de Desc artes. I. Part, 19sente. Tant il est vrai que la pluspart de cesmouvemens de nôtre corps, que nous attribuonsà nôtre ame, se font par la feule disposition dela machine.
Cette ame , avant que de s’écarter plus loinde son corps,y rentra Sc en sortit diverses fois,j & jugeant par la disposition où elle le voïoit,
; qu’eile pouvoit sans un danger évident le laisserpour quelque tems, elle se bazarda d’entrepren-, dre un assez long voiage. Elle alla en Bretagne1 dans les maisons de les parents , & puis à Paris• dans celle de quelques-uns de ses amis. El'e eutle chagrin de voir, qu’on y avoit fort mauvai-se opinion de sa religion. Lepaïs que M. Descar-tes avoit choisi pour fa demeure , & quelquesfausses conséquences qu’on avoit tirées de sesprincipes , avoient donné lieu à ces jugemenstéméraires. 11 est cependant vrai qu’il a toujoursvécu , & qu’il est sorti de ce monde tres-bonCatholique.
Au reste , ce qu'il y a de bon dans ces voila-ges , que l’ame fait étant séparée de son corps 1c’est qu’en une minute elle fait li elle veut destrois & quatre mille lieues, de forte que cellede M. Descartes étant partie d’Egmond vers leshuit heures & demie du matin , parcourut pres-que toute la France en une heure & demie, &étoit de retour à dix heures.
Mon Dieu , dis je alors à mon Vieillard, quecela est commode pour une personne qui a au-tant de passion de voir le pais que j’enai. Vouspourrez contenter vôtre curiosité, répondit-il,mais écoutez-moi jusqu’au bout.
L’ame de M. Descartes étant revenue de sonvoiage de France, trouva son corps dans la mê-! me situation à peu prés où elle l’avoit laissé.
I Mais elle n’étoit pas encore pleinement ratissai-
I te '