r» Voiage do Monde
te. Elle ne cor.noisloit pas la voie, par laquelleelle étoit arrivée à 1 état où elle se trouvoit. Elleconsidérois que c’éroitun effet du hazard, 8c ques’étant une fois réunie à son corps, elle nepour-roit peut-être jamais s’en séparer de nouveau,que lors que Hieure fatale de la mort arriveroit.Elle s’appliqua donc à considérer attentivementson corps, Sc la disposition de tous ses organes :elle s’apperçeut que les nerfs qui servent ausentiment, & ceux qui servent aux fonctionsnaturelles, comme au battement du cœur, à lacirculation du sang, Lcc. étoient dans un étattout différent. Elle vit que ceux-ci étoient trèstendus jugea que ce pourroit bien être pourcela que les esprits animaux se communiquoientaisément aux muscles où ces nerfs s unissent, 8csuffiibient ensuite pour entretenir & continuerles mouvemens naturels que l’ame n’apperçoitpoint, quand elle est unie au corps: Sc qu’aucontraire les nerfs qui servent au sentiment, 8cpar le moien deíqnelsl’ame apperçoit les objets,étoient presque tous lâchez ; ce qui empêchoitque le mouvement qui y étoit produit par l’im-pression des objets, ne le continuât jusqu’au sié-gé de famé. La difficulté étoit de connoître lavraie cause qui avoir fait ainsi lâcher les uns sansfaire lâcher les autres; 8c comment elle vien-droit à bout de faire tendre <Je nouveau ceuxqui étoient lâchez. ,
Cependant la tabatière dont je vous ai parlé, jque son corps avoir à la main gauche, fit souve-nir M. Descnrtes qu'avant son extase il avoitpris du tabac, 8c il crut que peut être un effetsi extraordinaire pourroit bien avoir été causé parla vertu de ce tabac. Celui dont il s’étóit serviétoit d’une nouvelle espece. Un Marchandd’Amsterdam qui l’avoit apporté depuis peu
d’une