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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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z'.4 Voiaoe d» Monde

confirmée, ni éclaircie par cette application.

Qu'on dise à un homme, qui n’cst point Phy-sicien que l'air est pesant, & que ce qu’il enporte sur sa teste pèse autant qu’une colomned’eau de trente deux pieds de haut, ou qu’unecolomne de deux pieds 8c un quart de vif-argentde même diamètre que fa tête, il n’en voudrarien croire, 8c traitera cette pesanteur de chi-mère. Mais faìtes-luy remarquer certains phé-nomènes; faites devant luy certaines expérien-ces; conduisez-le de principe en principe, devérité en vérité, pour réunir ces cas particuliersavec la proposition que vous avez faite d'ahord ,s’il a de l’esprit, il vous comprendra, & vousle convaincrez.

Mais icy le contraire arrive. Les cas particuliers-jie font que révolter l’esprit. Vous avez beau leménager, en luy choisissant exprès des mouve-mens tres-peu compoíez, comme dans cesexemples mêmes les plus faciles, vous ne luyfaites tien voir distinctement, les réflexions qu’ilne manque pas de faire fur plusieurs autres mou-vemens beaucoup plus compliquez, pat exem-ple, fur ce qui fe passe dans la République desabeilles, lui font paroîtte vision tout ce quevous lui débitez, là dessus. En un mot les Péri-patéticiens diíent que toute la difficulté consistaà expliquer les choses en détail; qu’il n’y a queee détail que leur fait de la peine; que si vousvouliez bien leur faire comprendre cfctte certainetnmîtrt , cttte différente maniéré que VOUSnommez si souvent 8í que vous n'explíquez ja-mais, ils feroient aussi-t&t à vous; mais fautede cela ils en demeureront à ma proposition,que les Cartésiens fur ce chapit-e n’ont jamaistouché au point essentiel de la d fficulré.

Four ce qui est de moy, afin de donner dans

votre