RÉGION DU SUD-EST.
AS
DÉPARTEMENTS.
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ASPECT PHYSIOLOGIQUE
DU PATS.
I
Le département de la Loire esttraversé du sud au nord, par lefleuve qui lui donne son nom.Une chaîne de montagnes grani-tiques borde ce fleuve à l’est. Lesterres qu’il arrose ne sont pointfertiles et quelquefois mal culti-vées. Elles forment vers le centreune vaste plaine semée d’étangs.Les montagnes sont disséminéesan sud-est, et du côté du Rhône ,s’arrondissent en une sorte d’am-phithéâtre. L’industrie la plus ac-tive régné presque partout.Cependant l'arrondissement de\ Montbrison renferme plus d’agri-culteurs cpie d’ouvriers ; maisdans ceux de Roanne , et surtoutde Saint-Etienne , l’on n’entendque le bruit des forges, des usineset des métiers; l’on ne rencontreque des bateaux ou des voitureschargés de houille, et l’œil suitavec admiration les wagons pe-sants qui passent avec une éton-nante rapidité sur les chemins defer. Le département renfermetrois de ces chemins , un canaltrès fréquenté, et cinq routesroyales, sans compter son fleuve.
CHEFS-LIEUX.
CHEFS-LIEUX
d'arrondissement.
Le département de la Loire a de bellesforêts, mais sa récolte en grains estinsuffisante. On cultive la vigne avecsuccès dans les environs du Rhône . Plu-sieurs communes, surtout Iïourg-l’Ar-gental , ont de magnifiques plantationsde mûriers. La pomme de terre est pres-que partout une abondante ressource.Les habitants engraissent une grandequantité de volailles.
Mais ce qui fait la principale richessedu pays, ce sont les inépuisables minesde bouille des territoires de St-Elienne,Saint- Chamond , Rive de Gier , etc., aussiriches que celles du Nord. Il a aussides mines de fer et de plomb, des car-rières de marbre, de pierres à fusil.
1.'exploitation des mines et de lahouille, son transport et le travail desmétaux viennent à son aide. La fabrica-tion des rubans de soie cl des tissus decoton et de fil, sont les deux grandes in-dustries du département. L’arrondisse-ment de Saint-Etienne est celui qui y em-ploie le plus grand nombre de bras et demachines; celui de Roanne a aussi desfabriques de mousseline. On y construitd’ailleurs, ainsi que dans celui de Mont brison , de grands bateaux qui vont horsdu pays, chargés de houille ou d’autresmarchandises.
Montbrison , construit autourd'une sorte de pyramide volcani-que, sur la petite rivière Vizezy,est un de nos chefs-lieux de dépar-tement les moins importants, etne doit qu’à sa position centralel’honneur d’être la résidence dupréfet.
5,000 habita»»*.
C’est une petite ville triste, malbâtie, ayant quelques édifices peuimportants, comme le collège, laballe au blé, le palais de justice,pour décoration. Dans ses envi-rons , il y a un établissementd’eaux minérales.
Au nord du départe-ment, surlarive gauchede la Loire , est une villede 0000 li., industrieuseet bien bâtie. Sou pontsur le fleuve, son col-lège, son hospice, pas-sent pour .être beaux.Son commerce est trèsétendu. Des chemins defer la lient par le villaged'Andrezicux , sur laLoire , àSt-Eticnne. N.
SAINT-ETIENNE,
Sur le Furens, l’unedes plus industrieusesvilles du royaume ; im-portante par ses houil-les,sa manufaclured’ar-mes , sarubannerie desoie, ses filatures de co-ton.L’onn’cneitcaucunédifice; ses habitantsaffectent une étonnant esimplicité, et sont aunombre de 00,000, villeet banlieue. S. E.
Des montagnes qui furent laplupart volcaniques autrefois, etdont quelques-unes s’élancent,sous les formes les plus bizarres,les plus variées, et souvent lesplus majestueuses , couvrent etcirconscrivent le département de la Haute-Loire . L’artiste seplaît au milieu des beautés sau-| vages de cette contrée, et le na-turaliste aime à en étudier lesconfigurations et les terrains,mais l’on n’y trouve ni ville, ni in-dustrie importante.
La population pauvre, moitiéavec les qualités vives et passion-nées de l'habitant du Midi , moitiéavec la patiente rudesse' du mon-tagnard il’Auvergne, envoie cha-que année son trop plein cher-cher hors du pays une vit' quecelui-ci lui refuserait. Cepen-dant beaucoup de terres fertili-sées par les scories volcaniques,sont d’un bon rapport , mais leclimat est. en général variable etrigoureux, et l’agriculteur, : peuinstruit, ne sait point utiliserconvenablement le sol commis àses peines.
La Haute-Loire a, comme la Loire , debelles forêts renfermant un gibier nom-breux et estimé. Sa récolte eu céréalesest plus abondante ; elle n-cueille aussides légumes estimés , de bons et abon-dants fourrages. Mais elle est contrainted’importer une quantité considérable devins, car ses quelques vignobles de l'ar-rondissement du Puy ne lui suffisentpas.
Les cultivateurs élèvent de beaux etforts mulets, et des abeilles dans quel-ques localités. En richesses minérales,nous citerons : les marbres, les serpen-tines , les grès à meules, et surtout lahouille.
En industrie, les briqueteries , les po-teries , les tanneries. La fabrication desblondes et des dentelles est très répan-due parmi les classes pauvres; cepen-dant elle est peu productive. On con-struit aussi beaucoup de bateaux pourservira l’exportation de la houille parl’Ailier. Mais la fabrique la plus connueest celle des grelots pour les chevaux etmulets , fabrique qui fournit presquetous les muletiers du midi, et les routiersde l’intérieur.
Le Puy est pittoresquement si-tué, non loin de la rive gauche dela Loire , à la base du mont Anis,que termine le rocher volcaniquede Corneille. C’est une vieille villeaux rues escarpées, à l'aspectsombre.
LE PUY
OU I.E PUY EN VEI.AY.
Evêché. 15,000 habitants.
L’on vante sa cathédrale gothique, à .laquelle on arrive par 118marches, cl l'église de Saint-Lau-rent, qui renferme les restes mor-tels du valeureux Duguesclin. Ily a encore au l’uy un muséed’auliquités remarquables , etplusieurs établissements d’in-struction, qui feraient honneur àune plus grande ville.
B1UOUDE,
Près de l’AUier, oc-cupeune jolie situationdans un pays fertile-On lui donne 5000 liai)-Elle possède une vieilleéglise remarquable.Soiiantiquité ne peut êtrerévoquée eu doute. N.O.
ISSENGEAUX,
7000 habitants , su» -une haute colline, dan*un pays triste, n'a rienqui le recommande ;ll’attention. Sa popula-tion est industrieuse-N. E.
REGION DU
SUD-EST. 43
LIEUX REMARQUABLES.
HOMMES UTILES
ET CÉLÈRRES.
!
Dans l’arrondissement de Montbrison ,nous trouvons : Feurs, ville de 2000 ha-bitants , qui donna sou nom au Forez dont elle fut la capitale; Andrezicux , vil-lage sur la Loire , entrepôt de houille desplus importants; le Clidtcau de la lldlie,sur le I.ignon, ancienne résidence desd’Urfé; le village de Moingl, qui fut uneville considérable au temps de Ptolomée;Sl-Bonnel-le-Chdleau, ville fort ancienne,de 2500 habitants, avec une belle église;Sl-Galmier, bourg de 3000 habitants, im-portant pour ses eaux minérales et soncommerce de] cierges ; St-Ramberl-sur-Loire , 3000 habitants, renommé pour sesgrands chantiers de bateaux.
Dans celui de Roanne , sont : Cluirlicu,ville de 3000 habitants, ou fut une célèbreabbaye de bénédictins ; St-Symphoricn-dc-Lay, 4000 habit anis, important pourses fabriques de mousselines ; Sl-Alban,joli bourg dont les eaux minérales sonttrès fréquentées ; Néronde , toute petiteville de 1200 habitants, dont on fait re-monter la fondation à Néron .
Dans celui.de Saint-Etienne, on re-marque Bourg-Argenlal, dont nous avonsparlé ; Rivc-de-Gier , important pour seshouilles, cl peuplé de 9000 habitants;Sainl-Cluvnonl , jolie ville de fabrique etde commerce, avec 7000 habitants, surle Gier.
Nous citerons parmi les personna-ges distingués du département de laLoire : le cardinal de Lagrange, mi-nistre sous Charles V ; les deux Du-pais et Papon, jurisconsultes célèbresau 16' siècle; le cardinal Gouffler-Roysy, grand-aumônier de France ,vers le même temps, et son frère, letrop fameux amiral Bonnivel, tué à labataille de l’avie, et l une des causesprincipales des malheurs de la France à cette époque ; le père Colhon , con-fesseur de Henri IV ; le compilateurdu y'erdier, auteur de la Bibliothèquedes Ailleurs français au 16" siècle,ouvrage imparfait, mais curieux poul-ie temps ; Dom Pcrnelli, antiquairedistingué du 18 e siècle; Dùverney,anatomiste’; l’abbé Terray , fameuxparlcsystèmcdeLaw, sous LouisXV .De nos jours, M. Jules Jan.’n.
Le pays de la Loire , habité autrefois par U'sSegusiani, dont la capitaleétait Feurs, qui donna [fins tard à la contrée le nom de Forez , fut un desthéâtres de la lutte cntreCésar cl les Gaulois; on montre même, près d’unvillage de l'arrondissement de Roanne , l’endroit où l’on prétend que legénéral romain remporta sa victoire décisive sur Vercingétorix , roi des
A verni. On a trouvé çà et là un assez grand nombre d'antiquités ro-maines. Après la complète des Francs et le démembrement de l’empiredes Carlovingicns , les comtes du Forez se rendirent indépendants. Fran çois 1 er le réunit à la couronne.
Le Lyonnais suivit à peu près toujours l’histoire de Lyon . Comme pro-vince , il comprit à la fois le Forez et le Beaujolais. Celui-ci, dont la ca-pitale fut d’abord lleaujen, donna naissance à la célèbre maison de cenom, et entra plus tard dans l'apanage d’Orléans .
Montbrison , fondé autour d'un château des comtes du Forez , et fortifié,fut pris en 1562, par le fameux baron des Adrets, le plus impitoyable deschefs protestants. Saint-Etienne ne remonte guère qu’au 10 e siècle. Lapremière manufacture d’armes y fut établie sous François I er , par unnommé George Vigile. La ville s’agrandit promptement. Le baron desAdrets y commit, comme à Montbrison , d’insignes cruautés. Elle eutpeine à se rétablir de ses ravages. Une peste affreuse, en 1628 et 29, dé-cima ses habitants. L’histoire doit retenir le nom de son curé Colombe! ,qui en 1690, jua scs labeurs et sa fortune à réparer tant de malheurs.
Les guerres et les progrès croissants du luxe amenèrent mieux encore le[■établissement de Saint-Etienne .
Fresque toutes les autres villes du département de la Loire passentpour très anciennes. Ainsi Roanne , sous le nom de Rodumna , fut unedes places principales des Ségusiens ; mais elle ne se releva qu’au com-mencement du dernier siècle. On y voit encore quelques antiquitésromaines, des restes de bains, des mosaïques, etc.
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Près lcPuy, le Roc de St-Micliel, oùl’onmonte par 260 marches taillées en spi-rale ; les Rochers-d’Expally, qui s’élèventen colonnades basaltiques, rangées com-me des tuyaux d’orgue, et sont dominéspar les ruines d'un vieux château ; pay-sage magnifique; le lac du Bouchet, quiremplit le cratère d'un volcan; Polignac,bourg situé dans une position des pluspittoresques, sur l’emplacement d’un an-cien temple d’Apollon : voilà les endroits•es [dus remarquables de l’arrondisse-ment du Puy. Cependant l’on cite encorelé village de Goudel, et son lemplc natu-rel, figuré par unVourant de lave, et. lapetite ville de Crapone.
Dans celui de Brioudc, on trouve Lan-geac, petite ville de 3000 habitants, oùl'on exploite le grès à meules ; Yezezouls,sur l’Ailier, où l'on construit chaque an-née environ 1600 bateaux.
'Renée , Monislrol , sont de petites villesindustrieuses dans celui d'issengeau : lapremière à 6000 habitants, la secondeAooo, toutes deux se font remarquer parleur industrie ( dentelles et papiers ) ;Mont faucon, petite ville sur une hauteur.
La famille des I’olignac, qui donnanaissance au cardinal Polignac , négo-ciateur de la paix d’Utrecht , et auteurde l’Anti-Lucrèce, et au malheureuxministre de Charles X , cause princi-pale du parjure de ce prince et de sachute. Celle des Lafayclle, dont estissue l'homme le plus célèbre de notreépoque après Napoléon , sont origi-naires du département. 1) compte par-mi ses enfants les plus célèbres lesBarenlon, de Mondial, de Lugcac,Latour-Maubourg , dans l’art militaire.Dans les arts -.Julien, statuaire; Fran-çois Guy, peintre; Bertrand Roux,géologue distingué ; Déribier de Cheis-sac, staticien; Taleyrat, de Brioudc,poète agréable.
On a trouvé dans la contrée de la Ilaute-I.oire beaucoup d’antiquitésdruidiques, entre autres des grottes souterraines. Ce département estformé de certaines portions de l’Auvergne et de l’ancien Velay, auquelles Yellari ou Yillauni donnèrent leurs noms. Ils avaient pour ville prin-cipale Rucssium, qui n’existe plus. Yssengeaux, alors Judimago, etBrioudc, alors Briras. Les Francs reprirent, en 507, le Velay aux Visi-goths, qui l’avaient conquis 40 ans auparavant. 11 fit partie de l’Aqui taine , puis de l’Austrasie . Les Sarrazins le ravagèrent en 729. Les Nor-mands , qui vinrent plus tard, y détruisirent plusieurs villes, entre autresRucssium. Les comtes de Toulouse et ceux d’Auvergne l'eurent succes-sivement (-n leur possession; il resta aux premiers, et revint n la cou-ronne au 13 1 ' siècle avec le reste du Languedoc . Nous rappelons, à dé-faut d’autres souvenirs du Velay, qu’il lut le théâtre des exploits de labande du fameux voleur Mandrin, en 1764, et que dix ans après, lanon moins célèbre louve du Gévaudan y porta la terreur.
Le Fuy est une ville fort ancienne, mais dont l'origine est débattue.Elle porta d’abord plusieurs noms, et dut principalement son élévationà la ruine de Rucssium, dont on y transféra l'évêché. Cet évêché netarda pas à devenir célèbre. Flusieurs conciles se tinrent dans la ville;et la cathédrale, construite au 10 e siècle, jouit d’une renommée religieusetrès remarquable. Saint Louis lui fit présent,.’; son retour de Palestine,d’une petite statuette miraculeuse de la Vierge, sculptée en bois de cèdrepar les chrétiens du Mont-l.iban , et qui existe encore. I.e secrétaire de ceprince , depuis le pape Clément IV , et d’abord soldat, puis légiste, avait étéévêque du Fuy. L’église Saint-Laurent de celle ville possède un tombeaude Duguesclin.
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