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burlesque qu elle est ne laissera pas de donnerquelque force à mes raisonnemens. Im’gtnons-nous que Dieu place une ame raisonnable dansla glande pinéale du cerveau d’un chien, pourgouverner delà cette machine: de forte qn’àl'occaston de certains mouvemens qui se ferontdans la machine, Dieu produise dans lame cer-taines peníëes, & qu'à l'occaston dé certainespensées & de certaines volontez de l’ame, Di.uproduise dans la machine certains mouvemens.11 n'y a rien en tout cela que je ne puisse suppo-ser. Car, selon la doctrine de la secte, l’onionde l'ame avec le corps ne consiste que dans cettedépendance mutuelle, que Dieu peut auslì bienétablir entre l’ame 6c la machine d’un chien,qu'entre la même anse & la machine d'un hom-me. Ajoûtons que cette ame soit du caractèrede celle de Monsieur Descartes, & qu’enfin enphilosophant fur ce qu'elle connoît d’elle-mêine& sur ce qu’elle volt au dehors,elle se faílêunephilosophie toute Cartésienne. Je suppose enfinqu’elle n entende les hommes parler entr’eux ,que comme nous entendons les oiseaux en étéchanter dans les bois 8í se répondre les uns auxautres. Pensez-vous que cetre ame eût une idéeplus avantageuse des hommes , que celle que lesCartésiens ont aujourd’hui des chiens? Nonapparemment. Tous les principes de fa Philo-sophie la porteroient a juger des hommes com-me un Cartésien juge aujourd'hui de ces ani-maux. Ccque la satire fait dire à l’âne portantdes choux au marché pourroit naturellement luivenir en pensée, 8c peut-être qu’après bien desréflexions qu’elle feroit en fa faveur. & en faveurdes chiens ses semblables, elle se diroit intérieure-ment à elle-même,
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