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RÉGION DU CENTRE.
départements.
aspect physiologique
DU PAIS.
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Vingt petites rivières, sanscompter la Loire majest ueuse, ar-rosent le pays du Loiret . Beau-coup d’étangs y sont répandus çàet là, et se multiplient vers lesmontagnes ; là aussi sonllcs meil-leurs pâturages. Au nord du dé-partement, des collines couvertesde Bois et de vignes, protègentdes vallons Bien cultivés. LesBords de la Loire présentent unevégétation superBe ; mais il nefaut pas s’éloigner du fleuve vers lemidi, ce serait pour touiBer dansJ un pays stérile et coupé d’eaux\ stagnantes. La population varie\comme le pays : là, agricole, ici,industrielle. On la dit remarqua-Blement portée vers l’économie.Les Solonais, sur la gauche dela Loire , ont gardé des usagesparticuliers.
Le voisinage de Paris , le grandnomBre de routes qui traversentle Loiret , plusieurs canaux ; Tins-dustric assez remarquaBle de cer-taines localités, font de ce dépar-tement l’un des plus actifs ducentre.
PRODUCTIONS AGRICOLES
CHEFS-LIEUX.
Le Loiret est plus remarquaBle sous lerapport de l’horticulture, que sous celuide l’agronomie, et celle-ci pourtant ypeut passer pour entendue. Sans comp-ter les céréales , Blés , maïs, millet cl lesvins, dont les plus renommés sont ceuxde Hcaugency, on cultive avec grandsuccès le sali'an , le colza, le chanvre ;on élève des abeilles dans le Câlinais, etpresque partout des dindons, qu’on en-voie engraissés à Paris .
Les richesses minérales du départe-ment sont à peu près nulles. On y trouvenéanmoins le cristal, appelé diamantd’Olivet ; l'établissement des eaux de Se-gray est fréquenté.
Quant à l’industrie, Orléans est connupour scs raffineries de sucre, scs distil-leries de vin, ses fabriques de vinaigre,scs couvertures de laines , de flanelles,de bonneteries. La préparation de cesdifférents objets occupe, avec la quin-caillerie , un grand nombre d’ouvriers.Mcnng a des tanneries fameuses ; Gien ,des fabriques de terre de pipe ; les pâtésde Pitbivicrs rivalisent avec ceux deChartres , et arrivent deux fois par jourà Paris .
Orléans , autrefois l’un des mar-chés romains dans la Gaule , estl’une des places les plus impor-tantes de notre commerce detransit intérieur. Elle s’étend surla droite de la Loire , dans unebelle plaine qui s’abaisse en pentevers le fleuve, sur lequel on voitun magnifique i>ont de seize ar-ches.
Évêché.Cour royale. il,000hab.
Son premier aspect est grand,on admire volontiers l’église deSte-Croix , la Belle place du Mar-troy, la cathédrale, les deux ruesneuves, le jardin Botanique, plu-sieurs maisons gothiques, le mo-nument de Jeanne d’Arc , etc.
CHEFS-LIEUX
!>’ARRONDISSEMENT.
Pittoresquement si-tué sur une colliùc àdroite de la Loire , dis-pute d’ancienneté avecOrléans.Son commerceest actif. S.-E. 5000 ha-bitants.
MONTARGI9,
A la jonction des ca-naux d'Orléans , deLoing et de llriare, fut,disent sans doute d'a-gréables rieurs, fondéepar le mythologique Ar-gus. C’est une ville cé-lèbre, assez commer-çante, mais malsaine.E.'VOOO habitants.
P1THIVIERS,
Date aussi d’une hau-te antiquité. Aujour-d’hui son commerce desafran est fort actif. Onpeut trouver Beaux sonaspect et ses jardins.N.-E. 4000 habitant».
Monotone et plat, à part quel-ques collines vignobles éparses,et d’autres Bordant la Loire , ledépartement de Loir-et-Cher est,pour une grande partie, un paysde marais, de landes, de forêts.On trouve passé 950 étangs dansle seul arrondissement de Romo-I rantin’, formé d’une partie de1 l’ancienne et toujours infertile So-llognc. Les terres cultivées le sontfassez Bien; mais au midi de laLoire elles occupent à peine unquart du sol, et sont d’un maigrerapport. On en rencontre d’exccl-\ lentes au nord.
L’habitant des rives de la Loire sent son voisinage de la Tou raine , seulement il est d’un espritmoins ouvert que le Tourangeau,mais plus actif et plus patient. Leshabitations rurales attestent chezlui plus d’aisance que ne sem-ble en promettre le pays. L’ensem-ble du département marque d’ail-leurs assez Bien la limite des dé-partements vivifiés par le voisi-nage de la capitale et des contréespauvres du centre.
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Le département produit, en assez mé-diocre quantité, des grains , du bon vin,du Beau Bois de construction , du chan-vre. Les étangs de la Sologne nourris-sent force poissons, et sont une vraierichesse. On fait aussi grand commercedes sangsues qu’on en retire ; le gibierabonde dans les forêts.
L’industrie la plus renommée est cellede l’extraction et de la fabrication despierres à fusil. Les carrières où on lestrouve, occupent, aux environs deSaint-Aignan, une superficie de troismilles carrées, et fournissent annuelle-ment près de 20 millons de pièces, dontles quatre cinquièmes s’exportent àl’étranger. La tourbe est aussi fortexploitée. Aujourd'hui, l’on s’occupe ac-tivement du sucre indigène, du tissagedes laines. 11 y a dans le département, àLupienc, Rougemont, Monlmirail, desverreries et des verroteries estimées , etailleurs de nombreuses tanneries, dontles produits ne sont pas sans mérite. Lesgants de Blois et de Vendôme ont unerenommée particulière. Comme riches-ses territoriales de Loir-et-Cher , on peutciter encore les eaux de Saint-Denis ,près Blois et de Saint-Mandé.
Blois , sur la rive droite de laLoire , est une ville historique.Son château, qui vit tant de fêteset tant de tristes scènes, est unmonument remarquable ; maisil n’égale en rien l’ancien palaisdes évêques où sont aujourd’huiles bureaux de la prélecture.
Évêché. 13A 14,000 habitants-
La vue qu’on embrasse desterrasses de cet édifice est admi-rable, comme d’ailleurs la posi-tion générale de la ville. Quantau détail, il est peu remarquable,et Blois se ressent trop de sonantiquité.
Nous citerons néanmoins tebeau pont sur la Loire , d’une lon-gueur de 930 pieds, l’acqueduc deconstruction romaine appelédrwtet la cathédrale.
Sur la rive droite dela Sautdrc, à l’endroitoù elle reçoit le Moran-tin, dans un pays pau-vre , se fait remarquerpar une industrie ha-bile et active. S.-E. 7000habitants.
Ville historique com-me Blois , et dans unesituation agréable surle Loir , possède un desplus beaux collèges deFrance . Vendôme estrenommé par scs nom-breuses tanneries clganteries, surtout cesdernières, qui fournis-sent annuellement de19 à 20,000 douzainesde gants. If. t). 8000 ha-bitants-
RÉGION DE CENTRE.
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LIEUX REMARQUABLES.
HOMMES UTILES
ET CÉLÈBRES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
Hcaugency, aux vignobles renommés,bonne petite ville commerçante de 5000âmes, bâtie à la droite do la Loire quedomine au loin sa tour octogone ; CU-ry,dont la Notre-Dame fut si fréquentéeautrefois, et qù est enterré son dévotLouis XL Jargcau, jadis place forte; LaFerle-Sainl-Aubin , dont le château con-struit en partie par Mansard , appartintà Masséna ; Meung , industrieuse petiteville de 5000 âmes, sont dans l’arrondis-sement d’Orléans.
Sully, qui rappelle l'ancien ministre, estdaqs celui de Gien . llriare, qui donne sonnom au canal de llriare, à la jonction dece canal avec la Loire ; Chàtillon, sur Loing,où naquit Coligny ; Courtcnay et 1.or tin,dont les coutumes furent fort suivies au-refois ; Nageai, sur Vernisson, sont danscelui de Monlargis. Celui de I’ilhiviersnous offre Pcaunç-la-Hollande, autrefois,dit-on, an paladin Rolland ; Maleshcrbcs,bourg qui eut pour bienfaiteur le digneet malheureux conseil de Louis XVI ;le village d’ lvry-le-Chàlel, avec un vieuxet solide château.
Jean de Meung . et Guillaume de Loris , auteurs du fameux romandela Rose ; l’amiral Coligny, que nousavons nommé, l’uno des plus illustresvictimes de la Saint-Barthélemy ; Bon-gars, conseiller de Henri IV ; Denis Petau , le chronologisle français leplus distingué et l’un des plus habilescritiques du 16" siècle ; le célèbre ju-risconsulte Pothier au 18 e ; le physicienCharles , qui, l’un des premiers, versla fin du dernier siècle, osa s’élevereu aérostat ; Miraménil, garde dessceaux, qui lit abolir la question pré-paratoire, en 1780; Girodet-Trioson ,peintre. De nos jours, M. Poisson, l’unde nos plus habiles mathématiciens,appartiennent au département.
Le pays d’Orléans partage, avec celui de Chartres , l’honneur d’avoirété le siège de la sombre puissance druidique. On n’y en trouve du resteaujourd’hui aucun monument, et c’est à peine si quelques ruines,commele chemin de César, le port ique de Cépoy , attestent le passage des Romainsdans cette province si fréquentée par eux. Le nom d’Orléans vient, dit-on,par corruption de celui d’Aurélien, qui embellit cette ville vers 272.l’eu après, en 451, Orléans se soutint contre Attila dans un siège mémo-rable ; puis, en 570 contre Odoacre , roi des Saxons ; mais Childéric, roides Francs, qui l’avait secourue, la réunit à ses conquêtes , et dans lespartages qui suivirent, elle devint la capitale d’un royaume. Ilugues-Capet la compta parmi les villes de son domaine ; elle en fut bientôt dé-membrée, et après diverses vicissitudes, elle revint à la couronne sousLouis XII ; puis fut donnée à Gaston, son frère, par Louis XIII , à titred’apanage. Le titre de duc d’Orléans désigne aujourd’hui l’héritier pré-somptif du trône. On voit encore à Orléans la maison «l’Agnès Sorcl.Jeanne «l’Arc, en 1428, délivra cette ville «les Anglais qui l’assiégeaientet rendit ainsi le courage aux fidèles du roi dont elle était le dernier grandboulevard. Ce fut à Gien «pie peu après la guerrière inspirée décida Char-les Vil à marcher sur Reims pour s’y faire sacrer. Vers le même tempsDanois et Lahire, avec 1000 hommes, firent lever, à 8000 Anglais , lesiège de Montargis .
Jargcau semble avoir eu, pendant et après ces guerres des Anglais , une. importance remarquable. Emportée par surprise, en 1428, «Ole retomba aupouvoir de Jeanne d’Arc et du duc d’Orléans , l’année suivante. En 1430,Charles VU y tint ce qu’on appelait les grands jours. Son successeurLouis XI,trente -trois ans après, y maria sa fille Anne, si célèbre plus tardsous le nom d’Anne de Bcaujcu , avec Pierre de Bourbon , comte du mêmenom. La maison des seigneurs «1e Courtcnay donna plusieurs empereursau trône de Constantinople . Le premier fut Pierre de Courtcnay, en 1210.
Dans l’arrondissement «1e Blois , noustrouvons à citer le bourg de Machcnoire,jadis ville florissante, t'tquela révocationde l’édit «1e Nantes à ruinée à jamais ; Mer-ville, «pii souffrit aussi beaucoup de celterévocation ; Montrichard,qui prit, dit-on,son nom de Thlbault-le-Triehcur ; Saint-Aignan , sur la gauche du Cher, où l’ontaille les pierres à fusil.
Dans celui de Romorantin , Selles-sur->Chcr, qui «loit, comme Saint-Aignan,son origine à une abbaye, et fait uncommerce actif; Tm, Ferte-lmbault, petiteville sur la Sauldrc, avec un château;Chaumont- sur - Taronne , bourg indus-h'icux.
Dans celui «le Vendôme , Fréterai, Mont-doubleau, jatlis place forte; Monlorre,dominé par le château de Saint-Outrille ;Morde, bourg entouré de vieilles murail-les ; Boches, «pii a beaucoup il’habitalionscreusées dans le roc; Savigny-fur-Ilraye,Peuplé «1e 2000 habitants.
Le château de Chambord , dans l’arron-dissement de Blois , est célèbre pour avoirété réédifté par François 1 er , habité parCharles-Quint , donné par Louis XV aumaréchal de Saxe, à Berthier par l’em-Pereur, au duc de Bordeaux , par une
souscription publique.
Louis XII et son ministre le car-dinal d’Amboise/lc fameux poète Bon -sard, qui brilla sous les rois Henri 11,Fran«;ois 11, Charles IX , Henri III , etfut alors surnommé le prince du Par-nasse français ; Louis, prince de Con-dé, tué à Jarnac en 15(59 ; Bunel,peintre distingué du temps de Hen ri IV ; le physicien Denis Papin , auteurde plusieurs inventions utiles ; Pajon,célèbre docteur protestant ; Dernier,médecin et historien «le Blois , toustrois au 17» siècle ; Jean Souchay,excellent critique, mort en 1740;lxnoir, mécanicien, qui joua un rôledans la détermination des mesuresmétriques ; l’infortuné Foulon , unedes premières victimes do la révolu-tion ; de nos jours , M. Pardessus, ju-risconsulte , appartiennent au dépar-aient.
Des antiquités celtiques, romaines et du moyen âge, attestent l’an-cienne importance du pays ; mais c’est surtout depuis les guerres desAnglais , jus<pi’à la fin de la ligue, «pi’il fut un théâtre bisloritpic animé.
La ville de Blois ne paraît pas avoir existé du temps des Romains. Elleétait assez considérable lorsque, vers 935, Thibaut-le-Tricheur s’en em-para. Les seigneurs de Châlillon en héritèrent après sa mort. Louis Xlld’abord, 'et Charles IX définitivement la réunirent à la couronne.
On montre encore, dans le château de Blois , lieu «1e naissance deLotiis XII, l’endroit où le duc de Guise tomba, percé «lit-on de quarante-cinq coups de poignard (Henri 111 avait ordonné, ou désiré, qu’onl’assassinât), et 1a porte par où s’échappa Catherine de Médicis lors «le laconjuration «l’Amboisc. Les noces «le Henri IV et de Marguerite de Valois ,qui eurent pour les deux époux des suites si peu heureuses, et par lesfêles des«iuelles on masquait aux yeux des protestants l’horrible projetde la Saint-Barthélemy , furent célébrées dans le même château. Marie deBologne l’habita en 1716, et Marie-Louise d’Autriche s’y retira un instantaprès les désastres de 1814.
Les états-généraux siégèrent à Blois en 1577 et en 1588; c’est pendantla tenue de ces derniers qu’eut lieu l’assassinat de Guise et de son frèrele cardinal, celui-ci massacré dans la tour dcChâleau-Regnaud à coups depcrluisancs. Henri 111 trouva plus facile de se défaire ainsi de rivauxdangereux; les représailles exercées par Jacques Clément contre lui,martpièrent bien la vérité de la parole évangélique ; celui qui frapperapar le glaive, périra par le glaive.
C’est de Romorantin que le chanct'llcr «le l’Hôpital en 1500 data sonédit appelé de Romorantin , qui préserva noire pays «le l’inquisition.Vendôme a vu éclore dans ses murs plusieurs complots, notammentceux du vicomte de Rochecollc, en 1790, contre la république, et en 1837du brigadier Bruyant contre la dynastie régnante. L’arrièrc-gardc dePhilippe-Auguste fui défaite à Prélevai, par Richard-Cœur-de-Lion .