IlKCIIO jV nu NORD-OUEST.
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RÉGION DU NORD-OUEST,
CONTENANT LES TREIZE DÉPARTEMENTS SUIVANTS: ; ?
SEINE-INFÉRIEURE , EURE , CALVADOS , ORNE , MANCHE, ILLE-ET-VILAINE ,MAYENNE , MAINE-ET-LOIRE , SARTHE, LOIRE-INFÉRIEURE , MORBIHAN ,COTES-DU-NORD , FINISTÈRE , COLONIES.
APERÇU GÉNÉRAL.
La région nord -oucsl comprend les départements'au nord et à l’ouest, des points (pii nous ont servi à! diviser la France : ainsi les treize départements ei-i dessus, ou, d’après l’ancienne division, celte magni-fique NORMANDIE , à laquelle il ne manque que'des vignes, et qui les remplace par un si grandnombre de beaux arbres à fruits; celte BRETAGNE ,■qui pourra devenir aussi belle (pie la Norman die , quand ses habitants seront, plus industrieux ;D’ANJOU et le MAINE , pays assez semblables aujPoitou, riches en grains, en plantes textiles et enbois.
Eu égard au nombre des départements, cette lé-gion est la plus peuplée, puisque le chiffre absolu'de sa population est déjà plus élevé (pie celui de larégion précédente, et à peu près égal à celni du! nord-est. C’est par contre la plus pauvre en écolesprimaires. Ce résultat tient à la Bretagne , (pii, avecune population de plus de trois millions d’indivi-jdus, ne compte qu’un peu plus d’un millier de cesécoles. La Normandie au contraire vient de suite'après la Lorraine , et compte dans l’académie deCaen passé 2,500 écoles primaires, et dans celle deRouen près de 2,000; l’académie d’Angers en a' passé 1,200.
j Tournée vers l’Angleterre, on dirait que cette ré-Igion a suivi son exemple : elle tient en effet lesceptre du commerce. Rouen et le Havre , disait■Napoléon , ne forment avec Paris qu’une seule ville■dont la Seine est la grande rue. Nantes , à l'em-bouchure de cette autre grande rue de commerce,la Loire , est aussi l’une de nos premières places decommerce. Dieppe , Caen , Saint-Malo , Lorient ,Paimbœuf et d’autres petites villes du littoral, riva-lisent en petit avec ces grands centres d’expédition.
■ Le cabotage, la pèche sur les côtes, les salines,donnent des produits considérables. Toute la côte
est coupée par un nombre infini d'embouchures!de petits cours d’eau,où sont placés de petits portscaboteurs, pêcheurs, etc.
Les tissus de colon de la Seine-Inférieure et duMaine , les draps, les toiles de Bretagne et d’Anjou ,biles de celles de la Flandre, sont les trois grandsobjets manufacturiers de la région. On peut y join-'dre les dentelles de l’Orne et du Calvados , les petitsouvrages en fer de l’Aigle et autres localités, et lesfonties de plusieurs petites places. La Normandie ,la Bretagne , le Maine cl l’Anjou , sont d’ailleurs defort beaux pays d’agriculture et de pâturages. Tan-idis (pie le Midi nourrit ses innombrables moutons,le Nord-( )uesl approvisionne la capitaleel le Midi deses bœufs, et fournil à tout le royaume des chevauxrecherchés. Ses chanvres et ses lins, apportés jadis'de Flandre , rivalisent, avec ceux de cette contrée.!
Quant au règne minéral, à part les magnifiques'granits de la Bretagne et ses pierres superbes, àpart les ardoises d’Angers , la région est pauvre; etla manufacturière Normandie surtout, se voit avec;amertume privée de ces bouilles qui lui seraient siparticulièrement utiles. Mais on ne peut réunirtoutes les richesses. Les côtes abondent d’ailleursen exploitations de sel marin. |
Trois magnifiques ports de guerre, formidableset puissants arsenaux de notre marine, couvrentla Bretagne et la Normandie : ce sont, Lorient, !Brest , la première de nos forteresses maritimes ,[et Cherbourg , dont les travaux sont les plus admi-rables. A ces grands ports il faut en ajouter demoindres, comme Saint-Malo , d’où s’élancent, entemps de guerre, des corsaires hardis; Dieppe , aussila ville des armateurs, mais décline; le Havre si com-merçant; Granville , Port-Louis , et quelques villescôtières assez bien défendues, telles que Vannes,j l'antique reine du Morbihan . I