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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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or Deícartes, V. P a «t.

Quand je me leve de dessus une chaise où jesuis affisi je ne me leve pas tout droit, maisj'avance un peu la tête & le haut du corps endevant: sins quoi je ne garderois pas un certainéquilibre absolument nécessaire pour me lever,ou pour m’empêcher de .retomber sur ma chai-se, Mais quoique ;e suive en cela les loix dela Méchanique, il est cependant très-cettain quele mouvement par lequel je me fuis levé, estun effet ou du moins une fuite de ma volonté,Sc que dans la disposition de la machine de moncorps il n’y avoir rien qui exigeât que je chan-geasse de situation, Sc qui obligeât nton corps àdevenir droit plutôt qu'à demeurer plié. Maisvoici un autre exemple qui nous conduira plusloin que celui-cy,

Quandj’ai faim & que je vois du pain fur une ■table, j’avance vers ce pain , je le prends, je leporte à ma bouche, & je le mange: la disposi-tion de la machine contribue à tout cela. Carsi j’étcis paralytique, je ne pourrois pas remuerles jambes pour aller vers la table , ni porter mamain aui pain, & delà à ma bouche. Maisquelque faim que j'aye jamais eû, quelque pro-portion qu'eust alors le pain avec la dispositionde mon estomac vuide, je me fuis témoin à moymême, que ni cette proportion, ni cette veuëo’un objet si convenable ne déterminoit pointles esprits animaux à venir donner aux musclesde mes jambes & dejmes bras les mouvemensnécessaires, pour les faire avancer vers la table& vers le pain, & que, de quelque manière queces mouvemens se soient commence?. il y aeà entre la prcíènce de l'objet fk ces mouvemensune connoissance, & un 'acte de volonté, Surquoi voici comme je raisonne.

La machine de nôtre corps est toute disposée

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