l;8 VoiAGE DO MONDE.
8c véritable d'une démonstration , où d’une pro-position, a pour effet nécessaire, le repos & la]trauquilité de l'esprit, qui s’en sent éclairé d’u4ne maniéré st vive, qu’il lui est impossible de jdouter , 8c de ne pas reconnoitre la vérité. C'cstpour cela, que malgré les chicanes de ceux ,que]Descartes appelle Sceptiques;' il nous est im-possible d’avoir nul scrupule sur les premiers"Principes , de douter en aucune maniéré , Il letout est plus grand que fa partie, & s’il estim-'possible; qu'une même chose soit 8c ne soit pas'en même rems. Réfléchissant donc fur ce raisonsnement il nous paroissoit , qu'il nous devoitsembler être évident, 8c en même rems nousexpérimentions par le sentiment de notre esprit,qu’il ne l’étoit pas en effet. Toute la difficultéétoit de trouver le principe de cette fausse lueur,8c de faire voir, qu’on nous ébloiiissoit au lieude nous éclairer. Nous crûmes avoir de quoinous faire entendre, 8c nous expliquer là dessuspar ces réflexions.
L’Axiome qui fait la prémiére proposition duraisonnement de Descartes , n’est vrai , qu'ensupposant deux choses. La première, que l’ideedont il s’agit , soit une idée réelle: c’est a diré ,qui represente un objet réel, au moins possible.La seconde, que l’esprit qui se forme cette idee;conrioisse évidemment, qu’elle est réelle. Ainsi, 'parce que l’idée d’un triangles rectiligue est réel-le , Sc qu’un Geometre la connaît pour telle ,volant distinctement l’égalíté des trois angles a-vec deux droits, dans[cette idée il peut affirmeravec vérité du trianglequ’il a ses trois angleségaux a deux droits.
Mais si l’idée n’est pas réelle, ou s’il ne m’estpas évident, qu’elle le soit, il est faux , que jepuisse en-affirmer un Attribut réel, que j’y vois
dis-