qui est le pluslarge développement de l’échange entre les parti-culiers, forme une des premières richesses des peu-ples, et comme ce commerce a surtout ses entrepôts,ses officines, ses laboratoires sur la frontière, c’est là
que sont, au contraire, presque toujours les grandes,populeuses, manufacturières et riches cités. Or, celles-ci ne sont guère sans communes rurales analogues.
En outre, comme le défaut de lumières dans unpays tient le plus souvent à sa pauvreté, la frontièredoit être plus éclairée que le centre, qui n’a, pourélément de vivification, que la capitale, d’ordinaireplacée dans son cercle, soit par l’agrandissement pro-gressif de l’état sorti d’elle, soit par un instinct deconservation naturel à tous les peuples continentaux.Par conséquent, l’agriculture de la frontière est plussoignée, moins routinière; son industrie plus auda-cieuse et progressive. Ajoutons que c’est à la frontièreque se trouvent les grandes garnisons qui portent tantd’argent dans le pays en temps de paix, et les animentà un si haut degré; garnisons remplacées sur le littoralmaritime par le grand mouvement des ports. Tenonscompte enfin delà rivalité entre les voisins immédiatsde nation différente, rivalité nulle au centre ; et nousne nous étonnerons point, si, hors Paris et son rayon,jusqu’à une trentaine de lieues, la région centraleest en arrière des autres sous bien des rapports.
Nous n’y trouvons, en effet, aucune ville de commcrce du premier ordre, pas même Orléans , si biensiluée.Elles n’ont pas, à elles toutes, un nombre d’écolesprimaires égal à celui que donnerait le ressort des deuxpremières académies venues du nord-est. L’Orléa nais , la Touraine , la partie de la Bourgogne quiforme le département de l’Yonne , sont agricolemenlriches, mais sans grande industrie. La raffineried’Orléans , sa bonneterie et la ganterie de Blois , ensont le nec plus ultrà. Le Berry a ses moutons renom-més ; la Nièvre est le cinquième département de laFrance pour l’importance des forêts, et en tire assezbon parti. Au-delà, la Marche, le Bourbonnais, leLimousin , riches en pâturages, en bestiaux et en dota-tions minérales, sont obligés de suppléer par la châtai-gne, à ce que le sol, insuffisamment cultivé, ne leurdonne point en céréales. La coutellerie de Moulins , laporcelaine de Limoges , sont leurs produits industrielsles plus distingués ; une partie de leur population vachercher ailleurs sa vie. La Basse-Auvergne rivalisepour tout avec les départements les plus favorisés.