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dats qui avoient forcé fa maison, qu’il ne leseut apperceus,
Helas ! reprit il en soupirant , vous verrezdans la fuite de ce que je vais vous raconter,que les Extases de M. Descartes ne lui furentgueres moins funestes, quoiqu’elles fussent d’u-ne autre espèce , & qu'elles fussent une causebien differente. En effet, un jour que nous étionsà Egmond , petite ville de Hollande, où il seplaisoit fort , il entra d'affez grand matin dansun hypocauste, qu’il s’y étoit tait bâtir sembla-ble à celui où il avoir commencé à philosopheren Allemagne : & là il !è mit à rêver à son or-dinaire. J’y entrai deux heures aprés : je l’ytrouvai accoudé fur fa table , la tête penchée endevant, & soutenue fur fa main gauche , où ilavoir une petite tabatière , aiant la droite pro-che du nez en posture d’ttn homme qui prenddn tabac, Au reste il étoit immobile, 8e avoirles yeux ouverts. Le bruit que je fis en entrantne l’aïant pas fait .branler le moins du monde;j’eus la patience de le considérer dans cet étatprés d’une demi-heure , fans qu’il m’apperceûf.Cependant il arriva une chose qui me surprit.11 y avoir sur la corniche de la boiserie de l'hv-pocauste une bouteille d'eau de la Reine de Horr-grie : Je fus fort étonné de l’en voir descendresans que personne y touchât, & venir en l’airvers M. Descartes. Le liège dont elle étoitbouchée s’ôta de lui-même, & la bouteille s'ar-rêtant à son nez,y demeura quelque tems suspen-due. Je vous avoue que j’apprehendai dans cemoment qu’il n’y eût un peu de diablerie dansles affaires de nôtre Philosophe, & que quelqueesprit familier , semblable à celiii de Socrate,ne lui inspirât toutes les belles choses qu’il nous
dil'oit