DE D ES C ART B S. V. P A R T. ZkZ
s’ouvriroient par l’impression de l’objet , pourlaisser couler les eíprits animaux.
En quatrième lieu , une action 8c un effortproportionné à cét effet ne peuvent être produitspar mon ame. Car les Cartésiens se mocquentde a puissance motrice que les Péripatéticiensattribuent aux esprits. Tout ce que peut fairemon ame , c’est de connoître , c’est de vouloir.Or qu’elle connoisle , ou qu’elle veuille tantqu’il lui plaira, cela ne fera jamais remuer uncorps de fa place , ni ne l’empêchera point d’ensortir , lì un autre le pousse avec assez de vio-lence. La volonté Si le mouvement ne sontpoint des choses , qui aycnt entre elles aucuneproportion , & dont l'un puisse être l’effct deJ’autre. Ainsi , que mon ame veuille tant qu’illui plaira arrêter l’écluse ou la soupape de moacerveau : elle n’en viendra pas à bout. s’il n’ya qu’elle feule qui s’en messe. C’est pourquoiles Cartésiens ont dans cete nécessité recours àDieu , qui à l’occafion de la volonté de l’ame ,a foin d’ouvrir & de boucher lui-même cesdisserens passages des esprits animaux , & de lestaire couler, ou de les empêcher de couler vers: certains cotez ou dans certains membres ducorps: de maniéré que selon eux , dans le corpsdes bêtes tous les mouvemens se font parfaite-ment suivant les loix de la Méchanique ; Scqu’au contraire dans le corps de lTiomme ,Dieu viole ces loix en une infinité de rencon-tres Si à tous momens.
Je ne doute pas, Monsieur, que cette espèce; de dérèglement , & cette infraction , st josei m’exprimer ainsi , de ces loix sacrées, n’ayent
Ì fait quelque peine à ves condisciples ; que plu-sieurs n’ayent rêvé long tems pour tâcher de> les sauver, Mais il n’y a pas eû moyen , la[ O né-