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RÉGION DU CENTRE.
départements.
ASPECT PHYSIOLOGIQUE
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Arrosé par la Seine réunie à laMarne , et l’Oise dans sa partienord, ce département, qui en-toure dotons côtés le précédent,est plus fertile et plus animé danscette partie que dans l'autre. Là,s’étendent la belle vallée de Mont-morency , appelée le Jardin deParis , et qui l’est on effet ; puistoute celte suite de paysagescharmants qui bordent la Seine au sortir de la ville. Là aussi sontles grands mouvements du fleuvetoujours animé par les transportsde marchandises ou les légersbateaux à vapeur; et du marchéde Poissy qui produit à ta ville deParis un revenu de 1,500,000 fr.
I)u reste, rien de plus varié quela physionomie de Seine-et-Oise :partout de belles forcis, de beauxchamps, des parcs superbes, desmaisons de plaisance, de riantseût eaux, rompant la monotoniedes plaines fertiles. Mais l’activitédes habitants ne répond pas à cequ'on pourrait attendre du voisi-nagede la capilale.Leurs manièresseules se ressentent de ce voisina-ge, et sans les milliers dç visi-teurs étrangers et Parisiens quirépandent de l’argent dans le pays,la cherté de la vie pourrait leurfaire regretter d'être placés si pro-che d’un foyer qui attire tout à lui.
Plusieurs établissements d'agronomieet d'horticulture, parmi lesquels on dis-tingue la ferme expérimentale de Ram bouillet , l’institution royale agronomi-que de Grignon, le jardin botanique sanspareil de ITomonI, propriété de M. Bo-din , donnent une vie agricole remar-quable au département ; le vin seul luimanque ; mais les fruits superbes de sesvergers , les chênes de ses inagnillquesforêts royales et particulières, peuventle consoler de cette privation.
Dans le flanc de ses collines, de sesplaines, il exploite la craie, le grès (sur-tout à Etampes ), le gypse, le marbre, lapierre à bâtir, le kaolin , la tourbe (à Hs-sone et à Lusarches) ; ses eaux sulfureu-ses d’Enghien sont connues. Il offre auxgourmets les poissons renommes de sesrivières.
Comme industrie ouvragée, ses por-celaines de Sèvres , ses toiles peintes deJony priment le reste. On peut citer aussiles armes qui sortent de la manufacturede Versailles et les poudres d’Essone .D'ailleurs la mouture des grains occupeun grand nombre d'individus. Vient en-suite le travail des peaux (à Manies et àCorbeil ), des laines, du colon, du chan-vre. On y fabrique des masques pour lesfolies parisiennes, des papiers, du sucreindigène, des produits chimiques , deshuiles, etc.
CHEFS-LIEUX.
CHEFS-LIEUX
D'ARRONDISSEMENT.
Versailles est une belle ville ,dont ledéveloppementnemanqucpas de grandeur ; mais depuis quela cour de France n’y répand plusle bruit de ses fêtes, nulle cité nel’égale peut-être en tristesse et ensilence. Les maisons sont pour laplupart désertes, et son enceintene s’anime qu’au jour où la popu-lation parisienne y est appeléeparle jeu des grandes eaux du parc.Les merveilles de ce chef-d'œuvrede Lenôtre, et du château, ont étédécrites cent fois.
Evêché. 28,500 habitants.
Leroi parles travaux qu’il a faitexécuter, pour rendre à ce châ-teau son ancienne splendeur, eny ajoutant même un musée histo-rique des plus remarquables, arendu depuis peu la vie à la villedélaissée. Bientôt aussi deux che-mins de fer doivent la lier, d’unemanière plus intime, à Paris , etassurersa prospérité renaissante.
Versailles possède un magni-fique collège royal et beaucoupd’autres établissements d'instruc-tion. Nous citerons encore legrand et le petit Trianon, châ-teaux de plaisance situés à l’extré-mité du parc.
Sur la Seine , estremarquable par songrand commerce degrains. S.-E.MOOOhab.
Plus peuplée et plusconsidérable, est uneville très ancienne ettrès commerçante. S.8000 habitants.
RAMBOUILLET ,Proche d’une forêtsuperbe, possède unchâteau célèbre dansles fastes de la cour.François 1 er y mourut.S.-O. 3000 habitants.
PONTOISE ,Vieille cité surl’Oise,de 5000 habitants , faitun commerce renomméde grains, de farine etde bestiaux. N.
MANTES,
Par sa riante positionsur la Seine , a méritéqu’on la surnommât tajolie. Les druides l'ontfondée, dit - on ; sonégjise gothique pré-sente de grandes beau-tés. N.-O. 4000 hifbit.
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Presque tout plaine, si ce n’estvers Fontainebleau , où tentent des'élever des ébauches de monta-gnes , arrosé au sud par la Seine et l'Yonne , au nord, par la Mai ne,qui l’expose à des inondations.
I Coupé par de nombreux étangs,I le département de Seine-el-MarncI ne présente qu’une alternative îleI champs et de forêts. Ce que l’on y/remarque au premier abord,c’estune agriculture particulièrementIbien soignée, un jardinage ana-logue , une heureuse activité com-merciale , due au voisinage deParis , aux 30 routes , aux riviè-res , aux canaux du Loing et del’Oureq , qui sillonnent le pays.
Les habitants qui n’ont point,comme ceux de Seine-el-Oise,mille curiosités pour les nourrir,travaillent avec ardeur et tirentun parti vraiment unique de leuri position et de leur sol fertile.
Les terres de Scinc-et-Marne sont su-périeurement cultivées, et grâce aux en-grais, leur fertilité est extrême. Grains,fourrages, fruits s’y récoltent en abon-dance; le bon vin manque, mais Melun fabrique avec ses alentours une assezforte quantité de cidre. Les raisins deFontainebleau ne se vendent que pourla table. Tout le monde a entendu parlerdes fromages de Brie. Provins cultive sarose médicinale, en fait grand commer-ce , et nourrit force abeilles.
Le département , en général, a debeaux troupeaux de moutonsàlaine fine.Ses bois superbes abondent, la plupart,en petit et gros gibier. L’exploitation descarrières de grès à paver, surtout dansla forêt tle Fontainebleau , de pierresmeulières, celles-ci à la I’erlé-sous-Jouar-re, y occupe une partie de la populationouvrière. En industrie manufacturièrenous n’avons à citer que la faïence deMontereau , les papiers de tenture et au-tres dp diverses localités.
Melun est une vieille ville,qui n'a rien de fort remarquable,si ce n'est peut-être sa positionassez riante au pied d’une colline.La Seine la divise en trois quar-tiers ; celui de Saint-Aspaïs, leplus considérable, présente uneéglise grandiose, quoique bizarre,ayant de superbes vitraux.
MELCîS.
7000 habitants.
C'est à une lieue de Melun quese trouve l'ancien et magnifiquechâteau du fameux surintendantFouquet , Vaux-lès-Praslin.
COULOMM1ERS,Peuplé de 4000 habitants environ, se faremarquer par son ildustrie. N.-E.FONTAINEBLEAU ,Qui a une populatiodouble, doit surtout scélébrité à son châtearoyal et à sa forêt nuignillque. C’est unevillneuve. S. 0000 habitMEAUX ,
Divisé en deux paitics, la ville et le maiehé, s'enorgueillit dson commerce et desoévêché, qui fut oceiq:par Bossuet . N. 9000 1PROVINS,
Cité déchue de sa cilébrité du moyen âgeest située agréalabkment. S.-E. 5000 liai
Loi initiales S., O-, K., places à la mite d'un chef-lieu d’anouduseinenl, iudi pie sa pas lieu >euu, t>a>, Ouest tl i;*t, par rapport au chef-lieu de dépaoteimut.
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RÉGION DG CENTRE.
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HOMMES UTILES
LIEUX REMARQUABLES.
BT CÉLÈBRES.
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Dans l’arrondissement de Versailles setrouvent : Saint-Germain en Layc, la se-conde ville du déparlcmentaprès le chef-lieu , fréquentée des étrangers pour l’im-mense et beau point de vue que l’on em-brasse du haut de son château fameux.Un chemin de fer, récemment établi, lalie à la capitale. La Malmaison , séjourde l'infortunée Joséphine Beauharnais ;Poissy , célèbre par son marché de bes-tiaux et sa maison de détention ; Sl-Cyr,où est l’école de nos officiers d'infante-rie ; Sainl-Cloud et son parc si connus ;Mention, avec son bois célèbre. Sèvres etsa célèbre manufacture de porcelaine.
Palaiseau , Argenlcuil , Monllhéry etses fortes tours, d’où des seigneurs pil-lards tourmentaient le voisinage ; l’activeet industrielle Essonc ; Brunoy , fameuxpar son château dans le dernier siècle, etArpajon , sont dans l’arrondissement deCorbeil ; celui J’Etampcs nous offreMonlforl-ÏAmaury, et les ruines de sonchâteau aux admirables points de vue;Chevreuse , petite ville au nom historique.
Dans l’arrondissement de Pontoise,Enghien ou Montmorency excitera noirecuriosité ; on l'appelait Emile pen-dant la révolution , comme ayant étéle séjour de J.-J. Rousseau , tandis qu’ilcomposait l’ouvrage de ce nom.
Dans l’arrondissement de Mantes ,outre Ecouen et sa maison d'éducation,annexe de Saint-Denis , plus considéra-ble sous l'empire; nous trouvons Rosny plein des souvenirs de Sully et de la
mère du jeune Henri de Bourbon ; /Jour-dan, dans l'arrondissement de Ram bouillet , a 3000 habitants.
Dans l’arrondissement de Melun , Brie-Comte-Robcrl eut quelques beaux joursnu moyen âge ; on y prépare aujourd’hui• une énorme quantité de plumes à écrire.
I Dans celui de Fontainebleau, Cluitcuu-j Landon, Montereau , qui compte 5000| âmes, et occupe une position avanta-geuse au. confinent de la Seine et del’Yonne . Nemours , jolie ville de -1000 âmes,bien bâtie, à la sortie de la forêt deFontainebleau, ont des noms histori-I qnes ; Morel, sur le canal de Loing, nousoffre un château du 15 e siècle.
Dans l'arrondissement de Meaux, nousavons la Ferlc-sous-Jouarrc, qui joua unrôle pendant les guerres de religion ; puisI le bourg de Chelles , où fut celle fameuseabbaye de Chelles , fondée au 7 e siècle,par Balhilde, femme de Clovis II . La joliei petite ville de Nangis , sur la route deI Paris, dans celui de Provins . Enfin, danscelui de Coulommiers , Rosoy, pelile viilcde 2000 habitants , et, dans son voisi-nage, le château de Lagrange, qu’habi-| tait le vénérable LafayeUe.
Dans le département sont nés : Phi lippe-Auguste ; Robert de Lusarches,qui s’immortalisa- par la construc-tion de la cathédrale d’Amiens ; saintLouis; Charges IX; Duplessis Mornay ,ambassadeur et auii de Henri IV ;Sully, son grand et digne ministre;Guy-Patin , le médecin satyrique ;Louis XIV ; le moraliste La Bruyère ;puis le poète Chaulieu ; le grammai-rien Boinvillicrs ; Eouis XVI et sesfrères ; Cléry , si fidèle â ce princeinfortuné; Ducis , non moins célèbrepour ses vertus et sa bonté que parses belles tragédies, imitées du poèteanglais Sehakespcarc ; l’abbé de l’Jï-pce, instituteur des sourds-muets;Tullien , l’un des membres les plusfameux de la convention et du direc-toire; les généraux Iloche, Leclerc clBerlhier; les députés de I.amclh ; enfinles célébrités de nos jours dont lesnoms suivent : Geoffroi Sainl-Hilaire,rival du grandCuwcr; le botaniste Ri-chard; M. de Sacy; Madame de L.aroche-jacquclin ; Gourgaud , aide-dc-camp del’empereur; de Jouy, si populaire ily a 12 ans; Tissot, du collège de France ; Fontaine, architecte du roi.
Amyot , grand-aumônier de France sous Charles IX , connu par sa belletraduction de Plutarque ; avant lui,les poètes-troubadours Guyot de Pro vins,au 12 e siècle,et Thibault de Cham-pagne, amant de la reine Blanche.Dancourt , un de nos comiques dusecond ordre ; Le Valentin , un de nosbons peintres ; Claude. Lefèvre , qu’onappela le second Van Dyck ; Lan tara,paysagiste distingué; l'abbé de Vgisc-n on, célèbre par son esprit ; le célèbreorateur Mirabeau; Résout, le mathé-maticien. I.es deux bibliographes Bar-bier, sont nés dans Seine-Marne .
SOUVENIRS HISTORIQUES.
L’histoire de Scine-cl-Oise suit, pour la marche principale, celle delàSeine . Quant aux faits particuliers, elle est, depuis Hugues-Capet , quipossédait le pays en propre, jusqu’à Louis Xlll,un résumé de petitesguerres entre seigneurs, et d’aventures féodales oubliées.
Louis Xlll fit bâtir le premier châleau de Versailles cl s’y fixa. Sonexemple attira des seigneurs aux alentours, et Cinq-Mars entre autres.Eouis XIV, comme chacun sait, fit à l’aide de Mansard, de Lenôtre etd’autres grands artistes, disparaître ce château pour le chef-d’œuvre demagnificence qu’on admire encore aujourd’hui. Versailles devint alors lethéâtre de fêles non interrompues. Molière y fil jouer scs pièces, et Racinecomposa pour Sainl-Cyr, alors institution de jeunes tilles, son immortelleEsllier. Depuis, Versailles s'endormit un peu; cependant à la (ln du règnede Louis XVI les nolabless’y assemblèrent, et le serment du jeudepaume,qui commença la révolution, la fit tressaillir avec la France entière. Cefurent presque ses derniers jours de bruit. Saint-Cloud , où avait été as-sassiné Henri 111 par J. Clément, Saint-Cloud embelli en même temps,Saint-Cloud , où avait été décidée l’élévation de Bonaparte à la dignité deconsul, la remplaça, et fut, avec les champs de bataille, le séjour le plushabituel de l’empereur. Aujourd'hui, par les fondations du roi I.ouis-l’hilippe, elle semble avoir repris un pou de cette vie qu’elle avait perdue,et on a tout lieu d’espérer que les fêtes de 1837 seront pour elle le com-mencement d’une ère nouvelle de prospérité.
Monllhéry rappelle la fameuse bataille qui, sous Eouis XI, termina laligue du bien public. A La Roehc-Guyon fut tué misérablement, en 1515, levainqueur de Cérisolles. Au hameau de Vauburicr fleurit long-temps lemonastère de Tort-Royal.
Le fils de Napoléon partit en 1814 de Rambouillet pour sa tombe deVienne; seize années après Charles X en partit pour sa tombe de Goritz.
Poissy appartenait jadis au domaine de la couronne, et quelques reinesde France , entre autres Blanche, mère de saint Louis, y firent leurscouches; plus lard, sous Charles IX , il s’y tint, dans une ancienneabbaye, aujourd'hui détruite, une sorte de conciliabule entre les doc-teurs protestants et catholiques, lequel est connu dans l'histoire sous lenom de colloque de Poissy , et qui, après avoir duré deux mois, ne filqn’cnvenimcr les haines religieuses.
Le château de Fontainebleau est l’endroit du département auquel serattachent le plus de souvenirs : il date du 12 e siècle et fut successivementembelli par les princes jusqu’à Henri IV , qui en fit son séjour de prédi-lection. I/an 1G85 Louis XIV y signa la révocation de l’édit de Nantes . I.cgrand Condé y mourut en 1880. Christine de Suède , qui l’habita sousLouis XIV , y fit assassiner son amant Monaldeschi . Louis XV y épousaMarie de Pologne; et l’empereur, Marie-Louise en 1810. Ln 18121e papePie Vil y fut retenu cl y conclut le concordat. Deux ans après Napoléon y dit adieu à sa garde, alors que sa victoire de Montereau fumait encore.Enfin, en 1837 le mariage entre le fils aîné du roi Louis-Philippe et la prin-cesse Hélène de Meeklcmbourg y a été célébré. La ville de F'onlaine-bleau n’est ville que depuis la révolution. Melun , bâtie sur l’empla-cement de l’ancienne Melodunum , définitivement réunie à la couronnepar Charles V , eut hoc histoire active sous les premiers rois delà huitièmerace et pendant l’invasion anglaise . Alors elle résista quatre mois auxarmées réunies d’Angleterre ; le seigneur de Barbason la commandait. Dixans après elle chassa ses vainqueurs. Ln 11U) Jean-sans-Peur futassassiné sur le pont de Montereau . Avant cela Meaux avait été pillé parles insurgés de La Jacquerie. Celte ville, alors plus considérable qu’an-jourd’hui, eut beaucoup à souffrir, de même que / a Ferle', des guerresdu 10 e siècle. Elle conserve les cendres de Bossuet . Provins , sous les comtesde Champagne , compta , dit-on, jusqu'à 80,000 habitants, son commerceétait considérable, les seuls fabricants de draps y avaient 3000 métiers.
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