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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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z;6 Voiage nu Monde

moi , parce que cela ne doit rien prouver selon

vous.

Je veux montrer encore la bonté de ma con-séquence , 8c pousser mon raisonnement plusloin par une réflexion dont la vérité ne vousparoîtra pas moins évidente qu’à moy. Quandvous m’auriez convaincu que les bêtes ne con-noissent point, Si que moy à mon tour je vousaurois obligé d’avotìër, en me servant de vosPrincipes , que les autres hommes , excepténous deux . ne raisonnent point ; nous demeu-rerions toujours d’accord , que les discours sui-vis de ceux-cy & les actions suivies de celles-làdevroient se rapporter à quelque cause connois'santé 8c raisonnable.

Par-tout où il y a de !'ordre , de la subordi-nation , un usage constant Si reg' lier de cer-tains moyens proportionnez à une fin , c’estune nécessité qu'il y ait un Principe connois-sant 8c plein de raison j parce que c’est à laraison seule qu’il appartient d'arranger , de pro-portionner , de régler, de destiner. Ce sontdes effets , qui lui lotit autant propres , qu’ilsfont disproportionnez à toute autre cause qu’onpourroit imaginer.

Mais le principe immédiat de ces mouve- ]mens , dans quelque machine que ce soit , |peut être ou un Etre raisonnable créé de Dieu , jcomme on le suppose dans 1 homme ; ou la !disposition même de la machine , que le Créa-teur aura construite d’une maniéré propre àproduire tous ces mouvemens réguliers : ainsiqu’un horloger , a prés avoir fîit Sc assemblétous les ressorts & toutes les pièces d'une mon-tre, & aptes savoir montée, l’abandonne, pourainsi dire, à elle-même, laisse tourner les roues,le balancier s’agiter , seur qu’il est qu'elle son-ne