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RÉGION DU CENTRE.
DÉPARTEMENTS.
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ASPECT PHYSIOLOGIQUE
PRODUCTIONS AGRICOLES
CIIEES-LIEUX
CHEFS-LIEUX,
DU PATS.
d’arrondissement.
Dos monts arides, un sol sablon-neux semé de marécages -, desforêts assez belles, mais d’une ex-ploitai ion difficile ; une rivière peuimportante, presque pas de com-merce intérieur ; une populationpauvre, peu instruite, mais saine,et si portée au travail et à l'indus-trie , quecliaque année sa dixièmepartie va dans les autres départe-mens offrir ses bras et son grossiersavoir-faire en maçonnage, char-pente , etc. Voilà en somme le dé-partement de la Creuse . Ajou-tons néanmoins qu’au milieu deses terres de graviers et d’argiles,on rencontre un lion nombre d'ex-cellentes vallées de pâturages.
Encore un département pauvre!Des mon tagnes, un tiers de bruyè-res ou de terres incultes ; des châ-taignes , aidant aux céréales ; desnoyers donnant de l'huile que l’onvend pour acheler s pâ-
turages qui, malgré leurs nom-breux troupeaux, ne font pas com-pensation; quelques vignobles etdes forêts ;des curiosités naturel-les ; des aspects pittoresques etsauvages; une population , dontl’apparence atteste la vie labo-rieuse et difficile, voilà sa des-cription générale. De nombreuxémigrons , le quittent chaqueannée, et chaque année à lamauvaise saison , y rapportentun peu d’argent et d’activité.
Le département de la Creuse est l'unde ceux qui ont le plus besoin des autrespour la nourriture. 11 a peu de prairies ,pas de vignes ; les châtaigniers si utiles,les pâturages où s’élèvent des chevauxassez lions et des moutons en grandnombre, les arbres à fruits, les abeilles,ne compensent pas la stérilité du sol.
L’industrie locale est la préparation etle tissage des laines (on connaît surtoutles tapisseries d’Aubusson , de Fellctin).liourganeuf a des fabriques de porcelai-ne ; ailleurs se trouvent des papeteries ,des fabriques de toiles.
On exploite eh et là quelques liouilrHères. Les grès, les granits, les porphyresqui se montrent en plusieurs endroits,les minerais de fer, restent inexploités.
Guéret , sur le penchant d’unemontagne , entre la Creuse et laGartcmpe, est l’un de nos moinsimportants et de nos moins re-marquables chefs-lieux de préfec-tures.
4000 habitants.
La ville est bien bâtie, bien si-tuée et d’un aspect assez riant.
Quelques généreux Creusoisfont aujourd’hui des efforts pourlui donner un peu plus d’activité,et ont en partie réussi,
Après les troupeaux de boeufs, lesporcs , commensaux des pay sans , etdont on exporte la chair en salaisons,les truites, les huiles de noix , les châtai-gnes et le sarrazin, la Corrèze n’a queses houillères en petit nombre, ses ar-doisières et son industrie. Celle-ci roulesur la fabrication du fer, des armes (àTulle ), du papier, du verre ; et, généra-lement est aussi peu remarquable) quel’agriculture.
Baignée par la Creuse , et dansune assiette assez agréable, Tul les n’eut jamais beaucoup d’im-portance. Nous avons cité sa ma-nufacture d’armes. Elle possèdeen outre quelques établissementsindustriels et tait un peu de com-merce.
Cependant il est, pour tout ceci,une différence à faire entre la partienord-est et la partie sud-ouest du dépar-tement. La première, appelée la montagnejusque vers la route de Limoges , estvraiment pauvre; l’autre, ou bas pays,présente déjà de ces belles contrées ver-doyantes , grasses et bien arrosées, quiindiquent le Haut-Limousin.
£v&ché. 8000 habitants.
Bâtie sur la pente et au piedd’uuc colline, la construction deTulle est en général assez laide;niais on remarque toutefois quel-ques belles vieilles maisons, leclocher de la cathédrale, le palaisde justice et la promenade.
Sur la Crçuse, estplus peuplé, plus actifcpie le chef-lieu. S.-K.500Q habitants.
BOURG AN EUF.
N’a de remarquableque sa tour, dont lafondation est attribuéeau prince ottoman , Zi-zim , qui s’y réfugiaen 1482. S. 3000 hab.
BOUSSAC.
Petite et triste cité,bâtie sur un rocher es-carpé. N--E. 960 liabiL
BR1VE8-
LA-GA1LLARDE,
Sur la Creuse , a l’ex-térieur le plus sédui-sant , et le plus tristeintérieur ; elle passedans les romans pourla ville la plus provin-ciale de la France . S.-O.8000 habitants.
A un pont remarqua,ble ; c’est une ville demontagnes, qui a dû ,anciennement, avoirplus de vie et d’habi-tants. N.-E. 4000 liabi-tants.
C’est un triste et malheureuxdépartement que celui de l’Indre .Le seul pays qu’on appelle Cham pagne , pays plat de pâturages etde champs étendus, formant l'ar-rondissement d’Issoudun , et unepartie de celui de Chàtouroux of-fre quelques richesses. A côté de ecdernier, se trouve l’affreuse Bren-ne, coupée par des grandes fla-ques d’eau aux exhalaisons pesti-lentielles. Le reste du pays s’ap-pelle Bas-Chaud : il est tout eubois, futaies et forme plus desdeux tiers du département. La po-pulation émigre comme celle de laCreuse et de la Corrèze ; scs habi-tations rurales, comme celles deces départements, sont pauvres.
Les pâturages, où l’on élève une assezbelle race de moutons, les bois, les nom-breuses mines de fer qui alimentent unefoule d’établissements métallurgiques,des carrières de marbre et de silex , duchanvre estimé, des arbres à fruits, en-tre autres des cerisiers , voilà les riches-ses principales de l’Indre .
Les fabrications de draps, la prépa-ration du fer, des cuirs (surtout à laChâtre), des laines, «lu colon , voilà lesbranches principales d’industrie. Lecampagnard élève des porcs, des oies ,des dindons en abondance. Issoudun estla ville la plus commerçante du dépar-tement : on y trouve de bonnes fabri-ques de drap, plusieurs tanneries cl fa-briques de toile.
Châteauroux s’élève à la rivegauche de l’Indre , du sein deprairies immenses. C’est une villemal bâtie, ayant des rues étroites,tortueuses et mal pavées.
LEBLANC,
Divisé en ville hauteet basse par la Creuse ,est d’un aspect peuagréable, mais actif.S.-O. 5000 habitants.
CHATEAUROUX.
11 A 12,000 habitants.
Châteauroux n’a guère de re-marquable que son commerce dedraps communs, son jardin pu-blic et l'ancien château de sonfondateur Raoul de Déols, trans-formé en liotel-de-ville après neufsiècles d’existence.
A la gauche de l’In dre , est une petite villeancienne, irrégulière,mais cependant assezjolie. S.-E. 4000 habit.
ISSOUDUN ,Aujourd’hui bien bâtiet la ville la plus con-sidérable du départe-ment, fut ruiné quatreà cinq fois. N. E. 12,000habitants.
RÉGION DU CENTRE.
LIEUX REMARQUABLES.
HOMMES UTILES
BT CÉEÈBRES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
Telle lin , 3000 habitants, dans l’arron-dissement d’Aubusson , rivalise avec cetteville pour la fabrication des tapis et l'ac-tivité ; Crocq , n’a rien de remarquableque son ancienneté et son marché debestiaux ; Evaux, sur une hauteur, a deseaux minérales chaudes, et compte 2000habitants. La Souterraine , dans celui deGuéret, doit son nom à son ruisseau sou-terrain; Ahun, fut autrefois une impor-tante et riche abbaye, aujourd'hui ellefabrique de la toile et renferme 2000 ha-bitants; Chambon, à 0 lieues de Boussac,fut jadis une ville considérable, et plusrécemment une place de première force ;Toull , village, fut jadis, comme ville, larivale de Chambon.
La Creuse a donné le jour au fa-meux Tristan, le compère de Louis XI ,et à Tristan l’Ifcrmile, poète drama-tique de la première moitié du 17 esiècle; au maréchal et grand-maîtrede l’ordre de Saint-Jean de Jérusalemd’.lubusson, qui défendit avec tantd’héroïsme, contre les Turcs, la villede Rhodes , en 1480; au poète Qui-nault, à l’historien Varillas, contem-porain du précédent, et comme lui,l’un des hommes distingués du grandsiècle. Plus récemment à l'antiquaireBarailon, membre toujours juste etmodéré de la Convention et des Cinq-cents. C’est lui qui proposa l'emblèmeque l’on voit sur le revers des mon-naies de la république.
Le pays de la Creuse , ancien comté de la Marche, fut habité avant lesRomains par un peuple qui doit avoir été florissant, et dont les capitalesétaient Chambon et Toull. Les Romains l'affaiblirent sans doute , et laMarche n’eut, au moyen âge, qu’une petite importance; cependant quel-ques-uns de scs comtes ont marqué dans l’histoire. Le plus célèbre a étéHugues de Lusignan, qui ayant refusé l’hommage à Alphonse, comte de
1 oitiers, et frère de saint Louis, s'allia aux Anglais et fut vaincu avec euxau fameux combat de laillcbourg. Un de ses successeurs, Hugues, en-gagea son comté entre les mains de l’hilippe-lc-Bcl, qui ne le rendit pointà ses héritiers, et le donna en apanage à son lils Charles. 11 devint, aprèsdiverses vicissitudes, la possession du connétable deBourbon, et ce fut Fran-çois D» ,,ui le réunit à la couronne, liourganeuf a été long-temps le chef-lieu du grand prieuré de l’ordre de Saint-Jean . Le malheureux prince Zizim ,frère du sultan Ba jazet, y fut envoyé par d’Aubusson, auquel il s’était confié.
Ahun cul autrefois une célèbre abbaye, connue soin le nom demou-ticr d’Aliun. Les pèlerines de la Creuse vont aujourd’hui à la porte deson église échanger contre des fichaiscs leurs beaux cheveux que l’onrevend si cher à nos coquettes de Paris .
Nous remarquerons dans l’arrondisse-ment de Tulle Treignac , ses rocs et sesruines ; Argentai, sur la Dordogne , et sonpont suspendu ; Uzcrche, renommée pourson aisance, sur la route de Limoges ;dans celui de lîrives, Beaulieu, Turenne°l le village d ’Arnac Pompadour , qui onteu deux seigneurs d’une célébrité si dif-férente ; Lubcrsac, petite ville de 3000 ha-bitants. Dans celui d’Ussel , Bort , sur laDordogne , avec sa belle chute d’eau ;Xeymac , curieux par son église. Aucunde ces endroits n’est important pour lapopulation ou le commerce. Comme cu-riosités naturelles, on peut citer, outreles cascades de Treignac et de Bort , lesorgues de ce dernier, la belle chute deGimcl, la grotte de Souart.
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Le fameux cardinal Dubois , minis-tre du régent; Cabanis, philosophe dudernier siècle ; le maréchal Brune,dont la fin fut si tragique ; Treilhard ,l’un des directeurs de la république ;Jean de Sclre, qui, premier présidentdu parlement de l’aris, répondit auxambassadeurs de Charles-Quint ré-clamant la Bourgogne , cédée parFrançois 1 er , prisonnier : « Le roi n’apu aliéner le duché, car il est obligéd'enlrctenirles droits de sa couronne,laquelle est à lui, à ses peuples et à sessujets communs », sont nés à Rrivc$Marmonlel est de llorl. Tulles vit naî-tre Élienne de la Balluze. Le dépar-tement s’enorgueillit encore des nomsde Latrcillc et Boyer.
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Le pays de la Correze ne nous offre aucun sottvenir bien Important.
11 faisait partie du Bas-Limousin et fut, comme le reste de celte province,long-temps disputé entre l’Angleterre et la France ; ce fut Charles V qui leréunit à la France . On y conserva le proverbe: me’ehant comme un Anglais .
Quoique aucune de ses villes ne paraisse très ancienne, l’on y a re- ,trouvé des antiquités celtiques et romaines , en particulier près d’Ussel etde Tulle , qui doit sa fondation à un monastère de l’ordre de saint Benoît au 8 e siècle, ou peut-être à la destruction d’une cité plus ancienne. (Lamanufacture royale d’armes à feu de cette ville, l’une des premièresétablies, date de 1096).
Uzcrche semble avoir eu toujours plus de célébrité que Tulle ; on lanommait au moyen âgeUzrech ; et on lui décerna le titre de pucelle, commeayant résisté à toutes les attaques des Anglais ; on disait aussi ; qui a maisonà Uzerchcs a château en Limousin . Le château de Turenne existait déjà dutemps des premiers Carlovingiens ; ses alentours devinrent dans la suitele chef-lieu de la vicomté, qui emprunta du grand Turenne, son vicomte,un éclat éternel. Les Noaillcs, Comborn, Ségur, sont aussi originairesde la Corrèze . La seigneurie de Pompadour , eût été à jamais incon-nue si Louis XV n’en eut fait don â l’une de ses favorites.
Argentan y considérable sous les Ro-mains et dans une situation pittoresque,sur la Creuse , 4,000 habitants ; Bttsunfois,presque tout bâti dans les îles de l’In dre , et peuplé d’usines, 4000 habitants ;Ghdlillon, sur Indre , qui a un vieux châ-teau des plus curieux ; Lcvroux, grandeet populeuse cité sous les Romain»,3000 habitants ; Valençay , 3000 habitants,c t*ii a un parc et un château magnitl-f l ,, es ; Lucay-'e-Mâle , village aux bellesforges, sont à remarquer dans l'arron-dissement de Châteauroux . Saint-Benoît-du-Saul et sa cascade dans celui deLeblanc ; Valait et ses ruines dans celuid'Issouduu; ces deux petites villes ontl’une 1200, l’autre 3000 habitants. Aigu-*ande, petite ville, et Neufry-Sainl-Sepul-cre » bourg commerçant, dans celui de Ila Cliâlrc. I
Jacques Corbin, qui traduisit la Vul-gateau 17 e siècle, et fut avocat distin-gué. De I\'aillac, grand prieur de Malte au 14 e , le même qui commandait leschrétiens à la funeste journée de Ni-eopolis. Marivaux , Guy mon d de laTouche, poètes connus ; Baron , acteurtragique, qui fut, sous Louis XIV , leplus digne interprète des chefs-d'œu-vre (le Corneille , de Racine, de Rot muetc., et n’est point encore oublié ; lejésuite Berlhier, bon critique au 18 esiècle ; Itougier de ta Bergerie , auteurdes Géorgiques françaises, , membrede la commune de l’aris en 89, ap-partiennent par /eqr naissance audépartement.
Le pays de l’Indre fut occupé avant les Romains par les peuples floris-sants de Bourges . Les druides y ont laissé des monuments; ceux desRomains s’élèvent encore à leurs côtés (à Argenton et Lcvroux). A part cesdeux villes et Issoudun , les autres paraissent être de fondation féodale ,et leurs vieux châteaux forts attestent de toutes parts l’histoire animéedu pays au moyen âge. Ainsi Châteauroux , ou Raoul, doit sa naissanceet son nom à un château fondé en 950 par Raoul de Dels ou Deols . Laseigneurie de La Châtre existait déjà au 11* siècle, et Ebbe II, chef dela famille de La Châtre, la reçut de son père, Raoul-le-Chauvc, seigneurde Châteauroux . Un descendant de celte ancienne famille commandait,en 1559, les forces de la ligue dans le Berry. Un gentilhomme, nomméde Marande, le chassa par conjuration d’Issoudun où l’on fêta pendantlong-temps en mémoire de cette délivrance, le 14 juillet de chaque année.
Issoudun , brûlé trois fois, fut en 1051 un peu consolé par la visite etles largesses de Louis XIV . De 1808 à 1814, Ferdinand VII , roi d'Espagne ,fut retenu au château de Valençay sur les ordres de l’empereur. Chacunsait qu’aujourd’hui ce château est la résidence du plus fameux de nosdiplomates, du prince de Talleyrand . Qui saura jamais les secrets deValençay ?