AISNE CMJCTA3T ILE-DE-FRANCE, PICARDIE, CHAMPAGNE . PAS-DE-CALAIS ci -devait ARTOIS .
527,095 HABITANTS. - 368 LIEUES GÉOGRAPHIQUES CARRÉES. 664,654 HABITANTS. - 338 LIEUES GÉOGRAPHIQUES CARRÉES.
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RÉGION DU NORD-EST.
départements.
ASPECT PHYSIOLOGIQUE
DU PATS.
Une série de contrées plates,quelquefois marécageuses, maisplus souvent bien cultivées et fer-tiles , qui vont en s’inclinant vers
le nord, et sont coupées de toutesparts, soit par des vallées bien ar-rosées, soit par des enfoncementspeu profonds, mais d’une surfacetrès considérable. Un assez bonnombre de forêts disséminées.Quelques chaînes de collines dansles arrondissements de Montreuil cl de Boulogne , séparant ces con-trées de l’esta l’ouest, ou s’élevantsablonneuses à côté des dunessur les côtes. Au nord et au nord-ouest, la mer avec Albion dans lelointain. Des côtes basses, si cen’est vers Boulogne , et présentanten plusieurs endroits des terrainscouverts jadis par la mer, et au-jourd’hui d’une fertilité remar-quable. Des ports commerçants ;des routes nombreuses et fré-quentées; une population labo-rieuse , aisée, dont les usages rap-pellent souvent les Anglais , voilàeu somme le Pas-de-Calais .
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L’Oise traverse dans toute salargeur le département ; l’Aisne lui arrive du département de laMeuse et coule plus vers le midi.Dans le même sens, de son côté,sont des parties mon tueuses etforestières. Au nord, on rencon-tre des plaines basses, d’une cul-ture riche quelquefois, mais sou-vent aussi marécageuses. Uneétendue considérable de forêts,les brusques accidents du ter-rain refroidissent, dit-on, lepays, et causent des variationssubites de température nuisiblesà la végétation et aux hommes.Néanmoins, l’Aisne est un assezbeau département, bien peuplé,d’une population agricole et ma-nufacturière , qui ne manque ni
d’aisance ni d’instruction, et aug-mente rapidement. Les routes ysont nombreuses. Le voisinage deParis agit d’une manière favora-ble sur la contrée, qui a d’ailleursl’exemple des départements envi-ronnants, la plupart si aelifs, etl'imite en quelques endroits avecle plus heureux succès.
PRODUCTIONS AGRICOLES
CHEFS-LIEUX
CHEFS-LIEUX.
ET MANUFACTURIÈRES.
d’arrondissement.
Après celle des céréales, les culturesles plus importantesdu département sontles cultures des légumes, des fruits à ci-dee, du tabac, des plantes oléagineuses,de la betterave. Celle-ci alimente l’unedes plus considérables industries de l’Ar-tois , la fabrique du sucre indigène.
Le département nourrit aussi de nom-breux troupeaux de bêles à laine, ex-ploite des mines de houille, de grandestourbières, des carrières de bonnes pier-res de taille , de marbre et de pierres à
Arras , situé sur la Scarpe, dansune plaine fertile est divisée parle Crinchon en deux parties quifurent long-temps séparées. C’estune place de guerre de 3« classe,que l’on peut regarder commeune de nos belles cl florissantesvilles ; la plupart de ses maisonssont en pierres de taille.
BÉTllUNE,
Sur un roc, a 6000 ha-bilanls. Elle est défen-due par des fortifica-tions de Vauban . N.
BOULOGNE-SUR-MER Est une ville antique,célèbre et bien défen-due , de 20,000 habit.La colonne de la grandearmée domine la ville etla rade. N. O.
fusil. Boulogne et Saint-l’ol ont deseaux minérales.
Les produits manufacturiers sont va-riés. Arras a des huileries, et, comme Bou logne et Calais , qui arment pour la pêchede la baleine, de la morue et du maque-reau, des fabriques de dentelles et de tul-les. 11 se trouve ailleurs des tuileries, destanneries,des filatures de coton, des faïen-ceries et des poteries. Ces deux dernièresindustries exportent beaucoup pour lescolonies.
On distingue encore dans le départe-ment de bonnes fabriques de savon noir,des raffineries de sel, des filatures delin, des papeteries.
MONTREU1L-SUR-MER
Sur une colline, hdeux lieues de la côte,défendue par une cita-delle, a 4000 habitants.S. E.
SAINT-OMER ,Place forte de pre-mière classe, bien bâtie,20,000 hab. et une assezbelle cathédrale. N.
SAINT-FOL,Jadis Tervanne , aupied d’une colline , a4000 habitants. N.
Sa bibliothèque enrichie desdé-pouilles de l’abbaye de Saint-Vaast; ses collections d’art, sacathédrale et son hôlel-de-ville,tous deux édifices gothiques, sontremarquables. La ville renfermeaussi quelques belles places en-tourées d’arcades.
L’Aisne exporte au moins le tiers desgrains qu’il récolte ; il destine à la capi-tale une'part de scs excellents légumes(des haricots de Soissons , des artichautsde Laon ), de scs fromages, façon Marot-tes , de ses bois sciés en planches on tra-vaillés en sabots, de scs osiers tressésen vanneries fines, des sangsues de scsétangs. 11 nourrit des bêles à laine re-marquables , des abeilles ; engraisse en-core pour Paris de la grosse volaille.Quant à l’industrie commerciale , nom-mer les manufactures de linge de table,de colonnades, de batistes, de Saint- Quentin , les glaces de Saint-Gobain , laverrerie de Folambray , qui produit parau trois millions de bouteilles de Cham pagne et 150 mille cloches pour jardins ;c’est faire un liant éloge du pays. Plus de8000ouvriers sonljemployésdans ses fila-tures de coton : on porte Icnonibretotalà150 mille dans tout ledéparlemcnl. II con-tient plus de 1,300 moulins à farine. Lesfaînes de scs hêtres donnent parfois,dans une année, jusqu’à 200,000 francsd'huile, dont la fabrication occupebien des bras ; des blanchisseries, desfabriques de châles , de produits chimi-ques, etc., sont encore à citer.
Laon couronne une montagneisolée au milieu d’une grandeplaine. Sa position lui assured’elle-même une force militaireimposante. Au pied de la monta-gne s'étendent ses faubourgs.
A droite de la Marne,sur une colline couron-née par un vieux châ-teau, 5000 habitants. S.
8,800 habitant!.
Sur la Somme , a 18mille habitants et l’in-dustrie la plus distin-guée. Sa position, surune colline baignée parla Somme cl le canal deson nom, ne sauve passes habitants du peude salubrité des alen-tours. N. O.
Ce chef-lieu, d’ailleurs peu com-merçant cl point, industriel, n’ot-fre à la curiosité que sa tour pen-chée, sa cathédrale, sa bibliothè-que qui renferme une précieusecollection d’autographes. Ses pro-menades sont charmantes parleurs points de vue.
Sur l’Aisne , cncorrsiège d’un évêché, et cé-lèbre sous l’ancienntmonarchie, a £000 ha-bitants. S. E.
VERV1NS,Déchu comme Sois-sons , 2000 habitants
N. E.
RÉGION DU NORD-EST.
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LIEUX REMARQUABLES.
HOMMES Ü TI LES
ET CÉLÈBRES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
Nous citerons d’abord Calais , sur lePas, dans l’arrondissement de Boulogne .Cette célèbre ville, bien fortifiée et passa-blement commerçante, renfermant uneindustrie animée, compte à peu près11,000 habitants, parmi lesquels beau-coup d’ouvriers employés à la filature etau tissage du colon. Son port est le pas-sage le plus fréquenté de France en An-gleterre , et le rendez - vous d’une foulede petits navires qui font le commerceou le service des deux pays. La petiteville de Guines , celle de Lcns ; les grosbourgs de Courscl et de Saint-Pierre],le petit port d’ Àmbleleusc, sont dans lemême arrondissement.
Un remarque dans celui d’Arras laplace forte et commerçante d cBapaume,peuplée de 4,000 habitants ; les bellesusines du village de Saint-Laurent et Iîla-ngy. L’arrondissement de Béthune nousoffre le gros bourg de Carvin-Es) inoy;celui de Saint - Orner, la ville forte etcommerçante d’Airc, peuplée de 9,000 h.Ardres , dont le port n’est plus fréquenté ;celui de Montreuil , llesdin , jolie petiteAille forte. Le village d’Aziueourt estdans l’arrondissement, de Sainl-Pol.
Le digne ministre de Louis-Ie-Gros,Suger , qui naquit à l’abbaye de Saint-Berlin,à Sainl-Omer.£usfac/t« de Saint-Pierre , ce citoyen si dévoué dont noussavons tous l'impérissable histoire.Adam delà Halle, surnommé le bossud’Arras , poète du XIII e siècle. JacquesLefebvre, qui fut un des précepteursde François 1 er . Le scélérat fanatiqueDamiens. L’abbé Prévost, romancier,et son successeur non moins célèbremais trop libre, Pigaull-lc-Brun. Puisdes membres célèbres de la conven-tion : Hobcspierre, et son frère; Joseph Lebon , Lcbas, Lamourclle, qui con-cilia un inst ant les partis. De nos jours,les Daunou', les Tripier, les Sainte- Beuve , lits Hosamcl, appartiennent audépartement par leur naissance!.,_
L’Atrébatie et la Morinie, dont le territoire forma autrefois une partie del’Artois, et forme aujourd'hui le département du Pas-de-Calais , furent 1resfréquentées par les Romains. C’est à Boulogne , alors Gesoriacum , que s’em-barquèrent tous les chefs qui voulurent tenter des entreprises sur la IVe-tagne. Caligula y fil bâtir un immense phare, qui, rétabli par Charlemagne ,prit plus tard le nom de Tour d’Ordre, et s’écroula en 1644.Les attires villesdu département n’ont point des souvenirs très antiques. Prises en dernierressort par Louis Xlll et Louis XIV , leur possession nous a été confirméepar le traité des Pyrénées.
Mais tout le pays semble destiné à être toujours foulé par les armées :il est depuis les Romains, comme un champ de bataille permanent. Les Van-dales , les Francs , les Normands, les Anglais , les Espagnols , maîtres desPays-Bas,les Flamands , viennent tour-à-toury livrer des combats à ceuxqui dominent dans l'ancienne Gaule . Les villes sont tour-à-tour prises et re-prises. Là, sc passe en 1415 la funeste journée d’Azineourl; ici, celle qu’onappelle des Éperons, près de Thérouanne , et où Bayard fut fait prisonnier.Là, entre Ardres et Calais , s’étend le célèbre champ du Drap-d’Or, où Fran çois 1 er rivalisa de magnificence avec Henri VIII d’Angleterre.Citcrons-noustous les sièges de Calais , illustrés par le dévoûmcnl d’Eustache de Saint-Pierre, et qui, si long-temps au pouvoir des Anglais , fut repris par François de Guise en 1558 ; ceux d’Arras , dont le dernier lut conduit par Richelieu enpersonne ; ceux de Saint-Omer , d’Hesdin , où Louis Xlll fit le brave LaMeillerayc maréchal sur la brèche même ; de Sainl-Pol, de Béthune , deMontreuil ; la bataille de Lens , où le Grand Condé vainquit les Espa gnols , et celle d’Arras , où il se retira devant Turcnne ; l’arrivée, pendantune tempête terrible, à Ambleteuse , de Jacques 11, fugitif d’Angleterre ; lecamp rassemblé par Napoléon à Boulogne , pour la conquête de celle île.
Un souvenir tout pacifique se rattache encore à l’Artois, c’est celui del'invention moderne des puits artésiens.
Chauny , petite ville de 3 à 4 mille habi-tants , sur l’Oise , est le dépôt principaldes glaces de Saint-Gobain . La Père, villede 3,000 habitants, distinguée par uneécole d’artillerie, -la plus ancienne deFrance,et par la courageuse résistance deses habitants en 1815 ; Sl-Gobain, bourgfameux par sa manufacture ; l'ollcmbrayet Prémonlrë, villages île verreries; Notre-Dame de Liesse, pèlerinage fréquenté, sontdans l’arrondissement de Laon.
Dans celui de Château-Thierry , noustrouvons les ruines du château de 1èreen Tardcnois , puis la Verlé-Milon , heu-reuse patrie de Racine, cl petite ville dedeux mille habitants.
L’arrondissement de Sl-Quenlin nousoffre Hibernant, ville de 3 mille hab. oùnaquit le célèbre philosophe Condorcet.
Dans l’arrondissement île Soissons , ilfaut citer : Villers-CoUerels, ville de 3,000habitants , au milieu d’une grande forêt,<; l son château où est établi le dépôt dehiendieilé du département de la Seine .
Enfin , l’arrondissement de Yervinsnous offre : Guise , jadis ville forte; liir-s an et Aubcnton , peuplés de petits fabri-cants ; Origny , gros bourg commerçant.
Les rois Caribert , Chilperic I , Clo taire II , Lolhairc /, et la reine l'rcdc-gonde. Le cardinal Antoine de Bourbon que l'on opposa un instant à Henri IV ,naquirent dans le pays. 11 revendiqueaussi en guerriers : le fameux chef dela ligue Mayenne ; César de Vendôme ,fils d’Henri IV , qui détruisit le flotteespagnole devant Barcelonne ; le pre-mier Condé, assassiné à Jarnac; lebrave I.ahire. Puis cinq maréchaux :d’Armenlicre, de Béions, de Clioiseul,de Puy-Segur, Scrruiricr. Eu poètes :Hacine, Lafontaine, notre contempo-rain Dumas. En hommes d’Etat : Dcs-marels , Quinette.
L’évêque do Lisieux Uentiwjer, quis'opposa au mai sacre des protes-tants^ Bamus; le célèbre duc de Saint-Simon et le philosophe Condorcet ;Papillon, qui inventa les papiersde tenture; Quinquet, qui adonnéson nom aux lampes de son inven-tion, doivent aussi être cités parmiles hommes remarquables du dépar
tentent.
Les contrées de l’Aisne ont, comme celles du Pas-du-Calais, presque tou-jours été désolées par la guerre, et à peu près de la même manière, si cen’est qu’il faut encore y ajouter l’invasion des alliés en 1814 .
Leurs villes principales sont de fondation gauloise . Soissons eut long-temps la priorité. Elle s’appelait avant César Noviodunum, et l’un de sesrois, Diviliacus, avait été un prince célébré et puissant. Auguste abolit cenom, et y substitua le sien,en y joignant le nom des peuples du pays(Au-gusta Sucssionum).Clovis, après sa victoire surSiagrius, en 486, fil d’abordde Soissons sa capitale. Dans les partages qui suivirent sa rnorl,cette villefut aussi le centre passager de plusieurs royaumes.Pépin se fit couronnerroi de France dans sa cathédrale; Cbarles-lc-Simple livra, près de ses murs,la bataille qui décida de l’abaissement de la race earlovingienne. Soissons resta alors quelque temps sans maîtres. Elle tomba dans la suite au pou-voir des Anglais , fut prise par les troupes de Charles VI ; disputée par lesBourguignons et les Armagnacs. Après ces calamités, elle jouit de quelquetemps de calme ; mais, l’une des premières victimes des guerres religieuses,elle fut prise cl saccagée par les Hugueuots, reconquise par Mayenne , lechef de la Ligue. Enfin, pour dernière catastrophe, elle fut prise et reprisequatre fois pendant l’invasion des alliés en 1814. Louis-le-Débonnaire avaitét é renfermé non loin de ses murs, dans l’abbaye de Saint-Médard, en ruinesaujourd’hui. 11 s’y tint, de 743 à 1456, 13 conciles.
Laon , qui devait sa fondation à son château fort, gaulois ou romain, jouaaussi un rôle, mais dans des querelles moins dangereuses; il vil siégerdans ses murs plusieurs conciles célèbres. Ses évêque sciaient puissants ethonorés. Laon fit une belle défense contre les alliés, et lut, du hautde scs murs, témoin des sanglants combats des 9, 10 cl II mars 1814,entre Napoléon , lilücher et Marmont. Saint-Quentin , jusqu’à Henri IV ,eut beaucoup à souffrir, de même que Vervins , des disputes des ducs deBourgogne et des rois de France . Un traité célèbre fut conclu dans cettedernière ville entre Henri IV et Philippe 11, roi d’Espagne .