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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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10 Voiage du Monde j

occasion de faire cle tres-belles découvertes en maitiere d’Anatomie. La premiere conclusion qu’il 1tira de l’idéc qu’il avoir de l'ame , comme!d’un être parfaitement indivisible , fut qu’ellëln’étoit pas étendue par tout le corps , com malon l’enseignoit communément. II montra Iajfausseté de la raison principale dont on s’étoitservi jusqu’alors pour s’affermir dans ce préju-jgé. C’étoit qu’en quelque endroit du corps'qu'on nous piquât, nôtre ame sentoitde la dou-leur. Donc , disoient les fhilosohes , elle estrépandue par tout le corps. 11 fit voir la foi-blesse de cette raison par deux expériences ,qui prouvent manifestement, que nous pou-vons sentir de la douleur 8c les impressions desobjets , dans des endroits où nôtre ame n’estpoint. La premiere est celle de ces personnes à]qui l'on a coupé un bras, &qui de tems entemssentent des douleurs dans l’endroit où seroient !leurs doigts, s’ils n’avoient point eu le bras cou- <pé , quoique leurs doigts n’y soient plus, ni par !conséquent leur ame. La seconde est celle de cetaveugle, qu’il apporte fi souvent pour exemple,qui au défaut de ses yeux se sert de son bâtonpour distinguer la figure & les qualitei de plu-sieurs objets. Qui connoît à la faveur de sonbâton si c’est de l’eau , de la terre, ou de l’her-be qu’il touche : si le plancher est poli ou rabo-teux , &c. Car il est certain qu’il ient tout celaavec son bâton , quoique son ame ne soit pasdans son bâton. II démontra donc que l’impres-fion des objets fur nôtre corps ne pouvant consi-ster que dans l’ébralement des fibres 8c desnerfs qui y font répandus de toutes parts, il n’é-toit pas nécessaire que l’ame fût étendue tout lelong de ces fibres & de ces nerfs. Mais qu’il luisuffisoit, pour appercevoir les objets, que cet

ébrau-