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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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qu'elle imprime immédiatement à la glande pi-1néale, ou tous les nerfs aboutissent , les esprits]animaux à couler diversement dans les muldesjlpourproduire dans le corps d’autres mouvemenstels qu’elle veut lui donner , Sc principalementceux qui font nécessaires pour fa conservation.

Aprés cela, continua mon Vieillard, M.Des-cartres m’ajoûta tout ce qui lui étoitarrivédans 1cette occasion , & toutes les autres réflexionsqu’il y avoir faites. La principale fut que soname en cet état n’appercevant plus les mouve-mens, que les objets extérieurs caufoient dansion corps, 8c par conséquent ce commerce, qui 1fait l'essence de l’union , étant interrompu, ellepouvoit se regarder comme en étant séparée,quoi qu’elle sût encore placée dans fa demeureordinaire : cette présence locale n’étant que lamoindre partie de son union avec le corps IIlui, prit donc envie de s’éloigner dc son corps,& de voir pour un moment ce qui arriveroit decette séparation. Elle ne l'eut pas plutôt voulu ,^ue cela se fit. Et il expérimenta encore ce qu’iííiòtìs avoît ptédit pislìeuts foi s j que si la ma- jchine du corps avoir tous ses organes sains 8c li- ibres ; Lc qu’il y eût dans le cœur 8c dans l’eíîo-mac autant de chaleur qu’il y en a ordinaire-menr ; la circulation du sang , la fiitration deshumeurs , toutes les fonctions naturelles, 8ctous les mouvemímensqui se font dans nous, fansque nôtre ame s’en apperçoive, seferoient danscette machine cn son absence ainsi que quandelle y est. II arriva même que comme elle con-temploit ce qui se passoit dans son corps, étantéloignée de lui de quelques pas, une mouchevint le chatouiller au visage. Ausiì-tòt la mainse porta vers cet endroit, Sc chassa la mouchede la méme maniéré que si son ame eût été pré-senté.