RÉGION nu CENTRE.
PABlS ACTUEL-
(Voir le plan dont les chiffres et les lettres correspondent avec le texte.)
Home, pour la majeslé des souvenirs cl la magnificence des mo-numents, Londres , pour l'étendue, la population et le commerce,remportent setds sur Paris . Tour le reste, la métropole de laFrance est la métropole du monde : c’est la reine des arts , dessciences, du luxe, des plaisirs, de tout ce «pii est grand et glo-rieux, mais aussi de tout ce qui est petit et vain ; et la riche cité•le la Seine partage avec la riche cite de la Tamise le triste sceptrede la corruption et de l'affreuse misère. Quant à la France en par-ticulier, elle en est dans toute la force du terme la capitale fcapulj,la tête. Kllc contient un trente-deuxième de sa population, en faitvivre une énorme partie (en lui demandant ses produits agri-coles et manufacturiers contre de l’argent ou des échanges), donnela haute instruction à presque toute ; la dirige dans les voies de lapolitique, de la littérature et des arts; paye plus d’un douzièmede ses charges publiques, a encore son revenu municipal de 45millions, et fournil passé le cinquième des objets de commerce•pii s’exportent du pays.
Taris est, pour l'administration intérieure, sons la surveillanceimmédiate du ministre de l'intérieur, du préfet de la Seine et d’unpréfet de police. Les fondions municipales sont partagées entredouze maires , préposés chacun à un arrondissement, (iliaque ar-rondissement a un juge de paix et quatre commissaires de police ,surveillant chacun un quartier. Les neuf premiers arrondisse-ments s’étendent sur la rive droite de la Seine ; les trois dernierssur la rive gauche.
Comme ville, son aspect et ses manières d’être sont des plusvariés. Néanmoins, on peut la diviser en quatre grandes cités biendistinctes, qui elles-mêmes contiennent des nuances diverses ,mais d’un détail trop long pour notre but. Ainsi parcourez unepartie du faubourg du Houle et de la Chaussée-d’Anlin, en totalitéles quartiers des Champs-Elysées , de la place Vendôme, des Tui leries , des Invalides , une portion du faubourg Saint-Germain, duquartier du Louvre, vous admirerez presque partout, la ville mo-numentale, la ville aux grandes avenues, aux grandes places ,aux larges quais, aux grands établissements publies. Suivez aucontraire les quartiers du Palais-Royal, de Feydeau , du faubourgMontmartre , des Marchés , de la banque de France, du faubourgSaint-llenis, delà porte Saint-Martin, du Temple et des Lombards,vous trouverez, encore bien presque partout la grande et richeville, mais la ville où le terrain et le temps sont chers, la ville activedes marchands et, des industriels empressés, la ville aux maisonsliantes, aux rues sans soleil, aux boutiques obscures mais confor-tables,au trottoirs encombrés. Tassez ensuileaux quartiers Sainl-Avoye.des Areis, traversez les rues silencieuses du Marais, quiforment une ville particulière,remontez à Topinconrl, au faubourgSt-Antoine, au quartier des Quinze-vingts ; puis redescendez versl’Arsenal , l’Ilôtcl-de-Ville, la Cité , le I’alais de Justice, File Saint-Louis, le quartier Saint-Jacques et, Saint-Marcel, vous aurez laville des travailleurs pauvres, dos petits marchands, souvent de-là misère, la ville , que l’autorité semble dédaigner d’embellir, dontla population est bave, chétive et parfois pitoyable: quittez vile,en priant pour lui et le Ciel et les hommes, eet'amas d infortunes ;jetez-vous vers le Jardin-du-Hoi, les quartiers de l'Observatoire,de l’Ecole de Médecine, du l’anthéon, de la Sorbonne, du Luxem bourg , delà Monnaie; prenez en partie ceux de Saint-Thomasd’Aquin et Saint-Germain, vous vous trouverez dans la ville desétudiants, dés professeurs et des artistes, des libraires et des pen-sions , des collections cl des établissements scientifiques.
Sinous passons au détail de Taris, nous y compterons 1340rues , et 131) impasses, 177 passages, 100 places, 32 carrefours ,34 quais, 22 ponts, 18 poi ls , autant de boulevards , 30 marchés ,(i balles, 5 abattoirs, 37 églises, 7 temples consacrés à divers cul-tes, 30 hôpitaux ou hospices militaires ou civils, 42 casernes detous les ordres , 14 prisons, 17 théâtres de premier et second or-dre, 13 du troisième et quatrième , 10 palais , (i grands hôtels, 115fontaines, 500 bornes-fontaines , 35'bibliothèques, dont 10 à lieuprès entièrement publiques, 20 musées , 3 grands jardins publies,2 grands champs, 7 collèges, 18 grandes écoles ou institutionsroyales, environ 50 grandes sociétés littéraires, scientifiques,philanthropiques, etc. 11 s’y publie plus de 30 journaux quotidienset de 50 hebdomadaires.
Tour donner une idée du mouvement de la population dans laplupart des quartiers, il nous suffira de dire, que l’on comptea Taris plus de 1500 fiacres ou citadines, plus de 1000 cabrio-lets, ('lus de 1500 voilures de remise ou de louage ; plus de 000voitures Omnibus, liâmes blanches, Tarisiennes , Béarnaises ,Hirondelles , etc., qui contiennent jusqu’à 15 voyageurs; qu’onestime la recette annuelle de ces voilures à près de vingt millions ;ajoutez à cela 2500 voilures de maître, (>000 charrettes, baquets,etc., les diligences traversant la ville, les cbars-à-banes , voilurespubliques pour les env irons, etc., et vous arrivez au chiffre énormede 18 à 20,000.
Nous n’entrerons dans aucun detail pour la consommation, ilnous suffira de citer la somme annuelle de la consommation dupain, qui est à peu près de 58 millions de francs ; le pain, valant12 et tl sous les quatre livres, le chiffre de la consommation del’eau est peut-être plus curieux : on l’edime à 4,500,000 li anes, à2 sous la voie.
Parmi la roule d’établissements que l’on peut ranger dans lescatégories ci-dessus et d’autres particuliers', il faut mentionnerà divers titres les belles rues de la Paix , de Rivoli, de Casliglione,Rouelle, ueure Yivienne, les passages des Panoramas, Y i demie, Col bert , Yéro-Dodat, de l’Opéra, Ckuisetil.
Les Places : De la Concorde (al, où s’élève l’obélisque de Tlièbes(Luxor), et où Toril embrasse la vaste promenade des Champs- Elysées
, l’Arc de l'Etoile , le palais Bourbon , le Garde-Meuble, lepalais et le jardin des Tuileries , celle du Carrousel (1), entre leLouvre et les Tuileries , ornée d'un are de triomphe construit surle modelé de celui de Septime-Sévère , à Home; la place Ycndôme(b), que décore la colonne triomphale de la grande armée, sur-montée de la statue de l’empereur en costume populaire ; de lalloursc (0); des Yietoircs (c), où Ton voit la statue équestre enbronze de Louis XIV ; la Place royale (, (H, entourée d’arcades etornée d’une statue en marbre de Louis Xlll ; de la llaslille (e), quesurmontera la colonne triomphale de Juillet -, âr ta Madeleine ( 24);du Châtelet (f), qu'embellit une fontaine surmontée d une colonne;de l’Hôtel-de-Yüle ou de (Itère (13), si célèbre dans les fastes de-là révolution ; Vauban (g), derrière l’bôlel des Invalides ; de Pun-tenoy (li), derrière l’Ecole militaire.
Parmi les 22 ponts qui réunissent les deux rives de la Seinenous citerons
Les Ponts : D’Icna (a) ; des Invalides (b) ; de Louis XYI ou de laConcorde (e) ; Royal (d) ; du Cari ousel (e, ; des Arts (f) ; Pont-ÎS’cuf(g), au centre duquel on voit sur un terre-plein la statue éques-tre d’Henri IV ; de Louis-Philippe (h); d’Austerlitz (i).
lin palais et édifices publies sont remarquables :
Edifices pcuLir.s : Le Château des Tuileries (|i, résidence du roiet de la famille royale ; les palais du Louvre (2 bis) et sa magnifiquecolonnade j du Luxembourg (3), où siège la Chambre des pairs , etson beau jardin public; de Bourbon (4), où siège la Chambre desdéputés ; Royal (2), résidence des ducs uis , avec un jardinpublic entouré de quatre galeries garnies de cafés et de richesboutiques; de Justice (5); de la lloursc ((>), édifice magnifique, oùsiège le tribunal de commerce; de l'Elysée-Bourbon (7), superbemaison de plaisance ; de l’Institut (8); de lu Légion d’Honneur (9) ;du quai d’Orsay (9 bis), à côté du précédent ; des Invalides (HP , dontle magnifique dôme doré s’élance, dit-on, au-dessus de tous lesmonuments de la capitale. 3 5 4000 vieux guerriers sont entretenusaux frais de l’Etat dans cette splendide demeure. Son église, quirenfermé les trophées conquis par nos armées, est remarqua-blement belle; le Panthéon (11), imité de celui de Home ,1e plus beaumonument moderne de Taris, destiné à recevoir les dépouilles mor-telles des grands hommes, qui ont bien mérité de la patrie ; VProieMilitaire (12), vaste édifice avec une belle façade sur le Champ- de-Mars ; V Hôlel-dc-YiUe (13), d’une construction semi-gothique ;Y Hôtel des Monnaies (14). et enfin P Observatoire (15).
Les Eglises remarquables sont : Xotre-Ikune . ou la Métropole(I0) , monument admirable de Tarebitecture gothique ; Saint-Sul-picc (17) ; Sainl-Gcrmain-des-Prés, la plus ancienne de Taris (18);Saint-Rocli, l’église paroissiale de la cour (19) : Sainl-Puslurhe (20) ;Saint-liticnne du Mont (21), d’architecture mauresque ; Saint-Gcr-wain-i Auxerrois (22); l'église du Yal-de-Grdce (23) ; de la Madeleine(24), magnifique édifice dans le style grec, dont l’intérieur seradécoré de jieintures exécutées par nos premiers maîtres ; Xotre-Ikirnc de Loretta (24),'dans le style italien, richement ornée dansl'intérieur.
Parmi la foule des autres édifices et établissements scientifiqueset littéraires, nous citerons : la Sorbonne (25) ; l’Ecole de droit (20) ;l'Ecole de Médecine (27); l’Ecole polytechnique (28); l’Ecole desBeaux-Arts (29) ; l’Ecole des Mines ; le Collège de Prunce ; le Conser vatoire des Arts et Métiers (30); l’Ecole normale; l'Ecole d’état-ma-jor ; les bibliothèques du Roi (31), la plus riche du monde; celle del’Arsenal ; deSainlt‘Geneviève ; Mazarine , dans l'Institut ; les Muséesdu Louvre ; ceux du Jarriin-des-Planles (32); Dupuylren ; d’Artille-rie-, du Luxembourg ; la Manufacture royale des Gobelins ; l’Ins-titution royale des Sourds-Muets, etc.
Parmi les théâtres, nous mentionnons : L'Académie royale demusique (33); le Théâtre Français ; Yentadour (31) ; Italien ($5); del’Opéra-Comique (30); de l’Odéon (37); de la Porte-Saint-Martin ;Gymnase dramatique ; Cirque olympique (38).
Puis la Halte ail JTc(39) ; le Marché des Innocents (40) (-1 sa bellefontaine; celui de Saint-Germain ; les Greniers de résèn-e ( ■11) ; laPoire perpétuelle de Saint-Laurent (12) ; les Abulioirs (43); Va iialleaux Yins (44), unique au monde, etc.
En hôpitaux et prisons : L'Hôtel-Dieu , près de la cathédrale-hôpital de lu Pitié (45): de la Charité Snint-1 nuis- c,,;.,, ..d
mont Louis, la plus fastueuse des quatre nécropoles actuellementouvertes. Les ossements retirésdes anciens cimetières de ! intérieuren 1780, ont été, comme nous l’avons dit, déposés dans les cata-combes. Hien n’est plus curieux et plus imposant-que ces vastessouterrains habités par les mânes de plusieurs millions d'indi-vidus.
Il nous reste à dire un mot des Parisiens . Rien d'extrêmementoriginal ne le distingue. Le contact de chaque heure avec toutecette- foule si bigarrée, si hétérogène qui le coudoie,, a henucom)altéré son type primitif. \ if, éveillé, actif, naturellement bon etserviable, quoiqu’en fait un peu méfiant .enthousiaste, inconstantet mobile, mais jamais découragé, il joint, à beaucouj) d'intelli-gence, un dédain singulier de tout ce qui n’est pas sa ville, uneinsouciance remarquable du lendemain. Ces deux caractères fi-nissent même par gagner celui qui a vécu long-temps à Taris, et ,si Ton peut jiarler ainsi, tiennent .peut-être a l’atmosphère de la
scsx té-
grande capitale. Nulle part non plus ou ne s’occujie moins devoisins; nulle pari cependant Ton ne sacrifie davantage à Te ...rieur. Se connaissant peu, se perdant de vue facilement , on juge,d'abord au moins, sur l’habit.