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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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l86 Vol A G E D U Mo N D E

voit tl’aiguillon, pour m’aniiner à travailler : je^m’étois tait un système de conduire pour l’exé-,cutionidece deiiein. Je tournai d'abord mespen*fées du côté des Jésuites, & je les sondai, pour'voir.fi je ne pourrois pas les engager dans mesintérêts, ou du moins me faire un parti parm?eux; c'eût été pour rugi un coup de partie, 8cmes affaires après cela aîloient toutes feules : Ilsont les Collèges des principales Villes de Fran-Diver/ìt ce: il y a permi eux quantité de gens d'efprit,icttry dt gj capables de soutenir mes srntimens, s’ilsI tm'i' étoient une fois entrez. Je leur envoiai mes ou-vrages , les priant de les examiner, & les assu-rant , que je les soûmettois à leur censure. Lesconjectures m etoient affez favorables. LeurProvincial se trouva vers ce tems-là être moncompatriote, mon ami & mon parent: monRégent de Philosophie qui vivoit encore, Sc quej’avois remarqué être un peu plus Physicien, quel’ordinaire des Philosophes de ce tems-là, mevouloir affez de bien. Enfin je ne désespéroispas de réussir: mais je fûs bien surpris, lorsquele P. Mersenne m’écrivit de Paris q.ue le P. Bour-din Mathématicien du Collège des Jésuites a-voit fait des Thèses publiques où il attaquoit madoctrine. Ce furent les prémières qui parurent 1en France contre moi. Un coup de cet éclat ime fit connoître quels étoient les sentimens dela Société ,|8c le peu de fond que je pouvois fai-re' fur l’amitié de quelques particu iers. Peu detems après le même Mathématicien écrivit con-tre mes Méditations d’un slile peu sérieux, &les tournant en ridicule, ce qui lui attira de mapart une réponse un peu vigoureuse. Je m’enplaignis au P. Dinetpar une lettre, que j'ai im-primée avec mes méditations. En un mot, nousrompîmes entièrement les Jésuites Sc moi. Je