de Descartes V. Part.uns 8r des autres elì destiné ? Que de fuite entout ce qui se passe dans Ja Repub'.ique des abeil-les, & dans la famille de deux hirondelles , enla maniéré de nourrir & d’élever leurs petits ?II n'y a rien de plus beau qne les descriptionsque les Peres , les Philosophes & tant d’autresauteurs ont fait de ccs merveilles. Vous scavez,Montìeur , aussi bien que moy où cela se trou-ve, une nouvelle description de ma façon seroiticy fort inutile.
Mais je devine la pensée, qui vous vient ac-tuellement à l’elprit. Vous dites en vous mêmeque cét argument, dont je me fers pour vousembarassr , non feulement a été propolé biendes fois , mais encore qu’il prouve trop i parcequ'il faudroit conclure de ce que je dis, que nonfeulement les animaux connoissent, mais rncmequ’ils raisonnent.
Non, Monsieur ; je le tourne d’une manièreà tn’épargner la solution de cette instance , Quevous croïez pouvoir ine faire. Je ne prétendspas prouver absolument par ces exemples que lesbêtes connoissent: maisj'ay dessein de montrerque, si vous juger qu’elles ne connoissent pas& ne sentent pas , malgré toutes ces apparencesde sentiment-& de connoissance ; malgré cettefuite d'actions , ce commerce , cette sociétéqu’elles paroissent entretenir ; malgré cette cor-respondance qu’elles ont avec les hommes ; vousdevez aussi juger que ces êtres que vous appeliezdes hommes . ne connoissent pas non plus. Enun mot les bêres agissent, comme si elles con-noissoient, comme si elles sentoient , comme iîelles raisonnoient : Cela ne prouve rieij selonvous. Les hommes parlent comme t’íls con-noissoient, comme s’ils sentoient , comme s’ilsraisonuoier.t : cela ne prouvera aussi rien selon