deDescartesI. Píitrì 5
doit gueres raillerie. Mais il eut allez de modé-ration dans l’ardeur du combat , pour ne par|siiccomber à la tentation qui le sollicita plus d'u-;ne fois , de justifier fa démonstration par Tex-perience , appréhendant qu’elle n’eût quelquesfuites dangereuses. Et c’eít-là le mystère que jeveux vous apprendre.
C’étoit fa coutume, comme on sçait, de tâ>cher de confirmer par l’experience les venter,qn'il avoir découvertes par les feules lumièresde son esprit. 11 espera qu’aïant démontré avectant d'évidence la distinction du corps 8c de fa-mé , il pourroit arriver jusqu’à pénétrer lesocretde leur union, 8c trouver ensuite celui de les sé-parer 8c de les réunir , quand bon lui semble-roit. Les questions que lui fit fur ce chapitre; son illustre écoliere la Princesse Palatine Elira- Lttibeth, & la difficulté qu’il trouva à lui en don- 30. Thhner des solutions qui se pussent aisément com-prendre , le déterminèrent enfin à certe en-treprise. II me pioposa un jour ce dessein, &
' à quelques autres de ses amis. 11 nous parutchimérique. Et il me souvient que je lui diser»riant , que je croiois qu’on ne pouvoit imagi-ner qu’un seul moien pour Texccuter, qui écoiíde trouver le fameux Caducée de Mercure , donton a dit que ce Dieu se servoit autrefois par Tor-dre de Jupiter, pour séparer les âmes des corps,
& pour lesjoindre aprés un certain nombre don-nées à de nouveaux corps, selon les principes dela Métempsycose de Pythagore.
Cela pourtant n’empêcha pas M. Descartesde rêver là-dessus, ne íè promettant pas tropd'en venir à bout : mais aussi jugeant qu’il nedevoir pas absolument en deselperer. Ce fut cequi l’engagea à étudier plus exactement que ja-mais le corps humain , A, ce qui luj, donna oc-. , ’ . K s ' ‘ ' Çasiom