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RÉGION DG SUD-OUEST.
DEPARTEMENTS.
a
ASPECT PHYSIOLOGIQUE
DU PAYS.
es
Les Pyrénées bordent le départe-ment au sud, et le couvrent dans toutecelte partie de ramifications de hau-teurs variées. Mais leurs montaifncssont moins hautes et moins après quedans le département voisin des llautcs-Pyrénées. I.a neige cependant couvrele sommet de quelques-unes, et l’on| y trouve aussi des glaciers de peu d’é-tendue. Les autres sont couvertes depâturages jusqu’à leur sommet; onles a beaucoup déboisées dans lesderniers temps : c’est entre les pre-mières que court l’étroite vallée del’Aritge. Les vallées que présente lapartie du nord, sont spacieuses, etn’ont de rivales en fertilité que lesbelles plaines de la même partie sep-tentrionale.
Le département 11 c manque pasd’éléments d’activité ; ce sont, dansles montagnes, les contrebandiers,les troupeaux, les bûcherons ; les for-ges dans les vallées; les mille bruitsde villages dans la plaine et partoutun habitant vif, lier, vigoureux.
PRODUCTIONS AGRICOLES
BT MANUFACTURIÈRES.
Un cinquième du département de l’Ariège | est inculte, un autre cinquième consiste enj fortlf; il a quelque peu de vignes assez■ bonnes. Les pâturages des montagnes sont| aussi bons qu'abondants, l.es terres du nord,bien arrosées, bien cultivées, fournissentbeaucoup de froment, d’orge, de seigle, d’a-voine, de maïs, de millet, de légumes et defruits excellents, La laine blanche et line desmérinos élevés dans le pays, les beurres, lesfromages, le miel, le liège, sont des articlesde commerce lucratifs.
Le fer et le marbre forment les principalesrichesses minérales du département; il possèdeencore des eaux chaudes (d’Aix ) et des eauxsalées. Grâce à ses exploitations de fer et deses forêts, les établissements métallurgiques ysont très nombreux et très importants.Ils four-nissent surtout des faux, des limes, des râpes,des chevilles de cuivre pour la marine. L’al-bâtre et le jayet du pays sont travaillés avecsoin et liabdeté dans beaucoup de localités,beaucoup ont de grandes fabriques de drap,de cuir-laine, castorincs, filosellcs, étoffes decoton, produits chimiques,papiers, etc., etc.
CHEFS-LIEUX.
Foix est une ville ancienne,laide et triste, située sur la rivegauche de l'Ariège , dans uneétroite vallée. Un ancien châteaufort porté par un roc, autour du-quel elle s’étend en partie, la do-mine.
On remarque le château, forte-resse des comtes de Foix , puis lenouveau pont sur l’Ariège , le pa-lais de justice. L'arrondissementde Foix est peuplé d’usines, d'ex-ploitations de marbres et de fers,de forges, etc., etc.
CHEFS-LIEUX
d’arrondissement.
REGION DU SUD-OUEST.
PAM1ERS,
Petite ville épiscopalecélèbre, renferme 0000habit., et s’étend dan»une situai mil agréablesur la droite de l’Ariègc.Sa bùlisse- est assezbelle. N.
SAINT-GIRONS
N'a que 4000 habit,fait un commerce im-portant avec l'Espagne ,el possède deux beauxponts de marbre coloréainsi qu'une jolie égli-se. O.
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LIEUX REMARQUABLES.
C’est un de nos riches départementsque celui de la Haute-Garonne : agri-culture, industrie, commerce, célé-brité historique, il réunit presquetout ce qui peut donner de l'impor-tance à un pays. I.es Hautes-Pyré-nées, aux sommets couverts de neige,aux vallées profondes, aux largescrevasses, aux cascades nombreuses,aux flancs couverts d’épaisses forêtsou de pâturages, le hérissent danstoute sa partie sud. Mais dans ces ma-jestueuses montagnes, s’ouvrent desvallées non moins belles et riches enculture ; ce sont celles d’Oueil, deLarboust, de Lnchou. Dans le restedu département, que la Garonne naissante traverse en demi-cerclepresque dans toute sa longueur, ra-massant à su droite et & sa gauchedes cours d’eau tributaire, le sol,presque toujours fertile, et sous leclimat le plus heureux, forme,comme une suite d’ondulalions as-sez élevées, et de vaste plaines que leciel semble s'être plu à favoriser. Là,s’étendent la belle campagne de Tou louse , où le laboureur récolte souvent deux fois dans une annge; cellede Ricux, près de la Garonne , nonmoins fertile ; et d’uulres moins cé-lèbres et tout aussi lielles.
Les coteaux sont presque partoutplantés de vignes ; les culture» sontdes pins variées et des plus vigoureu-ses. L’habitant change avec le pays.Dans la montagne et sur la frontière,contrebandier, âpre el rapide, ouconducteur aventureux de troupeaux,ou bûcheron; dans le pays bas, cul-tivateur ou vigneron,habile, spirituel,actif, grand parleur, mais plein d’unfond de qualités ; cherchant toujoursà savoir le pourquoi des choses; nénn.moins, très souvent étranger à lalangue française , et facile à exalter.
\
Le pays de la Haute-Garonne récolte unequantité considérable de céréales, dont il ex-porte la majeure partie. Le maïs lui sert à en-graisser de fort belles volailles et les bestiaux.
Il plante en abondance 1a plante nourris-sante de Parmentier. Quelques-uns de sesvins, dont la culture occupe un treizième dusol, sont renommés : ceux de Montesquieu,de Fronton , entre autres. Il a de beauxtroupeaux de moutons, vaches, chevaux etmulets, el d’excellents pâturages de monta-gnes. Il fait un assez grand commerce de buisde charpente, provenant de scs forêts, quioccupent un douzième de la superficie dépar-tementale. Il y a dans la partie basse très peude terres perdues. Le jardinage n’est pasmoins perfectionné que "agriculture, et leslégumes et les fruits sont aussi trop abondantspour être tous consommés sur place.
La Haute-Garonne compte peu d'exploita-tions minérales; elle a cependant du fer, ducuivre, du plomb, du zinc, du bismuth, desardoises, du marbre très utilisé, du granit, etde bonnes pierre» calcaire», etc. Ses eauxthermale» de Bagnèrcs-dc-Lucbon sont les plusfréquentées. Elle en a d’autres moins célèbres.
Quant à l’industrie,rien déplus varié: quel-ques hauts fourneaux pour la fonte du fer, denombreuses exploitations de marbres , quel-ques usines à cuivre; beaucoup de fabriques,de creusets, de cuirs et de maroquins , d’é-toffes de laine et de coton, de tissus de lin ;de spiritueux, de chapeaux de paille, d’acides,d'instruments de mathématiques, de couleursde teinture, etc., la composent principale-ment.
Le commerce est moins développé qu’il nepourruit l’être, vu la position du pays, entreles deux mers avec lesquelles il communiquepar le canal du Midi . Le principal se fait avecl’Espagne , et Toulouse , renommée parmi lesgourmets, pour ses pâtés de foies de canardsel ses pâtes d’Italie , qui fournissent presquetoute la France , en est l’entrepôt. Les mar-chandises du Nord et les productions du pays,grains, fruits, comestibles, spiritueux, sont lesarticles les plus importants de ce commerce.
Toulouse , belle et célèbre ville,place cle commerce importante,ancienne capitale (tu Languedoc ,s'élève sur la rive droite de la Ga ronne , dans une plaine remar-quable entre le fleuve et le nou-veaueanaldn Midi , ((ni sont jointspar le canal de llriarc. Ses rues,la plupart étroites et mal percées,sa bâtisse en briques, son petitnombre d'édifices remarquables,ne paraissent point dignes de sagrandeur. On s’arrête néanmoinsvolontiers devant le capitule ourhfdcl-do-ville, à la façade magni-fique , construite récemment;lacathédrale,la belle église dcSt-Sa-turnin, qui renferme b'mausoléedu saint de ce nom; l’église Saint-Semin el sa chapelle souterraine,le palais épiscopal, etc., sontaussi remarquables.
Archevêché. Cour royale.Quartier-général de la ] 0" div.militaire. 02,000 hab.
Nous citerons encore la belleplace Lafayelle on d’Angoulème,bien entourée, le quai magnifiquesur la Garonne , le cours, longueet belle promenade du côté dufaubourg Saint -Cypricn, la bellefontaine " _'o
de la Trinité, le pont superbe surla Garonne long de 810 pieds etorné d on are de triomphe.
Toulouse a deux riches biblio-thèques, plusieurs établissementslittéraires et soientiliqucs très im-portants, l’académie des jeux flo-raux, fondée, dit-on, en 1353, parClémence Isaure , est le plus cé-lèbre de tous. Toulouse possèdeencore la première fonderie decanons du royaume; et. de ladiesmanufacluresde faulx et de limes.
.tèr, sur l’Ariège , renommée par seseaux chaudes, el forte de2000habitants;Belesla, gros bourg non moins peuplé,remarquable l>ar le voisinage de la ion-laine célèbre de Vonleslorbes ; la sombre< astidede Scron, petitevillede2000âmes;Ta rançon , qui en a 300 de moins, et estsituéesur l’Ariège ; Vic-Dcssos enfin, où setrouvent des mines de ter très fameuses,Sont les endroits les plus notables de l’ar-rondissement de Foix .
La petite ville de Mas-d'Asile, dans uneriante vallée, dont les habitants calvinis-tes soutinrent un siège vraiment incroya-ble, au xvrt siècle ; Mirvptrix, pelile cité.industrieuse de 3000 habitants ; | Pailhès,bourg sur la Lèze, aune belle église elnn château, sont à remarquer dans l’ar-rondissement de Damiers.
Massai, dans celui de Saint-Girons,compte 7000 habitants, c’cst une petiteVille bien située, entourée de forges et^ exploitations de for
HOMMES UTILES
ET CÉLÈBRES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
Le pape Benoît XII (Jacques Four nier ), était né dans le comté de Foix.Cette pro\ inee fut. gouvernée par quel-ques princes illustres dont l'histoire aretenu les noms. Nous citerons sur-tout ce f lastan , si célèbre au xtv* siè-cle , par sa bravoure et que l’on sur-nomma l’luebus, pour sa beauté; etcet autre Gaston tué à la bataille de1 (avenue, i.ouis de Voix an xvi« siè-cle, architecte fameux, éleva la tourde Cordnuan, le palais de l'Vscttriul, etrendit â Bayonne l'usage de son port.Le pays s’honore aussi d'avoir donnénaissance h l’un des plus illustres sa-vants du xvn c siècle, â Pierre Bayle ;et de nos jours, au maréchal ClauseIel à Darmaing, fondateur de la Ga-zelle des tribunaux.
j Le département de l’Ariège est formé, à peu près tout entier, de Van-! cieu comté de Foix. Ce comté était l'un des territoires des Folccs Teclosages,el les Fludales l'habitaient. Les Goths l’enlevèrent aux Romains. Charle magne , après en avoir chassé les Sarrasins, le réunit à son vaste empire.Plusieurs grands feudalaires du Midi y régnèrent dans la suite ; enfln, vers lecommencement du xi* siècle, il eut pour souv erain particulier, Bernard, lepremier comte de Foix, tige d’une famille illustre, qui arriva au trône de laNavarre et compte au nombre de ses descendants, les rois de France , de-puis Henri IV . Le comté lut définitivement réuni â la couronne après lamort de ce prince, avec scs autres possessions.
Au xii' siècle, il avait été un théâtre animé des expéditions contre lesAlbigeois. Au xvi e , les guerres de religion le désolèrent comme presque toutle Midi . Damiers, la ville la plus célèbre du pays, et qui remonte â une trèsliante antiquité, fut alors ravagée plusieurs fois ; l'érection de son évêché,en 1296, lit quelque bruit. Foix prit naissance autour d'un couvent, bâtipar saint Volusien; c'était au ni' siècle une Ville bien fortifiée, qui résista âun siège régulier conduit par Simon de Mont fort. L’un de ses comtes s’étantrévolté sous Philippe-Ic-Hardi, ce prince vint en personne l’assiéger, el Utserment de ne passe retirer avant de l’avoir prise ; et si l’on en croit la elironique, il fit saper par un grand nombre d’ouvriers, le rocher sur loqueétait bâti le château du comte, qui effrayé, sc rend'il.
SA1NT-GAUDENS,
Les ehcfs-heiix d’ar-rondissement de lallte-Garonne ne répondentpoint pour l'importanceau chef-lieu du départ <“nient, et sont tous troisassez peu remarqua'blés. Nous nommeronsd’abord Saint-GaudeiiSqui, dans une situationfort agréable, non loinde la rive gauche de b 1Garonne, sur une col'Jline, a6000habit., un 1 ’industrie et un coin'inerce animés. S.-U.
Sur la Garonne , dan*"une vallée agréable, 11une population moiii'jdre de moitié. Elle (**
Dans l'arrondissement de Saint-Gau-’b'iis, on trouve Saint-Martory, sur laGaronne , au carrefour de quatre grandesMilites, pelite ville commercante; ensuite,Suint-Bertrand de Cumminges, non loin'le l'emplacement de l’aueienne ville der -ugdttnum Cont ente, autrefois bien plusniiporlanlc, et ayant encore (les ateliers'b' marbrerie distingués; le bourg doÏÏontrejcan, fort de 3000 âmes, est re-hninmé par sa délicieuse situation. Sainl-Seat, sur la Garonne , dans un dénié qui'bmiiiande â la vallée d’Arrau, possède debelles ruines, et fait un petit commerceassez important ; Bagnèrcs de J.ucbiml’eut passer pour la plus célèbre ville dudépartement après h; chef-lieu. Elit; doits a célébrité à son établissement, de bains,'lui est peut-être le 5' ou 6 e de France ;S! > situation dans une large, belle et. fer-rie vallée on débouche le défilé de Lar-
t>o
célébré par une saf'glaiito bataille (pic s flivrèrent les C.roisés f*les Albigeois, sous s 1 *nmrs, en 1213. S.
VILLEFRANCHE,
Près du canal **''Midi, au sud-est'*'Toulouse , dans i" 1 'vaste plaine, a cnvii -1 ’ 1 '3000 habit. C’est uncl’ 1titc ville très iiidid'trieuse. S.-E.
us , près des montagnes, est fort pit-
Jorcsquc; niais l’âpreté du climat la rend"'habitable aux étrangers en hiver. Elle'•‘ompte à peine 2000 habitants.
Hans l'arrondissement deVillelYanchc :Sttinl-Vclix de Cm aman est une jolie pe-Gte ville bien bâlie, de 2000 habitants;bore/, qui en a 5000, s’élève dans la mêmel’briie et appartient au même arrondis-s °nient . On voit non loin de Caramanla roule de Caslelnaudary, un mo-•h'incnt élevé à la mémoire de Paul Ri-1 ,|| ’t, créateur du canal du Midi ; Ville-’âur, dans l’arrondissement de Toulouse ,â 6000 babil., el fait quelque commerce.
H faut citer dans la montagne, entreâlilres sjtes très remarquables, celui de la'l'seudv de Seeulejo où l’on se rend depuis’igorre, l’un des plus sauvages et majes-’heux qui se puissent voir. Cette.cascade'’nriimniiique par deux sauts ensemble
'b‘(KH)Porte
pieds, du lac d’Espingn au lac qui|l son tiom. Près de Montrejean, lesmottes de (l’argus attirent aussi 1’altcn-hou.
Le pays de la Haute-Garonne a étéfécond en hommes célèbres. Seshommes d’état, depuis le chancelierGuillaume de Xogarel, le cardinald ’Ossat, et Du faute de Pibrae, jus-qu'à i.altmbère, envoyé en ambassadeà Siam, par Louis XIV ; puis, n l'ora-teur Oisulès, et au célèbre ministredes finances, de Vittile, el à eet excel-lent M. de Monlbel, estimé de ses en-nemis mêmes, tonnent mie chaîne re-marquable. Ses poètes sont peut-êtreplus célèbres ; c’est d'abord ClethenccIsaure, pois le prince destroubadours,Pierre Vidal-, ensuite le charmantpoète languedocien, Coudouliel May-nard, secrétaire de la reine Margue-rite, disciple de Malherbe. Plus tardle tragique Campistron , Palaprall’ami de Brueys;enlin, liaour Lortnian,lyrique. Les jurisconsultesnesont pasmoins distingués. On remarque parnijeux, le grandCti/rts, né en 1520, de pa-rents pauvres ; le président Duranli,
| tué dans une émeute populaire, en' 1589 : Artmuld du Pcrrier , Jean duPin qui fut aussi évêque de Ricuxet littérateur distingué, au mêmexvi' siècle. Jean de Coras , l’ami duchancelier l'Hôpital; Jean Dorisal ,Pierre Oiegoire, leurs contemporains;plus près de nous , Vurgoles , itomi-guères. Parmi les hommes de guerre,citons d'abord Aulonius Pii mus, gé-néral de Yespasien, puis le maré-chal Periynan, et les contemporainsCafartili, Compatis , Duptty , Pelet ,Verdier. l’arm i les hommes utiles ,l’illuslrc abbé Sicard, el l'industrielCnriiga. Parmi les savants, PierreJlttntl, (’usenuve, an wie siècle; les ma-thématiciens, Maiguan et Fermât, Pi-eol l.tipeyrouse , botaniste célèbre.cl.maire de Toulouse , sous l'empire.L’Iiistorien Munlgaitlard, M. de Ptit/-morin père et fils, célèbres anliquaires,Dcmège, staticicn.
Toulouse était anciennement la capitale des Volces-Teclosages. Les peu-ples qui habitaient son territoire, s’appelaient Tolosales. Ce fut sons les Ro-mains, une très grande ville. Le. consul Opion , Van 648 de Rome , l’avaitprise et lui avait enlevé les trésors du temple d’Apollon, qui n'était sansdoute qu'un lac ou quelque sombre bocage consacré au dieu gaulois , quetes Romains trouvèrent avoir te plus dcrcssemblanee avec Apollon . Commeles Druides avaient maudit Ca-pion.et comme il mourut malheureusement,on dit long-temps, atiriim Tolosanum (or de Toulouse ), pour signifier desrichesses mal acquises el qui portent malheur. On laissa en revanche, àToulouse , la qualité de ville libre, alliée de Rome , pois on y mil nue colonie;mais jamais elle ne fut métropole de province , seulement, on l’appela,parfois, la Rome de la Garonne . Les Yisigollis s’en emparèrent et en firentlong-temps leur capitale. Les Francs dcClovis leur enlevèrent leur posses-sion.
} Toulouse devintalors le siège dota puissance desducs d’Aquitaine (ou deI Scplimanic), qui s'y rendirent indépendants. Pépin la reprit sur le ducMaître auquel il fil une guerre sanglante. La province fut alors gouvernéepar des comtes, el l’un d’eux, vers la fin du règne de Charles-Ic-Simple,Raymond ou llégimoiid I er , se rendit indépendant à Toulouse . Il ne régnait(pie sur une partie du pays deeelle ville, et cependant, lui et ses premierssuccesseurs prenaient h: titre de ducs d aine. Raymond II, dit deSaint-Gilles, lut le plus célèbre de ceux de la seconde maison ; il condui-sit une armée de 100 mille hommes à la première croisade, et mou-rut devant Tripoli en 1105. La socle des Albigeois se forma sous ses succes-seurs. Raymond VI , qui soutint ces infortunés religionnaires, lie put tenirtête à l’orage amoncelé par le pape Innocent 111. Simon de Muni fort, chef descroisés, ravagea ses étais. Le comte fut battu de verges et obligé de se croi-ser conlre ses propres sujets. Cependant Toulouse résista long-temps auxefforts des croisés; son eneoinl e livrée aux flammes, fut.le t béât redu combatlopins acharné. Enfin, son évêque Foulques, qui était avec Simon de Mont -fort, et plusieurs attires prêtres tirent cesser le combat, à force de larmesel de promesses. Les babil an! s déposèrent les armes, mais Von n'en sév ilpas moins contre eux. L'inquisition fut alors établie a Toulouse . Ray-mond VU mourut en 1271, après avoir long-temps combattu pour êtreindépendant, et avoir marié sa fille Jeanne au comte de Poitiers , frère desainl Louis dont le successeur Philippe-le-Hardi prit possession défini-tive du comté, en 1270.
Depuis, Toulouse fut célèbre par ses jeux, ses académies. Au xvi' siècle,lors de 1 invasion de Cliarles-Quint, elle comptait 35 mille bourgeois enétat de porter les armes. La Saint-Barthélemy lui fut funeste. Remise descommotions des trouilles religieux, elle vil sons le règne de Louis Mil,Vexécnlion de l'infortuné Montmorency. Sa population avant 1789 élail en-core de 93,000 habitants. La révolution pendant laquelle il s'y commit ungrand nombre d’excès, ne lui a point été favorable. Nous avons parlé dela bal aille de Toulouse , gagnée par le maréchal Soull, près de ses murs,bataille qui termina glorieusement la série heureuse des guerres impé-riales. l’eu après, de nouveaux excès troublèrent la ville, et l’assassinatdu général Kamcl qui y commandait alors, effraya, on peut le dire, toutela France .