SAONE-ET-LOIRE CI «ETANT BOURGOGNE. AIN CI devant bourgogne.
538.507 HABITANTS. — 290 L1ELES.GÉOGRAPI1IQUKS CARRÉES. 346,188 HABITANTS. — 295 LIEUES GÉOGRAPHIQUES CARRÉES.
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RÉGION I)U SUD-EST.
départements.
/
ASPECT physiologique
DU PAYS.
les premières,de nombreux trans-ports ; au milieu , l’Ain , qui di-vise le pays eu deux régions ,Tune orientale , où s’élèvent dehautes montagnes aux valléesprofondes, à la population pres-que suisse de carriers et de nour-risseurs de bestiaux , de pelilsfabricants ; l’autre , composéed’un vaste plateau , qui formel’ancienne Bresse , et divisée elle-même en deux régions, la pre-mière, ayant un sol fertile et biencultivé, la seconde, semée d’é-I langs, froide, malsaine, avec unepopulation triste, découragée.Partout en général, un climatalpin, rude, pluvieux dans lamauvaise saison, et trop sec enété. Peu de commerce, malgré la
proximité de Lyon et de Genève ;peu d’industrie, si ce n’est dansle Delta du Bugey, entre le Rhône cl l’Ain ; des villes peu considé-rables : voilà le département quinous occupe.
L’Ain récolte plus de céréales qu’il nelui en faut, exporte passé la moitié deses vins d’une qualité secondaire, a detrès belles plantations de chanvre et delin, possède une race de chevaux esti-més, mais bien moins qu’autrefois , en-graisse pour Lyon un assez grand nom-bre de bêtes à cornes, élève des abeilles,cultive le mûrier, et envoie au loin unequantité considérable de volailles fa-meuses. Ses étangs qui sont alternative-ment desséchés et mis en culture, puisremplis et exploités pour la pêche, luisont d’un grand rapport.
11 a, dans la région montagneuse,des mines de fer, d'excellentes pierres àbâtir, et les meilleures pierres lithogra-phiques de France cl des exploitationsd’asphalte (àSeyssel); dans- l’autre ré-gion, de la tourbe, et quelque peu dehouille. Au premier rang, parmi ses pro-duits manufacluriers, nous mettons leschapeaux de paille d’Italie , les toiles deRenay et de Saint-Rambert, les papierset carions, les peignes et la tabletteried’Oyonax. Près de Cà 7000 montagnardsquittent le pays et porlenL ailleurs leurindustrie grossière.
CHEFS-LIEUX.
CHEFS-LIEUX
d’arrondissement.
Bourg , ou Bourg-en-Bresse ,est situé dans un bassin agréa-ble. Sa bâtisse est, irrégulière ettrop étendue pour la population.Ses établissements d’utilité publi-que, surtout ceux d’instruction,sont nombreux ; ses promenadesfort jolies.
Sur la droite du Rhô ne , siège d’un évêché ,ville aussi petite qu’an-cienne , n’a de remar-quable que son palaisépiscopal. 4000 h. S.-E.
Est situé sur un tor-rent, au pied du Jura ,et a 3000 habitants. E.
BOURG,
OU BüURG-KN-MlKSSti.
9,000 habitants.
4000 habitants , estrenommé par l’indus-trie de ses habitants.Elle s’étend sur le bordd’un petit lac. E.
TRÉVOUX
0n admire à Bourg un fort belhôpital, et la charmante église deNotre-Dame dcBrou. La ville pour-rait avoir beaucoup plus de com-merce qu’elle n’en a. C’est, la patriede l’illustre astronome Lalande .
Occupe le penchantd’une colline, sur lagauche de la Saône .Les jésuites l’ont ren-du célèbre par diver-ses publications qu’ilsy ont faites. Trévoux a3000 habitants. S.-O.
| Une chaîne de montagnes par-I tage le département de Saône-et-Loirc en deux grandes vallées ,ouvertes chacune vers le sud, etchacune également fertile et in-dustrieuse. La Saône du nord-estau sud-sud-est ; la Loire , du sud-sud-ouest à l’ouest; le canal du Centre qui joint les deux rivières ;des roules très fréquentées en-tretiennent par tout le départe-ment une vie heureuse et activepar excellence.
Des terres fécondes en moissons/ magnifiques et variées, de gras\ pâturages, des coteaux comptésparmi les meilleurs vignobles, degrands établissements manufac-turiers, des exploitations consi-dérables de houilles et de minesle mettent au nombre de nos dé-partements les plus importants.
Le grand nombre d’étangs quisont répan lus dans les partiesbasses, les rendent peu salubres.On en a uliliséquelques-nnspourl’alimentation du canal du centre.
Les [daines de la Sàone sontmagnifiques. La montagne est\ beaucoup moins riche.
Les terres de Saône-et-Loire sont fer-tiles en chanvres , en fourrages, en cé-réales , et en vins estimés. Tout lemonde connaît parmi ces derniers ceuxde Mâcon él de Thorins. Le départementa beaucoup «le bestiaux d’une belleapparence; il engraisse une grandequantité de porcs et de volaille, exploiteen abondance des mines de fer, dehouille, de manganèse, des carrières demarbre, de pierres à bâtir et lithogra-phiques, de grès , etc. Les forêts sontconsidérables et couvrent passé le sep-tième delà superficie. On distingue cellesde Jleauregard et du Roussay.
L’industrie métallurgique, est aussipour lui la plus productive et la plusexercée. Ses usines du Creusot ont unrenom européen ; sa cristallerie de Monl-cenis était, il y a peu encore, une desquatre grandes de France . La verrerie deLamottc fabrique par an plus d’un mil-lion de bouteilles à vins de Bourgogne .Nous citerons en outre, comme produitsmanufacturiers, les couvertures de laines,l’horlogerie, les papiers, la coutellerie,les armes à feu , les mastics, les huiles,les eaux-de-vie.
Mâcon est situé à la frontièredu département de l’Ain , sur larive droite de la Saône . Cette ri-vière favorise son important com-merce de vins. Un pont de treizearches lie la ville avec le faubourgSaint-Laurent sur la rive gauche.
L’intérieur de Mâcon est malbâti, ses rues sont étroites et tor-tueuses, et les places publiques ymanquent ; mais la ville est bor-dée de (ptais superbes où s’élè-vent de grands et beaux édifices,qui sont, avec l’hôpital bâti parSouiïlol, ses constructions re-marquables.
CIIALONS-SUR-SAONE
A 11,000 habitants.C’est nue ville depuislong-temps considéra-ble, située dans uneplaine haute, riche clfertile, à la jonction ducanal du Centre avecla Saône . Sa bâtissegénérale est agréable ;quelques-uns de scsédiliccs sont beaux, etson commerce est desplus importants. N.
CI1AROLLES,
Petite ville de 3000habitants, située entredeux coteaux sur laReconce. O.
Qui en a 10,000, tientparmi nos vieilles villescélèbres u n ra ng remar-quable. 11 possède u«évêché, une belle place, et plusieursbeaux édifices. N.-O-LOHUANS
A 3000 habitants, estindustrieuse et joli*-’-N.-E.
RÉGION DU SUD-EST.
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LIEUX REMARQUABLES.
HOMMES UTILES.
ET CÉLÈBRES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
Nous trouvons dans l’arrondissementdu chef-lieu, le gros bourg de Meillonnasimportant par ses faïenceries ; les troisPont de Veyle , Pont d'Alin et Pont deVaux , celui-ci, ville de 3000 âmes, etcommerçant ; la commune de Vos , peu-plée, dit-on, par les descendants des Sar-razins. L’arrondissement de Belley ren-ferme les petites villes de J.agnieu etSaint-Vambcrl , toutes deux remarqua-bles par leur industrie (chapeaux enpaille, toiles), et la dernière par la gorgefameuse qui l’avoisine; celles de Villeboisdont les carrières de pierre de taille sonttrès riches, et de Seyssel ou Ton exploitele bitume, plus petites encore.
Dans l’arrondissement de Gex : le fort
1 ’Ecluse dont les Cassemates sont tailléesdans le roc, Fcrncy, élevée au rang deville par Voltaire , associée a sa gloire ;VcUegarde , voisine de la porte du Rhône ;le village d’isernorc remarquable par sesruines ; to liai me, village, et la Fermi*de Sapey. Dans celui de Trévoux : Clui-lillon, les Dombcs, Monluel et Thoissey ,petites villes sans importance; J Lonl-Piei le, bourg connu par sa foire. Le grosbourg d'Oyonax dans celui «le Nantua.
Ozanam mathématicien, qui mé-rita d’être cité par Dcscarles ; Claude de Seyssel , conseiller «le Louis Xll ;Durrt, médecin de Charles IX et com-mentateur d’Hippocrate ; le romancierd’Urfé si célèbre sous Henri IV etLouis XIII , et que Ton fait aussi naî-tre à Marseille ; le grammairien Vau-gclas un peu postérieur; les pèresvieillot et François Piquet, mission-naires, l’un en Chine et peu connu,l’autre au Canada en 1735 et bien pluscélèbre. Conimerson , l’un des compa-gnons les [dus distingués de Bou-gainville ; Jérôme Lalande , astro-nome et mathématicien fameux ; legénéral Joubcrl ; l’illustre médecinVichal, qui figure sur le fronton duPanthéon de Paris . Le baron Iliche-rand, non moins fameux physiolo-giste; Vrillai Savarin, ce spirituel gas-tronome, auteur de la physiologie dugoût. Michaud , «le l’académie fran çaise , auteur de l’Histoire «les Croi sades .
Le département de l’Ain est formé de la Bresse , du Bugey , du Marqui-sat de Val Romey, «le la principauté «le Dombes et du pays «le Gex ; toutes«'outrées pauvres en souvenirs histori«[ues, cl presque toujours en dehorsdu mouvement général. On y a trouvé çà et là, plusieurs monuments «leTépoipic Gauloise , «les médailles de Vercingétorix , d’Annibal, de la colo-nie de Massilia (Marseille ). Les Romains, les Ostrogot lis et les Sarrazins ,dont nous avons dit qu’on voulait voir les «h'scendanls dans la commune deBoz, ont aussi laissé «Uts traces éparses de leur passage dans le pays.
Les provinces nommées plus haut, à l'exception du pays «le Gex , tirentd'abord partie de la première Lyonnaise ; [mis du premier cl puissantroyaume de Bourgogne , et après les victoires sur les Sarrazins , de l’em-pire de Charlemagne. La faiblesse des successeurs de ce prince, permit àdes seigneurs de se rendre ' ‘ unis dans la Bresse , le Bugi'y, ele. En-
suite ces provinces [lassèrent à l’empire «l’Allemagne , et de cet empire àla Savoie . Le traité de Lyon en 1001 , les rendit à Henri IV avec le paysde Gex, qui avait appartenu à Genève , à Berne et à la Savoie . La fertilitéde la Bresse lui valut le triste privilège d’être jusque là un sujet presquecontinuel «te disputes.
On ignore l’époque très ancienne de la fondation de Bourg; celle deBelley a été attribuée à Creuse , la femme d’Enée . Charles-le-Chauvc fut in-humé à Nantua . Trévoux paraît aussi être très ancien ; ce fut dans sesenvirons «pie lVtnperour Septime-Sevère défit son rival Albinos . On n’estpôinl d’accord sur ce qu’a pu être autrefois Isernore. Les uns y placent untemple de Mercure, les autres une forteresse qui devait dérendre la gorg<>de Nantua . Des médailles «les premiers rois bourguignons portent sonnom.
Le fort l’Écluse est très ancien. Il fut rebâti par les ducs de Savoie , et cédéà ha France en 1001 après avoir été prisparLesdigiiièros([ui l’avait àilesseinlaissé réparer. Les Autrichiens s’en emparèrent en 1814 et 1815. Ils firentalors sauter une pallie des fortifications, qui depuis ont i‘té rétablies.
Ctuny , élevé à l’ombre d’une abbayede bénédictins «pii fut peut-être la pluscélèbre de France , 4009 habitants; Tour-nas sur la Saône , dans une contrée ad-mirable est commerçante et peuplée de6000 hab; Romanèchcs, gros bourg de 2000habitants près «les fameux vignobles deThorins et de Moulin à vent, et célèbrepar son inépuisable mine de Manganèse ,sont les lieux les plus importants «lel’arrondissement de Mâcon .
Sourbon-Lancy, ville de 2000 âmes ,qui possède des eaux distinguées cl desbains connus «les Romains; Digoin ,bourg de 3000 âmes , où commence lecanal du centre ; Marcigny qui a égahvnicnt 3ooo habitants et commerce engrains, sont situées dans l'arrondisse-ment de Charollcs.
Hans celui d'Autun, Ton remarque laPetite ville de Montccnis qui vil des houil-lères et des usines de ses environs ; legros et. célèbre bourg du Creusot , quia3000 habitants, et possède des forges, deslonderies et une cristallerie royale très fa-meuse ; Epinac , village où commence lechemin de fer qui conduit au canal de
Le pays de Saône-et-Loire a, commele reste de la Bourgogne , produitbeaucoup de personnages distingués.Nous cirerons surtout le profes-seur d’éloquence Eumènes, «pii sedistingua sous Constance «‘t Constan tin ; Tun des premiers évêques de Pa ris , Saint . Germain; le sire dcCourpiaequi, gouverneur de Charles IX , neput vaincre les mauvais penchantsde son disciple ; le président J tannin,ami intime d'Henri IV . Le hcncdic-ti nClcmencct, chronologislc du 18""siècle ; il Toreau et Sencce, Tun méde-cin, l’autre littérateur du 17'siècle;Vycr , premier traducteur «lu Coran ;les peintres Creuse al Proudon, l’hon-neur de l’école française ; le géogra-phe Robert. Puis les généraux de larépubliipie <‘t de l'empire : Girault,IVesshiel cl l’iluillier; madame de Gen-lis; Mathieu, du bureau des longitu-des; M. de Lamartine, le [dus beaugénie poétique depuis Byron et Châ-tcaubriant.
Le département suit pour l'histoire les destinées générales de la Bour gogne ; il lut le pays principal de la puissance des Eduens. C«‘S Gauloiscélèbres avaient pour capitale Vibracle, aujourd'hui Aulun ; cette ville ,après la conquête de César, recul le nom d'Augustodunum et «levinl Tunedes [dus opulentes cités «les Gaules . I’Iusieurs grands chemins militairess’y croisaient ; elle «levait renfi-rmer «les monumeuls magnifiques à en ju-ger par les portes Arroun et Saint-André , ouvrages romains , «‘t par lesrestes d’un antique amphithéâtre. La première cause de sa décadence futla révolte de Tétrieus «pii en ruina une partie. Une autre fut renverséeparles Burgondes. En vain Constantin , qui l’habita, y éleva beaucoup «leconstructions nouvelles. L’invasion des Bourguignons , leurs guerres avecl«'s Francs , et linafrmenl surtout les ravages des Sarrazins, «‘nlevèrenl àAutun tout le lustre qu’il tenait de Rome ; Louis XI la réunit au do-maine de France . Le pays de Mâcon , aussi occupé par les Romains, etagité des mêmes vicissitudes, fut également réuni à la couronne parLouis XI Gabülonnaus était une «h-s places importantes de la Gaule ; elleprit plus tard le nom de Chàlons, fut la capitale des rois de Bourgogne «le la première race , «il devint dans la suite, le chef-lieu «Tun comté as-sez peu célèbre. Le Charolais, après maints changements de maîtresne fut définitivement, réuni à la couronne «pic sous Louis XV . Alors un«lèses comtes se rendit célèbre par sa froiile et horrible cruauté.
L’abbaye de Cluny avait été fondée en 910 par Guillaume duc «TAijoi-taine: «l«'s Tapes, «les Rois prirent plaisir à la visiter, et à Tembcllir. Lepape Gelase y mourut, et son suceess«‘ur Calixlc 11 fut élu dans ses murspar un conclave. Châlons cl Tournus furent «lévastés au 8" 1 * siècle parles Sarrazins, «loiil on veut trouver encore des descendants à Haligny ; onles appelle Chizcroths.