zor VoiAsiE du Mondela nutrition, Taccroissement, & le reste de toutce qui est commun à nôtre corps & à celui desplantes , dans lesquelles le suc ou la séve quileur tient lieu de sang, se répand de tous côtezles nourrit , les fait croître , fans attendre pourcela Tordre d’une ame counoissante. Toutes ceschoses bien développées & bien exposées dansplusieurs livres de la Secte , écrits poliment ennôtre langue , vous attirèrent de nouveauxapplaudistemens, & une nouvelle confusion auxPhilosophes de Tancienne école. Tant il estvray qu’en matière de dispute , il est presqueauisi dangereux de ne pas assez accorder à ses iadversaires, que de leur accorder trop. j
Les Cartésiens encouragez par ces succès \firent encore une troisième démarche, qui poussaà bout la patience des Péripatéticiens. Ils osèrentdire que de certains mouvemens extérieurs quenous produisons parce que nous le voulons,comme de marcher, de manger, de boire, depousser certains cris qui marquent en nous de lajoye > ou de la douleur, se font dans les bêtespar la feule disposition de la machine. Et c'est-làen effet où ces philosophes commencent à avoirquelque raison, & oû volontiers je me fâcheroisaussi moy même contre les Cartésiens, parcequ’il me semble que c’est-là que comtnence leurparalogisme. Mais il faut avouer qu’ils le ca-chent & le déguisent avec beaucoup d’esprit ,par les réflexions ingénieuses qu’ils font fur cer-tains mouvemens de cette espèce.
11 n’y a rien de plus séduisant que les expo-sitions que fait le Pere Pardies dans son Livreintitulé De la connoissanct dt bêtti , où mettantle Cartésianisme dans toute fa force fur ce point,il va presque jusqu’à convaincre les lecteurs quenon feulement il n’est point besoin d’ame pour• mars