OISE ci-devXat ILE-DE-FRANCE.
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départements.
ASPECT PHYSIOLOGIQUE
DU PAYS.
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Le pays de l’Oise , quoique unpeu monotone, ne manque pas debeautés. Ses plaines, sur la gau-che de la rivière principale , sontpresque sans horizon, et sur ladroite scs collines, dont quelques-unes décorées par les habitantsdu nom de montagnes, ont unaspect riant. Çà et là de grandesforêts s’élèvent et couvrent lesixième delà superficie du dépar-tement. D’anciens châteaux do-minent des paysages étendus. Ilsannoncent Y ancienne activité his-torique de la contrée qu’aujour-d’hni un nombre considérable deroules vivifie dans tous les sens.Ses habitants , pour les manièresd’être, sentent leur voisinage dela capitale. Grâce à ce voisinage,ils subsistent plus aisément deleurs cultures cl de leurs indus-tries pour lesquelles ils trouventen quelque sorte à leurs portesun débouché toujours ouvert elcertain; ils ont les avantages deSeine-el-Oise sans en avoir les in-convénients.
CHEFS-LIEUX.
Le département destine pour Paris lamajeure partie de ses productions agri-coles et iiuhistrielles.il y envoie une abon-dance de légumes, de beurre, de froma-ges , de veaux engraissés avec art et re-cherchés (veaux de Pontoise ) ; puis, uneimmense quantité d’ouvrages de tablet-teries fabriquées à Méru , des verres àlunettes et à miroir polis à Songeons ;de lainages de Beauvais , de toiles deNoyon .
11 contient le canton le plus manu-facturier peut-être de toute la France (celui de Creil ) , puisque dans une lon-gueur de quatre lieues, cl une largeur dedeux lieues, ce canton contient 179 ma-nufactures et 8 mille ouvriers.
Le déparlement de l’Oise a d’ailleursplus de céréales qu’il ne lui en faut, faitde bon cidre, el exploite des carrières debeaux marbres, de pierres à bâtir, degrès assez bons , des amas de sable (inpour glaces.
Beauvais est une de nos vieillesvilles, et, eu égard à sa popula-tion, l’une des plus commerçanteset des plus industrielles. Le Thé-rain et PAvalon l'entourent el latraversent de leurs canaux. Elleest généralement mal bâtie et en-tourée d’un rempart qui formeune promenade agréable.
CHEFS-LIEUX
d'arrondissement.
On y remarque la cathédrale ,dont le chœur et les antiques vi-traux sont superbes; l’ancienneéglise bysantine de St-Etienne ,l’hôtel-de-ville, avec une belle fa-çade sur la place publique prin-cipale, le bureau des pauvres,la manufacture royale de tapisse-ries (tapisseries en haute-lisse)fondée par Colbert , la salle despectacle.
CLERMOMT .
N’a pas grande im-portance; elle occupela base d’une collinecouronnée d’un vieuxchâteau aux sites pitto-resques. On remarquesa bibliothèque et samaison centrale de dé-tention. 2000 habitants,i E.
COMPÏÈGNE,
célèbre et vieille villesur l’Oise . Son châteauroyal el sa forêt ont faitpresque toute sa re-nommée. Une anciennevoie romaine traversecelle-ci. 9000 habitants.E.
SENL1S,
Sur la N’onelte , citéde fondation gauloise ,se console aujourd'huipar l’industrie de sasplendeur d’autrefois.5000 habitants. S. E-
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Ce département présente l’as-pect d’une grande et riche vallée,bien arrosée par la Somme et au-tres cours d’eau moins considé-rables, fermée au nord-est pardes collines, et s’ouvrant à l’ouestpar une large percée sur les Ilotsde la Manche . Scs terres sont bien Icultivées et d’un grand rapport.Entre la Somme et l’Authie(cettedernière rivière la sépare du Pas- de-Calais ) s’étend le célèbre .Mar-quent cm, autrefois couvert par leseaux de l’Océan, et maintenantun des plus beaux pays qui'Sepuissent voir. De petits navires re-montent avec la marée jusqu’à Ab beville . Vers Péronne , à l’est, lesmarais à tourbes deviennent plusnombreux. Au centre , Amiens ,comme une reine,commande à unimmense rayon de campagnesfertiles, encombrées de villes, debourgs et de villages florissantspar l’industrieuse activité de leurpopulation. Celle-ci a conservétous les caractères de l’ancien pi-card ; la franchise, l'amour dutravail et la sobriété.
Les céréales, dont la récolte est assezconsidérable pour que l’on en exporteune grande quaulilé. D’abondantes plan-tations de chanvre et de lin. Les pom-miers , que l’on rencontre partout en unnombre étonnant, et qui, avec la bièreîle Flandre , fournissent la boisson duI pays. Les betteraves, aujourd’hui bran-che de culture très-productive, les bes-tiaux, les tourbières immenses, dontl’exploitation occupe une foule d’ou-vriers ; l’industrie la plus variée : voilàquelles sont les richesses de la Somme .s Abbeville a d’importantes manufactu-res d’étoffes île'laine, de colonnades, develours. Escarholin, dans son arrondis-sement, fabrique un nombre étoniianfd’ouvrages de quincaillerie, llam , Pé ronne , Montdidier et Poulens ont desfilatures célèbres. Amiens fait des ve-lours de coton, des satins des rubans,des lapis, des mérinos, des tissus depoils de chèvre , pour une valeur an-nuelle d’à peu près 10 millions.
11 y a dans d’aulres endroits des pape-teries, des fabriques de sucre indigène,de savon, d’huiles, de machines el demétiers, de produits cliiuiiques, etc.
La fondation d’Amiens , sur laSomme , remonte aux Gaulois.C’est aujourd’hui une belle ville,commerçante cl industrieuse, en-tourée de remparts et défendueen outre par une citadelle ; elle ade grandes places publiques, desrues droites, des maisons hauteset de bonne apparence, d’excel-lents et nombreux établissementsd’instruction.
Évêché. Cour royale.
45,000 habitants.
On remarque surtout la cathé-drale, chef-d’œuvre d’architecturegothique, le collège, la riche bi-bliothèque, le séminaire de Saint-Aeheul, la halle aux blés, l’hôtel-de-ville, le cimetière de la Made leine , la place de la llauloye.
C'est à Amiens que fut conclu ,en 1802, le fameux traité de paix«lire la république française et laGrande-Bretagne.
Sur la Somme,compte 20,000 habitants. G’cstune ville active et in-dustrielle , assez bienbâtie et fortifiée. La col-légiale de St-tYulfrany est à remarquer entreautres édifices. N. O.
DOULENS,
A la gauche de l’Au-lliie, n’a conservé deson ancienne splen-deur que sa forte cita-delle , rebâtie par Vau-ban. 4000 habitants. N-MONTDIDIER ,Peuplée comme Dou-ions de A000 et linéi-ques habitants, a peud’imporlance. S. E.
Sur la droite de laSomme , n'ouvrit jamaisses port es à un ennemi;c’est une ville forte, an-cienne et historique.4000 habitants. E.
RÉGION DU NORD-ESl\
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LIEUX REMARQUABLES.
HOMMES UTILES
ET CÉLÈBRES.
Granvilliers, Saeignics , peuplés de po-tiers ; Ilanvoile, Auneuil, gros bourgs ouvillages mamifaeluriers des environs duchef-lieu. Brcsle , et le pittoresque Chau mont , se font remarquer dans l’arrondis-sement de Beauvais . Crerecœur, IHouy,Liancourt , autres bourgs ; llreteuil , pe-tite ville qui possède des antiquités, danscelui de Clenuonl. Dans celui de Com-piègne, Xoyan fut un instant la capitalede l’empire de Charlemagne, cl aujour-d'hui peuplé de 0000 âmes, possède uneindustrie assez active et mie belle cathé-drale, jadis mélropoled’un évêché ; l’an-cien château de Pierrefonds se distinguapar la rapacité de scs seigneurs. Dansl’arrondissement de Sentis, Chantilly rap-pelle le souvenir du grand Comté, et desfêtes célèbres qu’il y donna à Louis XIV ;Crcil-sur-Oisc , est renommé pour son in-dustrie, et sur 2 h 3000 habitants, compte2000 ouvriers ; Slortefontaine , village,Possède un château qu’habita Joseph Napoléon ; Ermenonville , autre village,servit d’asile à J.-J. Rousseau, dont l’onY voit encore la tombe ; Ciwpj/, 3000 habi-tants, Tut la capitale d'une partie du pays;Pont-Saint-Jfa.rence, a 3000 habitants.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
Au nombre dos personnages célè-bres qui appartiennent par leur nais-sance au département, il faut mettresaint .Mettant, évêque de Noyon en533; les deux entiers de Vite-Adam,l’un guerrier distingué pendant l’in-vasion anglaise des XIV e el XV e siècle,l’antre 43 e grand-maître des Templiers Iné en 1404; Jeanne h'ouquel ou llachcl- jte, l’hèroïnc du siège de Beauvais en1472 ; le cardinal du Bellay, ambassa-deur de François 1 er ; le fameux ré-formateur Calein, né â Noyon , d’untonnelier, en 1500; l’abbé Daims , cri-tique distingué du XVII e el XVIII esiècle ; le philosophe I.angtel-Dufres-noy , un peu antérieur. Le grammai-rien Bcslaul, né en 1000; h'ahbc Mallet,célèbre physicien, né en 1700 ; le fa-meux philosophe alliée Dupuis; Saint-Jusl ,collègue de Robespierre ; Roland,ministre de la coin eut ion, et dontla femme lut si célèbre; le consul Le-brun ; le malheureux duc lYEngkien-,Lèsent, ingénieur, quilit une partie dela roule du Simp'.on ; llauï, créateurde la minéralogie moderne.
Peu de déparlements rassemblent autant de souvenirs historiques quecelui de l’Oise . Presque toutes les villes y sont de fondalion gallo-romaine;on y trouve partout des antiquités. Nous avons nommé ailleurs les peuplesgaulois qui l’habitaient, et cité Beauvais parmi les anciennes villes desGaules . Chilpérie s’y fil sacrer en 571- Les Normands , après avoir pris elpillé eetle ville plusieurs fois, la brûlèrent en 1013. Elle se rétablit, bientôtaprès, et r.e fut un capitaine nommé Jacques de Beauvais, qui donna sonnom à l'insurrection de la Jacquerie. En 1443, Jean Liguières, contre lesAnglais , et Jeanne llachctle encore plus contre Chaiies-lc-Témérairc,en 1472, s’y distinguèrent par leur courage. Compïègne , que l’on prétendavoir existé du temps des Romains, nommé Cartopolis (ville de Charles)par Charles-le-Uhauve, vit les couronnements de Lotiis-le-Bègue el d’Eu-des. Jeanne il’Arc s’y était enfermée, el fut prise dans une sortie contre lesAnglais , par la trahison du gouverneur Guillaume de I’Iavi. L’évêque deBeauvais , JHerre Cauehon, siégea parmi ses juges. Charlemagne el Ilugues-Capet furent couronnés â Noyon , dont Pépin -le-Bref avait commencé lacathédrale, et qui n’élait pas moins ancien que Beauvais . Les Normandssaccagèrent ci‘ltcville;dcpuis,i'lle eut â subir d’aulres sièges et incendies.Henri IV en chassa les ligueurs en 1594.
Les Romains donnèrent à Sentis le nom il’ Auguslomagus, el lui bâtirent mieenceinte dont on v oit encore les restes. Elle prit plus lard le nom de Sylvil-neclcs, comme étant entourée de forêt s, et fil part ie du domaine de llugues-Capet .Philippe-Auguste y épousa Élisabeth dellainaull en 1180 ; les ligueursy furent défaits en 1588. Le marquis de Rieux lit une défense célèbre à Pierre-fonds, contre les troupes de Henri IV . Crcspy v it la célèbre entrevue entreCharles-Quinl et François 1 er . Charles Martel mourut â Verubria. Pépin yconvoqua un concile ; Charlemagne l'habita ; Charles-lc-Chauvey tint le sy-node dit de Soissons , et y maria sa fille avec Edilvvif, l'un des rois de laBretagne . Cette ville fut ruinée par les Anglais , et n’est plus aujourd’huiqu’un bourg peu considérablefTerfteriç) entre Sentis et Compïègne .
Nous trouvons dans l’arrondissementd’Amiens, Airainc, gros bourg mannfac-hiriiT. Corbie , autrefois importante elêa te, mais démantelée par Louis XIV .Picquiguy, où s'abouchèrent, â traversdes treillages, LouisXIel Edouard d'An-gleterre.
Sninl-ltiquier , déchu comme Corbie ,niais lier encore de sa belle église de la''•‘naissance ; Crccy , qui rappelle la mal-heureuse bataille d’août 1340 ; St-Valéry,loti petit port de mer, d’où Cuillaume-le-Conquérant s’élança sur Albion avec1100 voiles et 100,000 soldats; Rue, LeVrotog , petites villes; Emir ! otin, grosv 'llage célèbre par son industrie.
Hans celui île Montdidier: Valleville,i\anl'"tour est singulière, et où, dit-on, S.-Vin-c <‘nl de Paul prêcha pour la première fois;tioye, 11 fois assiégée, 3 lois décimée parI" peste, et encore peuplée ile4000âmes;toaùry-uagneral, dont le château est cu-''ieux.
Dans celui de Péronne : llam et scsBiurs redoutables , où lurent retenusln'isouniers les ministres de Charles X ,Sl giialaircs des ordonnances de juillet;Albert, qui nous offre ses cascades et sesSouterrains; Ncste, qui nous rappelled°s Seigneurs célèbres.
Pierre YHermite, qui prêcha avectant de succès la première croisade ;Hugues des Payons, premier chef desTempliers en 1108 ; le cardinal PierreiVAilly, né en 1350 et surnommé l’Ai-gle des docteurs de France, le mar-teau des Hérétiques; Ducangc, auteurprincipal du Glossaire fameux quiporte son nom. Vinrent Voiture, poètedistingué, né en 1508; I’abhé il al-lait d, traducteur des Mille et une Nuits , orientaliste des plus distingués,né en 1040; Cressel, l’auteur du Mé-chanl, né en 1700 ; l’excellent gram-mairien de Wailly, né en 1724. Dît tc-blet, hébraïste ; le généreux philan-thrope Parmentier, auquel nous devous la culture si répandue de la pom-me de terre, né en 1737; l'astronomeDelambre; le louchant poète Mille-roye. L’illuslregénérul Eoy. Le savantorientaliste I.anglès ; les généraux del’empire friant et Dorsenne , sont re-vendiqués par le département.
On trouve dans le département de la Somme , partie de l’ancienne Pi-cardie, des traces de l’activité gauloise,romaine et du moyen âge. Conquisepar les Francs , la Picardie, dont le nom est assez peu ancien, fut donnéà des comtes par Louis li'-Débonnaire. Ilugues-Capet en possédait unepartie ; le reste fut, après l'extinction des fameux comtes de Vermandois ,qui possédaienl surtout le pays de l’Aisne , réuni â la couronne par Phi-lippc-Angusle. Plus lard, Charles VU en donna en gage plusieurs villes auduc de Bourgogne , pour une somme de 400 mille éens. Louis XI eut assezde peine à les retirer en 1403.
Amiens ne paraît pas avoir eu d'importance sous les Romains ; cepen-dant Clodion , selon la chronique, y établit le centre de ses conquêtes. Scssuccesseurs l'abandonnèrent pour des villes plus â l’ouest. Les Normandsle brûlèrent plusieurs fois; ce fut dans sa cathédrale que Charles VI épousal'infamc lsabeaii de Bavière . Louis XI , après diverses vicissitudes, le réunità la couronne. On se rappelle comment ce prince se mit lui - mêmeaux mains de Charles-le-Téméraire à Péronne , surnommée l'imprenable.Charles-le-Simple avait été aussi capt if dans eetle ville. En 1507, FerdinandTi'llo s'empara d’Amiens par le stratagème si connu du sac de noix.Henri IV le reprit dans l’année. Sous Louis XIV , les fameux négociantsVan Rohaix y jetèrent les fondements de sa grande industrie.
Abbeville n’était dans l’origine qu’un bourg. Fortifié par Ilugues-Capet,ce bourg devint la capitale de la célèbre seigneurie de Ponthieu. Ringos,un de ses citoyens,. » guerre des Anglais , préféra la mort la plus
affreuse à un parjure qu’exigeaient de lui ces ennemis cruels de la France ,Beaucoup plus tard, une femme, surnommée Bèque-Éloile, fol la JeanneHachette de Saint-Riequier,e\ repoussa les Espagnols,comme celte héroïneavait repoussé les Bourguignons â Beauvais . Nous avons cité le désastre dçCrécy, arrivé sous Philippe de Valois , et le grand souvenir qui se rattacheâ Saint-Valéry, c’est-à-dire, le départ de Guillaumc-lc-Conquérant.