dE Descartes !. PartJ ir
d’une Ifle proche de la Ciunç, lui en avoit fait] préent. II etoit extrêmement fort : & M Des-1 cartes pour radoucir y avoit mêlé d'une certaine! hethe desséchée, dont >1 n’a jrmais voulu medire le nom, ni le lieu où -Ile croiíT it, quoiqu'il m’en ait fait présent d une assez grandequantité. lien mit une bonne doze fur le reversde la main droite'', & la fit prendre à ion corps.11 en vit en même-tems l’effet admirable dansson cerveau: car toutes les vapeurs qui s’yétoiencélevées depuis la derniere fois qu'il eu avoit pris,furent en un instant dissipées. Il remarqua quec'étoit les seuls corpuscules du tabac qui dissi-j poient les fumées du cerveau ; Zc que ceux de: J’herbe qu’il y avoit mêlée étant plus grossiers,& ayant très-peu de mouvement, s’atrachant: aux nerfs qui fervent au sentiment,les lâchoient| encore davantage qu’ils n’étoient auparavant.
Voïant cet effet, il n’héíìta plus. 11 conclutque c’étoit l’herhe, qu’il avoit mêlée au tabac,qui lui caufoit 1’é'anoûiffement, & lui ôtoit lesentiment; fi que le tabac dans le même temsdissipant entierement toutes lès fumées qui pou-voient offusquer le cerveau, laiffoit à l’ame la: liberté entiere de connoître & de réfléchir surelle-mêine ; comme elle venoit dei’experimen-' tèr. § prés quoi il crut que de l’eau de la Rei-ne de Hongrie étoit suffisante pour faire ten-, dre de nouveau les nerfs qui servent au senti-i ment: puisqu’on en use pour faire revenir lespersonnes qui tombent en pâmoison. L’ame; prend la bouteille dont je vous ai parlé tantôt,
! & l’apporte en l’air du bout de la chambre jus-qu'à son corps. C’estjustement en cela que con-sistoit la magie dont j’avois soupçonné M. Des-cartes) elle lui en humecte les narines. La va-peur subtile de cette liqueur eut l’effet qu’il avoit
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