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ne tiendra qu’à vous » m’ajoûta t’il, de, vousconvaincre de la vérité de ce que je vais vousdire , & de l’experimenter. Ce secret est leplus beau qui se puisse trouver au monde. Jesuis résolu de le confier à fort peu de gens. Maisrattachement que vous avez fait paroître jus-qu’à présent pour moi, ne me permet pas d'a-voir rien de caché pour vous. H continua fansme donner le tems de répondre à cette honnête-té, & me raconta toute la fuite de cet évefie-ment extraordinaire.
11 me dit que s’étant mis à méditer avec at-tention fur la question que la Princesse Elisa-beth lui avoit proposec touchant l’union dacorps & de l’ame : & repassant dans son espritles réfléxions qu’il avoit faites en divers temsfur cette matière ; au milieu de cette applica-tion extraordinaire, i! se trouva tout d’uncoupdans un état, qu’il ne pouvoit, au moment qu’ilme parloit , se représenter que confusément àlui-même, & qu’il ne concevoir d’une maniérébien distincte que lors qu’il y étoit actuellement.Tout ce qu’il pût m’en dire , c’est qu’il tenoitde ^évanouissement; parce qu’on n’y avoit nulusage des sens , qu’on n’y voioit point, qu’onn’y entendrait point , qu’on n’y ressentent nulleimpression des objets extérieurs (à moins qu’el-le ne fût infiniment véhémente) & alors cet é-tat cessoit : mais qu’il en étoit bien diffèrent, ence que l'ame le sentoit alors elle-même, & s’ap-percetoit de la cessation de ses fonctions orga-niques : ce qui n'arrive pas dans l’évanouisse-ment. Qu’elle avoit alors une infinité de cesconnoissances immatérielles ou purement spiri-tuelles , dont il nous avoit parlé quelquefois :mais qu’elle les avoit d’une maniéré bien plusparfaite & plus vive ,, que lors que son atten».