4* VoiAGE DU MONDE,
qu’appercevoir l'étendue, la figure, 6c le*cou-leurs de cet objet. Que cette perception n’estpoint causée immediatement par l’objet, quic-tant éloigné de nôtre corps 6c de nôtre ame nepeut pas agir fur eux par lui-même. Cela se faitdonc par le moien de la réflexion d une infi-nité de ra\«ns de lumière , qui rejaillissant dechaque partie 8c de chaque point de l'objet »viennent ébranler les divers filets , dont est coin:posé le nerf optique. Cet ébranlement se com-m unique jusque dans le cerveau, 6c jusqu a l'en-droit où se trouve le liège de Pâme ; 6c c'est ensuite, Sc àl’occaíjpn de cet ébranlement , quePâme se forme l’idée de l'objet, quelle perçoit, jou aperçoit de la maniéré , qui s’apelle voir ; !& c’est selon les diverses modifications de cet !ébranlement, qu’élle voit les objets à diverses ;distances , fous diverses figures , 8ç de diversescouleurs. D'où s'ensuit que Içs perceptions. 8cles idees de l ame ne dépendent point necessai- ;rement des objets, mais uniquement del’orga-ne intérieur, 8c on le prouve par mille expe- ■riences, 8c fur-tout par celle des Phrénétiques,qui aperçoivent les objet» tout auttement qu’ilsne sont en effet, 8c qui les voient où ils ne fontpoint.
Afin que vous appcrceviex ici où je fuis, uncorps , quoiqu'il tày en ait point, il suffit quevôtre organe intérieur soit remué de la maniéréqu’il le seroit, si en efíet il y en a voit un - &c'est ce que je fais actuellement dans vôtre nerfoptique . pour vous faire connoître que je fuisici: c’est ce qui vous y fait vois un corps, quoi-que dans ia vérité il n’y en ait pas: 6c ce que jefois fur l'organe qui vous sert à voir, pour vousfaire paroltre ici un corps, je le fais à propor-tion fut celui, qui vous sert à entendre , pour
vous