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La France géographique, industrielle et historique générale et départementale / précédée de notions sur la géographie universelle et comparée avec les autres états de l'Europe par G. Heck ... avec texte de Léon Plée ...
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RÉGION DG CENTRE.

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ASPECT PHYSIOLOGIQUE

DU PATS.

PRODUCTIONS

AGRICOLES ET MANUFACTURIÈRES .

L'Yonne est un (le nos plusbeaux, sinon de nos plus richesdépartements. Quelques-unes descs parties, comme le rayon d vallon , rappellent les beaux etriches sites de la liasse-Suisse .Sillonné par des collines peu con-sidérables, il présente à la vigne,outre une position favorable, unde ces sols sablonneux qui lui con-viennent ; puis, alternant aveccelte terre vignoble, des couchesargileuses, au-dessus desquellesse balancent les belles forêtsdOthe, de Fretoy, dIlallein etautres semblables. On y voit ausside nombreux étangs.

LYonne communique à sesbords une activité commercialeremarquable. Dautres rivières etle canal de Bourgogne arrosent ledépartement. Les habitants sontfrancs , ouverts. On sent, à leuraspect, la vérité du dicton : Lebon vin réjouit le coeur de lhom-me. On leur reproche dêtre rou-tiniers en agriculture et de nepas faire rapporter tout ce quilpourrait à leur heureux torrilo're.

La vigne qui fournit les vins dA val-lon , dAuxerre , de Joigny , de Coulan-ges , de Chablis de Tonnerre, les pâtu-rages, les bois des forêts dont on fait unexcellent charbon , sont les principalesrichesses de lYonne ; les bestiaux ypourraient être plus abondants ; leschamps rapportent du blé et de lavoineplus quil nen faut pour la consomma-tion locale.

En richesses minérales, nous trou-vons dans lYonne des mines de fer, desgrès, du granit rouge , des pierres litho-graphiques , des sources minérales fer-rugineuses , comme celles de Toucy , deVillcfranchc , ou comme la source saléede Ve/.elay, appelée la fontaine de sel,ou comme encore la fontaine pétrifiantede Véron.

Lindustrie sexerce surtout sur la pré-paration des laines , du fer, des briques,du verre, du papier, des pierres à fusil.La tonnellerie dAvallon est renommée.Les charbons de bois, que fournit le dé-partement , ont, sous le nom de charbonde lYonne , une réputation supérieure.Ils forment presque tout l'approvision-nement de laris.

Cest aux approches de la mois-son quil faut parcourir VFurc-ct-loir, et surtout le pays sélèveChartres , pour en admirer la ri-chesse. Ici, la vue se perd au loindans des épis ondulants ;, degrands troupeaux de moutonscherchent lombre sur la lisièredes forêts. Ailleurs, les branchesdes pommiers menacent déjà deployer sous leurs fruits. Dans lesvillages , cest un encombrementde voitures, de moissonneurs ve-nus de loin, un caquetage confusde gens, et de volatillcs effarou-chées par le bruit insolite de leursbasses-cours. Cest partout un airde confort et de gaîté sur des visa-ges ouverts et bien nourris. Maisque lhiver arrive, rien de plustriste que ces grandes plaines,presque sans arbres, de la Beauce.Le Perche plus boisé, mais beau-coup moins fertile, sans avoirjamais cet aspect de richesse quenous avons dit, ne manque pasd'une certaine variété. Ses habi-tants sont beaucoup moins aiséset éclairés que ceux des alentoursde Chartres .

La plus grande richesse de lEure-et- Loir , consiste dans les céréales dont cedépartement exporte trois fois autantque tout autre moyennement favorisé.Ses troupeaux de hêtes à laine, ses bêtesà cornes, sont nombreux partout et prin-cipalement dans le pays qui entoureChartres ; lindustrie est toute agricole. Lefermier est cultivateur et marchand. 11spécule surtout sur les grains et les vo-lailles qu'il engraisse. Ailleurs, il se faitde grandes cultures doignons et de hari-cots. Dans les villes , on prépare beau-coup de comestibles : les pâtés de pluvierde Chartres sont renommés.

11 y a dans le département, des filatu-res , des papeteries , entre autres à So-rel, près Saussay;des fabriques de drap;quelques forges; la fonderie de fer deFoulonval est connue.

On exploite des tourbières à Anet,Saitssay, Oulins, Rouvres, et dans beau-coup dendroits des bancs dargile à bri-ques , à poteries , et même à faïence fine.Iuis des carrières de bonne pierre cal-caire. A Epernon , il se trouve des grèsestimés. On cite encore quelques usinesde fer.

CHEFS-LIEUX.

CHEFS-LIEUX

jdakrondissement.

Auxerre , vieille ville, souventdétruite, est située sur larive gau-che de lYonne , au milieu de paysvignobles, dun aspect pittores-que. On y voit quelques beauxédifices, entre autres la cathé-drale, léglise de Saint-Pierre, lapréfecture, jadis le plus beau pa-lais épiscopal de France , lathé-née, un beau quai et de bellespromenades.

AVALLON ,

Sur un rocher, sem-ble commander auxvallées environnantes.Près de 0000 habit, for-ment sa population. S.

JOIGNY ,

Peuplée de5000 hab.,sur lYonne , na de re-marquable que ses en-virons et ses églises. N.

AUXERRE .

11,500 habitants.

SENS,

Archevêché, est unevieille et célèbre villede 10,000 habitants, si-tuée sur la droite delYonne . Sa cathédraleaux trois porches, auxtrois nefs, aux vitrauxpeints par J. Cousin,est magnifique. N.

La bibliothèque dAuxeiTC estriche : nous nen dirons pas au-tant de scs musées dantiquitéset dhistoire naturelle, ni de sonjardin botanique. On regardecomme curieuse lhorloge de satour Gaillard.

TONNERRE,Autrefois château fort.Moins peuplée queSens, mais plus propreet plus jolie. 0000 habi-tants. E.

La bâtisse tortueuse,irrégulièreet souvent pittoresque de Char­ tres , annonce une ville ancienne.Elle sélève en échafaudages suc-cessifs, couronnés par les toursde sa cathédrale fameuse, sur unecolline aux bords de lEure, Sapartie basse est la mieux con-struite, elle renferme une assezbelle place, appelée place darmes.

CHARTRES .

Evêché, 14,000 habitants.

Cette cathédrale, son seul édi-fice (avec lantique porte Guillau-me), une des plus suaves mer-veilles gothiques, a beaucoupsouffert dun incendie en 1830.La bibliothèque de Chartres et as-sez riche. On doit mentionner sonhôpital, fondé, il y a peu dan-nées , par M. dAligre.

CHATEAUDUN ,

Dans une jolie situa-tion près du Loir, estune de nos plus bellespetites villes. S. 6000habitants.

DREUX ,

Arrosé par la Biaise,est, comme Chartres ,fier de son antiquité,et, comme Château-dun, de sa propre etgracieuse installation.N. 6000 habitants.

NOGENT-LE-ROTROl.

Dans la vallée delHuinc, présente las-pect particulier duneville renfermant des pâ-turages et des champs.Le vieux château qui ladomine est remarqua-ble. O, 7000 habitants.

RÉGION DU CENTRE.

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LIEUX REMARQUABLES.

Coukmgcs-la- Vineuse , jadis sans autreboisson que son vin; Sainl-Florcnlin , commence le canal de Bourgogne ;Seignclay , au nom historique; le riantVermanton ; Chablis, peuplé de 2,500; âmes et renommé par scs vins blancs,

| sont les seuls villes et bourgs remarqua-bles de larrondissement dAuxerre . Ilfaut admirer les grottes dArcy-sur-Curc,

' à environ 7 lieues de cette ville.

Dans celui dAvallon , nous trouvonsQuarrc-lès-Tumbes, gros village bâti dansun grand champ de tombes antiques;

I Vezclay, petite ville, saint Bernardprêcha la seconde croisade en 1140.

. Dans celui de Joigny , Sainl-Fargcaunous offre, bien conservé, un vieuxchâteau du 10 e siècle; Villeneuve-le-lloi,ou sur-Yonnr, bâtie par Louis Ml, a sabelle église de Notre-Dame , gothique etgrecque, ses portes et restes de forti-fications remarquables comme monu-ments de lart militaire du treizièmesiècle. A Ancij-lc-Franc , sur le canal de, Bourgogne , on remarque un châteausuperbe.

Dans larrondissement de Chartres ,i -iuneau, dont Henri de Joyeuse fut undes seigneurs ; Courvillc , et plus loin lechâteau de Yüleboi t, mourut Sully;Èpernon , petite ville de 1500 habitants,

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Broche dune grande plaine couvertede monuments druidiques; Mainlenon,8 i bien situé sur lEure et la Voise, avec' an château historique, et son aque-^ «le non terminé, folle et gigantesque1istruclion de Louis XIV , qui devait'{lier les eaux de lEure à Versailles .

huis larrondissement de Chàteaudun ,

Tinmif, autrefois place forte impor-Ate, rasée par Louis-le-Gros . Dans'lui de Dreux , le bourg dAnrf et sonGâteau , qui, construit par Philibert1 *elormc , sur lordre de Henri 11, pourdiane de Poitiers , est en ruines anjour-1 hui ; ceux de Maillebois et de Senonchcsi; :, ssez industrieux ; Nogenl-lc-Voi , sur la.{Wuehede lEure , commerçante et jolie.

] ^oiià les lieux les plus remarquablest,u département après Chartres et lesSous-préfectures. On peut citer la Fcrlc-, * Marne et Vonnc-Fontainc, villages, pourleurs eaux minérales.

HOMMES UTILES

ET CÉLÈBRES.

SOUVENIRS HISTORIQUES.

Parmi les hommes de marque quavu naître le département, nous cite-rons successivement Jean Cousin ,que nous avons nommé comme pein-tre de vitraux, et qui, selon plusieursécrivains judicieux, fut le fondateurîle notre école française , et lun denos grands artistes du 16 e siècle ;Théodore de Jihe , célèbre docteurcalviniste du même temps; Charles I.oiscau , habile jurisconsulte du siè-cle qui suivit ; labbé Jean l.ebeuf, an-tiquaire aussi laborieux que distinguéde la première moitié du 18 e ; le che-valier dEon, qui, tantôt sous le cos-tume de femme, tantôt sous celuidhomme, remplit avec succès quel-ques missions difficiles pendant le rè-gne de Louis XV , et fit alors beaucoupde bruit ; Scdainc, comique du secondordre ; Souf/tot , qui construisit lePanthéon de Paris ; Fourrier, habilemathématicien; le maréchal lhivousl;Vaurienne, secrétaire de lempereur ;et de nos jours, M. Voua:, lémule deDupuytrcn.

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loises y sont répandues. Les Gaulois Sénonais , ses premiers habitantsétaient célèbres dans lhistoire depuis la prise de Rome par Brennus , quiétait un de leurs chers. César les trouva formant une alliance étroite etassez puissante avec les Parisï. Leur ville principale, Agedineum, plustard Senones , lui servit de quartier dhiver dans la sixième année de sacampagne. Son lieutenant Labiénus paraît ensuite lavoir fortifiée. Elleprit du nom de ces peuples celui quelle porte aujourdhui. Erigé en ar-chevêché vers 340, Senones cpie nous appuierons désormais Sens , primaitcomme métropole; religieuse, les autres villes gauloises et germaines. De-puis, elle eut une histoire presque toujours active. rl condamné

comme hérétique, dans un concile dirigé par saint Bernard ; Thomas lîec-ket, archevêque de Canlorbéry, poursuivi par la haine <lu premier HenriITantagenet, roi dAngleterre, sy réfugia un instant. La cathédrale,commencée par saint Anastasc, au dixième sièele,et achevée en 1526,vendit 1700 ducats son plus beau calice dor pour la rançon de François 1 er.Enfin , Sens repoussa, après trois assauts, les soldats de Henri IV , et en

1811 fil une belle résistance contre les Wurlembergeois.

Limportance dAuxerre est déplus fraîche date. Cette ville existait déjàcomme bourg, sous le nom de Civilas Aulissioduruni, nu temps de Julien ,qui y fit arrêter ses troupes en 350. On lérigea quelque temps après encité indépendante du pays Sénonais. Elle eut beaucoup à souffrir des di-verses invasions du moyen âge et des dissensions religieuses du 10 e siècle.

Les enfants de Louis-le-Débonnairc, en 811, se livrèrent à Fontenayen luisaye, non loinde Vézelay , à neuf lieues dAuxerre , une bataille périrent, dit la chronique, 100,000 guerriers. Nous avons cité le sou-venir le plus important de Vézelay , la prédication de la seconde croisadepar saint Bernard, en IMG. Le roi Louis Ml y avait convoqué une as-semblée générale de la chrétienté.

Philippe Dcsporles, en 1510, dontles poésies légères ont déjà quelqué-légance; un autre poêle, son neveu ,le malicieux et satirique Itcgnicr;Nicole, fameux théologien du 17 esiècle, liotrou, poète tragique fortcélèbre au même temps, et de nosjours à peu près oublié ; AndréFelibicn , auteur de , la j Vie desleintres, et de plusieurs ouvrages es-thués sur les arts; Colardcau, poèteassez agréable du 18 e siècle; Collind'JJarlcvillf, poète dramatique un peupostérieur; Dussaulx, critique; Pa-nard , chansonnier célèbre; Pclion,maire de laris, qui ramena Louis XVI de Varennes ; Brissot , de Varvillc,conventionnel, un des chefs de laGironde ; le généra! Marceau, mort sijeune, et qui a dans Chartres un obé-lisque; lexcellent et estimable comé-dien Fleury, mort en 1822, après avoirété 46 ans lune des principales som-mités dramatiques appartiennent audépartement.

Beaucoup de monuments des druides sont répandus dans le pays;Dreux fut, dit-on, fondé par ces prêtres fameux. Ils avaient ml deleurs principaux collèges dans la forêt de Chartres . Cette ville , principalecité des Carnuies, peuple gaulois assez distingué, déjà prise par César,embellie par les gouverneurs romains , conquise par les Francs , disputéeentre les successeurs tle Clovis , pillée et détruite par les Normandsen 858, puis relevée cl sortie victorieuse, en 911, des assauts île Rollon ,leur chef ; érigée, vers 910, en chef-lieu de comté sous Thibauld-lo-Tricheur, comte de Blois, qui sen était emparé ; rangée dans le parti desBourguignons et livrée aux Anglais sous Charles VI , reprise par Illinois et Lahire sous Charles Vil ; désolée par les guerres religieuses au XVI esiècle, ne respira quaprès la pacification du royaume par Henri IV , quiavait été sacré dans sa cathédrale en 1594.

Cet antique édifice, fondé dans le 1 le siècle, entendit aussi, en 1146, la voixéloquente de saint Bernard , qui fut, dit-on, proclamé dans son enceintele chef et le guide de la croisade: honneur qu'il refusa. Les rois de France ,jusquà Louis XIII , paraissent lui avoir voué une vénération particulière.Ainsi, en 1304, on voit lhilqjpe-le-Bel, vainqueur des Flamands , y dépo-ser son armure, et Henri 111, en 1591, lui faire hommage darmes enlevéesaux Italiens sous les règnes précédents. A son tour aussi, le chapitre dela cathédrale de Chartres paya une. partie de la rançon de François lu-,en 1523. Ce prince avait érigé Chartres en duché, en faveur de Vende deFrance, duchesse de Ferrarc. Elle revint à la couronne sous Louis XIII etentra dans l'apanage du duc dOrléans, frère du roi.

Dreux , non moins ancien que Chartres , put voir de scs murs mie desplus fameuses batailles entre les catholiques et les protestants, l'an 1502.Les chefs de chaque parti furent faits prisonniers ; cétaient le connéta-ble de Montmorency, pour Charles IX , et Louis de Bourbon , prince deCoudé , pour les protestants.