êl VoiAGE DD MONDE.'
mué, soit que nous le mesurions par la grandeurde l’espace que le corps a parcouru , dans legrand nombre de cercles qu’il a décrits, malgréla résistance du milieu, où il se remuë, soit mê-me, que nous considérions la vitesse de ce mou-vement; il est visible que la baie a beaucoup pluscommuniqué de mouvement à ce moulinet,qu’elle n'en a perdu. F.t au contraire , fi nonssupposions ce moulinet dans l’état, où vous Pa-ver suppofif d’abord, pour me démontrer la pro-position de M. Descartes, c’est à-dirc, que sesailes n'eussent pas été en équilibre , ni d’cgalegrandeur , que l’eslieu eût été fort gros, malpoli, 8c rouillé, 8c que la baie eût donné con-tre une des ailes d une maniéré moins oblique ;il est certain, que, dans ces circonstances, !abaie auroit beaucoup plus perdu dc fa vitesse £cde son mouvement, & qu’el'e en auroit impri-mé, ou communiqué beaucoup moins au mou-linet, qu’clle ne lui en a communiqué mainte-nant, Que deviennent donc ici ces grands prin-cipes de M. Descartes ? Qu’un corps ne com-munique présentement à un autre corps; qu’il re-muë, qu'autant de mouvement qu'il en perd : 8cqu’il n’en perd précisément, qu'autant qu’il encommunique. Car ici la baie en communiquebeaucoup, Lr en perd peu; Lr dans l’autre suppo-sition elle en perd beaucoup , 8c en communi-que peu. Mais que fera-ce de ces autres grandsaxiomes, qui sont les fondemens de la Physi-que, 8c de tout son système du monde ? Sça-voir, que Dieu en créant ce monde, ou la ma-t*n. i. tiere, y a créé en même sems une certaine quan-îiié de mouvement, ou de transport d’un lieu ài 7 ’ T t m. un autre , ait.si qu’ils’exprirne lui-même, qui yi. est toujours la même, fans croître, ni diminuer;
quoique les parties qui le composent en aient
tantôt