de Descartf.s. V. Part. Z47
tion dans les bétes. A l’occasion de certainesperceptions, Dieu déterminera les esprits ani-maux à aller vers certains cotez plutôt que versd’autres, pour produire dans la machine de labête certains mouvemens plûtôt que d’autresCe n’est pas là, ce me semble, trop mal ré-pondre , au moins selon vos principes.
Mais, Monsieur, ii j’étois Cartésien, je nepourrois jamais me défaire d’un scrupule, dontje vous ai stéja dit un mot en palîant,& que lamatière que je traite feroit de tems en tems re-naître. Les loix du mouvement font quelquechose de si sacré parmi vous, qu êtant de vôtresecte je necroiroispas pouvoir dire en conscien-ce , à moins d’une nécessité absolument indis-pensable , que Dieu a gille jamais contre cesloix. Vous supposez néantmoins vous mêmequ’il le fait à chaque moment dans le corps del'homme, dans lequel il détermine le cours desesprits, non pas selon ces réglés, mais confor-mément à certaines volontez & à certaines pen-sées de l’ame.
La Théologie naturelle ( car pour la Chré-tienne, le respect que fa sublimité vous inspire»vous empêche d’y toucher; & entant que Phi-losophes, disent quelques- uns de vos Messieurs ,vous faites profession d’ignorer les mistéres dela foy, dont elle traite; ) La Théologie natu-relle, dis je, pourreit vous fournir peut-être unmoyen d'accommoder les loix du mouvementavec la liberté & la connoissance de l’homme*Elle reconnoît dans Dieu une science qu’onapelle la science des choses conditionnelles.dont l’objet n’est pas toûjours ce qui arrivera »mais ce qui arriveroit en cas que telle ou telleautre chose se fît. C’est en vertu dc cette scien-ce , que Dieu a dans les thiesors infinis deP L . ses