deDkscartes. I. Part. IIébranlement pût se communiquer à quelque en-droit principal , où elle feroit íà résidence : demême que l’ébranlement causé par la rencontredu corps dur ou du corps mol, du poli ou du ra-boteux, se communiquoitjusqu’à la main par lemoïen du bâton Que comme le bâton étendudepuis la main jusqu’au corps qu’il touche. fer-voit à l’ame pour appercevoir les qualitez de cecorps ; de meme les nerfs étendus par exempledepuis le cerveau jusqu'à la main pourroientluiservir à appercevoir les qualitez des corps que lamain toucheroit. Et qu’enfin la douleurqu'ellesent au doigt, quand elle l’approche trop présdu feu , ne suppose pas plus qu’elle soit pré-senté par elle même à cet endroit de son corps,que le mal de doigt dont se plaignoit de temsen tems une certaine fille à qui l’on avoir coupéle bras sansqu’elles s’en apperceut, à cause qu’ilétoit gangrené ; car elle ne sentoit ce mal que Tfejî*parce que les humeurs, ou quelqu’autre cause,ébranloient les nerfs de son bras, qui s’éten-doient auparavant jusqu’à l’extrcmité de sa main,
8î qu’elles les ébranloient d’une maniéré sembla-ble à celle qui eût été requise pour lui faire sentirde la douleur dans le doigt, avant qu’on lui eûtcoupé le bras.
Aprés avoir fait ce premier pas, & tiré uneconséquence aussi importante St auffi plausibleque celle-là , d’un principe aussi abstrait quel’cst l’indivisibilité de l’ame ; il lui fut aisé deprouver qu’elle ne peut avoir son fiege autre-part que dans le cerveau, C’est là qu’aboutis-sent tous les nerfs , ou plûtôt c’est de là qu’ilstirent leur origine. C’eft la que les Philoso-phes , si vous en exceptez quelque peu, St en-tr’autres Vanhelmont , à qui il a pris fantaisiede placer l’ame dans l’estomac; c’est là, dis-je,
A 6 que