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RÉGION DU CENTRE.
DÉPARTEMENTS.
ASPECT PHYSIOLOGIQUE
DU PAYS.
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Qui ne connaît au moins pardes récits, la riante Touraine etses joyeux enfants ? Riche et fer-tile, le département d’Indre-et-Loire en occupe la majeure par-partie. Des routes multipliées ysèment un commerce actif, et l’In-dre, la Vienne, le Cher, la Creuse ,le sillonnent de leurs eaux.
La température, presque tou-jours égale, permet à des plantesdu midi de s’y développer. La pro-preté des habitations y répondpresque toujours à l’aisance des/ habit ants. Cependant on a trop\ vanté sa beauté, car une bonneI portion de son territoire est oc-cupé par des landes et des bruyè-res. La seule vallée de la Loire ,qui présente surtout aux appro-ches de Tours un coup-d’œilmagnifique, puis les délicieuxalentours de Loches arrosés parl’Indre, et ceux de Chinon moinsagréables, mais couverts de ver-gers superbes entre lesquels ser-pente la Vienne , méritent bienle surnom de Jardin de France .
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Le déparlement du Cher, le pluscentral de France , selon llalhi,nous offre un terrain générale-ment plat, si ce n’est au nord, oùs’élèvent les grandes collines vi-gnobles et forestières du Saneer-rois ; là, en tirant sur l’est, s’éten-_ dent une partie de la stérile Solo-
I gne ; puis, vers la Loire , de belleset riches plaines ; au sud, ce sontdes terres peu fécondes et cou-pées par plus de 300 étangs. Par-tout dans ce département, s’élè-vent des forêts, se déroulent degrandes chanvrières et des pâtu-rages chargés de troupeaux. Ra-rement , l’on n’entend point lebruit des forges et des usines.Mais la culture est trop souventroutinière, les villages ont peu deconfortable, et çà et là, l'on sentle besoin de nouvelles roules etde nouveaux chemins.
La population , si ce n’est aunord, n’est point d'une belle ap-parence ; l’humidité générale dupays (il son insalubrité nuisent àson développement.
\ Le pays qui entoure Ilourges\ rivalise avec celui de la Loire .
PRODUCTIONS AGRICOLES
CIIEFS-LIEUV
CHEFS-LIEUX.
ET MANUFACTURIÈRES.
Des céréales à peine pour sa consom-mation : puis des pâturages , des forêts,des vignes productives , du chanvre,des plantations de haricots, de réglisse ,de l’anis ; des récoltes abondantes defruits, surtout de prunes que l’on faitsécher, et qu’on exporte sous le nom fa-meux de pruneaux de Tours , voilà lesprincipales richesses agricoles d’Indre-et-Loire .
En richesses territoriales, on citequelques mines de fer, de bonnes pier-res meulières et lithographiques, de laterre de pipe, plusieurs sources d’eauminérales, en particulier celle de Sem-blaneay , des carrières de tufeau facilesà convertir en salpêtre.
L’industrie roule sur la préparationdes fers, des poudres. La fabrication deslimes d’Amboise , est renommée; celledes soieries s’élève rapidement, demême que celle des étoffes de laine et decoton. La première a été autrefois bienplus considérable, comme en généraltoute l'industrie de la Touraine , et, com-mencée par Louis XI , s’est depuis pres-que toute transportée à Lyon .
Une de nos belles et célèbresvilles, métropole religieuse de laFrance des Mérovingiens, Tours s’étend sur la rive gauche de laLoire , dans une belle et richeplaine, moitié vieille , moitié mo-derne, le plus souvent propre,coquelicot lustrée, avec des mai-sons blanches, aux toits d'ardoi-ses bleues.
TOURS.
Archevêché. Quartier-général dela i' div. milit. 24,000 hab.
Tours est, à juste litre, fièrede son pont, peut-être le secondde France , de sa cathédrale auxvitraux superbes, de son muséede peinture, de sa riche bibliothè-que et des friandises dont ellefournit la France. On y remarqueaussi la belle rue Royale qui latraverse dans toute sa longueur,le palais des Archevêques, puisdivers établissements d’éducationet d’industrie.
d’arrondissement.
Sur la droite do laVienne , a près de 6000habitants. C’est unevieille ville , à laquellese rattachent quelquessouvenirs. S.-O.
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Est bâtie en amphi-théâtre à la gauche dei’indre dans une situa-tion agréable, et réunieà la ville de Iîeaulicupar des ponts nom-breux. Scs environsproduisent les pru-neaux de Tours . Lesdeux villes ont ensem-ble 8000 habitants.
Loches possède, dansl'église de son château,un beau mausolée enmarbre de ; la célèbreAgnès Sorcl. S.-E.
Les céréales, les avoines, les vins, lechanvre, les troupeaux, ceux de mou-tons, en particulier, les forêts, les arbresà fruits , la houille, le manganèse, l’o-cre, les carrières de pierres diverses,font les richesses es du dépar-
tement ; le travail du fer occupe partoutun grand nombre d’ouvriers.
On trouve dans le Cher des fabriquesde drap (bien déchues de leur anciennesplendeur), de porcelaine, de toiles ; lacoutellerie de Bourges rivalise, dit-on ,avec celle de Langres . 11 y a surtout debelles forges au bourg d’Ivoy-le-Pré ,.au village de l’récy, a Vierzon . Cepen-dant , les fers du département ne sont,pas rangés parmi les premières qualitésdes fers français . Vier/.on fournit de laporcelaine estimée.
Le commerce est plus actif que dansla plupart des pays du centre. Les foiressont nombreuses et fréquentées. Il se faitdans quelques unes, par exemple àcelles de Sainl-Amand, des affaires con-sidérables sur les moutons, les fers, lesbois, les volailles engraissées.
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Bourges, l’une des plus ancien-nes villes de France , est arroséepar l'Aurin cl deux autres petitesrivières. Sa population est faiblepour sa grandeur. Elle fait peu decommerce , mais’ possède , encompensation, un certain nom-bre de bons établissements d’ins-truction.
SA1NT-AMAND,
Sur le Cher, ville de(5 à 7000 habitants, dontla fondation remonteau 15 e siècle, n’a riende remarquable , si cen’est peut-être sa régu-larité et son activitécommerciale, S.
SANCERRE,
On y voit avec plaisir la cathé-drale gothique, admirablementconservée, et peut-être la plusvaste de France , l’hôtel-de-ville,qui est l'ancienne maison deJacques Cœur , d’agréables pro-menades, de beaux jardins, etquelques restes romains assez,remarquables.
Sur une colline éle-vée, d’où l’on embrasseune vue magnifique,est mal bâtie et moinscommercante quel’au-tre chef-lieu , mais re-lativement beaucoupplus industrielle. Ellefut autrefois une placeforte presque inexpu-gnable. N.-E.3500 habi-tants.
RÉGION DU CENTRE.
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LIEUX REMARQUABLES.
IIOMMES UTILES
ET CÉLÈBRES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
Les restes du fameux château de Ples-sis-lès-Tours , à un quart de lieue deTours ; la Poudrerie de Monlbazon, à quel-ques lieues de la même ville; Amboisc,ville de 5,000 âmes, aussi laide qu'elle estcélèbre, par son beau château ; Chenon-ccaux, à 2 lieues et demie d’Amboise , etnon moins fameux que cette dernière,par son château où habitèrent Diane dePoitiers et Catherine de Médicis , et où,plus lard, les plus beaux esprits du 18'siècle, Montesquieu, Voltaire , Buffon,Fontenelle, J.-J. Rousseau, vinrent re-cevoir l’hospitalité de son possesseurDupin ; Château - Régnault, jadis Maillé,sorte de grand village divisé en haute etbasse ville par la Brenne, et peuplé de2,000 habitants; Luyncs, d’égale impor-tance, sont à remarquer dans l’arrondis-sement de Tours.
liourgeuil, au vin estimé; le riantLangeais, sur l’Indre , dans l’arron-dissement de Chinon, n’égalent pas encélébrité la belle petite ville de Richelieu,qui possédait naguère un château bâtipar le ministre de Louis Xlll, avec unemagnificence plus que royale. La liage,où naquit Descaries, dans l’arrondis-sement de Loches , à 1,100 habitants.
Nous citerons parmi les enfantsd’Indre-et-Loire , en poètes et en écri-vains : le satirique Rabelais , né prèsde Chinon; Racan , l’un de nos pre-miers bons poètes français au 10» siè-cle; le père René Rapin , qui au 17's’exerça non sans succès dans la poé-sie latine; Deslouches, successeurparfois heureux de Molière ; Paul-Louis Courrier , spirituel pamphlé-taire de la restauration. Nos contem-porains : MM. Rouilly, Ralzac, deVigny .En hommes d’épée : le maréchalRoucicaul, l’un des plus illustresguerriers du 14' siècle ; les générauxde l'empire, Meunier et Menou. Enphilosophes : R. Descartes. En hom-mes utiles : le fameux chirurgienIleurlcloup, né en 1750 ; l’abbé de Ma-rottes, historien estimé du 17 e siècle,dont le cabinet d’estampes a servide base à celui de la bibliothèqueroyale. En personnages célèbres : lemalheureux surintendant de Fran-çois 1 " Scmblançay, Agnès Sorcl, etLambert, ce. musicien, cité par Boi-leau dans sou repas ridicule.
Depuis les Romains jusqu’à nos jours, la Touraine , d’abord habitéepar les pacifiques Turones ,conquiseau christianisme par Saint-Gratien pen-dant les persécutions Dioelétienncs, a toujours élécélèbrc. Tours , sa ca-pitale, fut, sous l’empereur tlonorius,la capitale de la troisième Lyon-naise. Elle taisait remonter sa fondation à Turnus .
Les Visigoths s’en emparèrent en 475 et cédèrent leur complète auxFrancs, trente ans après. Alors son église de Saint-Martin devint célèbrepar toutes les Gaules. Dans la suite, c’est-à-dire depuis Hugues-Capct quien était l’abbé, les rois de France furent à la tête de son chapitre.
En 732 l’invasion tumultueuse des Sarrasins vint échouer entre Tours etPoitiers, contre le bras puissant de Charles Martel . Pendant l’ère descroisades, les poètes de Touraine allèrent au loin porter le nom de leurbelle patrie. Sous le règne de Charles Vil, long-temps la France , pres-que toute au pouvoir des Anglais, fut concentrée autour de Chinon ,Amboisc et Loches ; Charles Vil était à Chinon quand Jeanne d’Arc vint,lui annoncer sa mission, et lui remit en main l’épée de Charles Martel qu’elle fil chercher à Sainte-Catherine de Fierbois. Amboisc, ou plutôtson château, vit instituer, par Louis XI, l’ordre de Saint-Michel , naîtreet mourir son successeur, et échouer la conspiration appelée d’Amboise .Cette conspiration ourdie par les réformés, ayant à leur tête un gentil-homme nommé La Renaudic, avait pour but d’enlever le roi François 11,tl’ôter la direction des affaires à la reine sa mère et aux Guises , et de ladonner aux chefs protestants. On devait pour cela profiter du moment oùla cour était réunie presque désarmée à Amboisc. Le secret de La Rcnau-die fut vendu par un nommé A venelles , son hôte.
Au château de Loches, où Charles VII et Agnès Sorel s’étaient retirés,oubliant les Anglais et le royaume de France conquis par eux, mourutLa Balue, enfermé, par ordre du roi Louis Xt , dans une cage de fer. Ceprince se renferma long-temps à Plessis-lès-'Tours, et là même où il avaitordonné tant de cruautés, les états-généraux, en 150G, décernèrent àLouis Xll le surnom de père du peuple. Ces étals furent rassemblés troisfois à Tours : en 1470 par Louis XI , quatorze ans plus lard pour nommerun régent au nom de Charles V111 enfant, et en 1506 par Louis XII àl’occasion dit mariage de son héritière Glande avec le due d’Angoulême plus lard François 1 ".
Les .iix d’Aiguillon , très-ancienne pe-tite place, forte autrefois; Rcaugy, bourgprès duquel se voient les restes d’un campdu moyen Age ; Gracay , près duquel setrouve un monument celtique; Charost,qui a une belle église; Vierzon , petite villeancienne, de commerce et d’industrie ;Mchun, séjour favori <le Charles Vil, sontdans l’arrondissement de Bourges .
Dans celui de Sainl-Amand, nous cite-rons QuUcauneuf, Château-Mcillanl, leChâtelet , petites villes et bourgs d'unehaute antiquité; Dun-le-Roi , jadis célè-hre; Lignières, non loin de laquelle on voitles ruines d’une ancienne abbaye prin-cipale des Bénédictins ; Charenlon sur
L’arrondissement de Sancerre nousoffre Aubigny , ville de 3,000 habitants, ilT o un siècle, encore très-commerçante;Henriehemonl , jolie petite ville bâtie en1 honneur de Henri IV ; la Chapelle d'An-gilton, petite ville et lvoy-le-Pré, grosbourg industrieux de 2 à 3,000 habitants;Argent , Rrinon et Vailly, gros villages,ce dernier ayant des sources minérales ;l'rccy, village possédant des mines defer.
Jean l’Écuyer, peintre célèbre survitraux ; le digne et malheureux Jac-ques Cœur , qui fut grand argentier deCharles Vil, et l’un des plus fameuxnégociants de la fin du moyen âge ;Jean Cœur, son fils, prédicateur etarchevêque de Bourges; Louis XI ,qui, dauphin, avait été l’ami du pre-mier; Bourdaloue, émule dans l’artoratoire de Bossuet , son contempo-rain ; Jean Méry , premier chirurgiende l’Ilôtel-Dieu de Paris en 1722; lesjésuites antiquaires et historiens Cha-millard, d’Orléans , Souciet, DomMéry,vers la fin du 17' et le commencementdu 18' siècle ; Desbillons , autre jésuitemort en 1780, qui s’exerça avec beau-coup de succès dans la poésie latine;le poète contemporain Anton y Des-champs , appartiennent au départe-ment du Cher .
Sancerre dispute aux Ardennes l’honneur d’avoir donné le jour aumaréchal Macdonald.
Le pays du Cher paraît avoir été très anciennement occupé par despeuples florissants. Au second siècle de la fondation de Rome, Bourges ,gouverné par des rois, nous apparaît déjà comme une des principalesvilles, sinon la principale de la Gaule celtique: les Gaulois Rituriges habitaient son territoire Frise par César , et devenue plus tard capitalede l’Aquitaine , clic passa vers 475 aux Visigoths, puis aux Francs, soutintjusqu'au 15 e siècle des sièges nombreux, et vit, en 1563, sa populationdécimée par la peste. Diverses autres catastrophes contribuèrent ainsisuccessivement à lui faire perdre de son importance. Ce fut Charles VI qui la réunit à la couronne avec le Berry. Charles VII y réunit, en 1438,les prélats qui réglèrent les affaires ecclésiastiques du royaume par l’or-donnance fameuse, sous le nom de pragmatique sanction. Louis XI en1400, fonda son Université.
On attribue la fondation de Sancerre à Jules-César , d’aulres pensent,d’après ses anciens noms de Saxia , Saxiacum, et diverses circonstances,qu’elle fut bâtie par Charlemagne pour une colonie de Saxons.Ccttc \ illeeut, comme Bourges et Vierzon , beaucoup à souffrir de différents sièges;en 1573, les habitants, bloqués et affamés par les troupes de Charles IX ,durent se nourrir de chair humaine ; elle était, alors une des places for-tes des réformés. Le roi eu fil démolir jusqu’aux moindres fortificationsLes guerres de la Ligue ruinèrent presque tout le pays.
C’est à Lignières que Calvin , étudiant en droit à Bourges , fit ses pre-miers essais de prédication.
Sainl-Amand ne date que du 15 e siècle, il fut élevé sur les ruines d’uneautre cité ou bourg que l’on nommait Orval, et que brûlèrent les Anglais .
Le Berry a formé, lors de la rentrée des Bourbons, l’apanage nomi-natif du fils cadet du comte d’Arlois, depuis Charles X . Tout le mondesait l’assassinat de ce prince par I.ouvel, et les courageux mais stérilesefforts de sa femme, Caroline de Naples, pour reconquérir à son tils, leduc de Bordeaux, le trône perdu par Charles X .