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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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11 Preuve* de la

Quand je parle de raisonner sur ce qui paroi*dans l’extérieur des bêtes, je ne prétends pa*répéter un certain argument tì commun dans le*écoles pris de la ressemblance de leurs organesextérieurs avec ceux de nôtre corps, 8c de l'inu-tilité de ces organes, si eLes font fans sentiment.Pourquoyont-elles des yeux, disoient autrefoisles Péripatéticiens, si elles ne voyent point? Pour-quoy des oreilles, si elles n'entendent point? 8c«insi du reste. Non, ces organes ne sont pasinut.les même dans l'hypothèíe des Cartésiens.L’œil, c’eíl-à dire, cet assemblage & cette dis-position de membranes, de fibres, de nerfs,d'Jiuineurs, qui. composent l’organe auquel ondonne ce nom, sert, selon eux, dans les bêtesnon pas à voir, c'est à-dire ,à produire un cer-tain sentiment, ou une certaine sensation qui sefait en nous quand nous avons les yeux ouvertsen présence de quelque! objet éclairé; mais à re-cevoir Sc transmettre jusqu’au cerveau la lumièreenvoyée ou réfléchie par les corps lumineux ouilluminez, d’où dépendent une infinité de mouve-mens, dont ces machines seroient incapables fanscela. II en est de même des oreilles 8c des au-tres membres à proportion, C'est-là encore unde ces argumens peu efficaces. dont les Carté-siens ont tiré avantage 8c pris occasion d’exagé-rer la foiblesse de leurs adversaires. Voicy lele sens de ma proposition.

Je dis qu'en demeurant dans une certaineétendue de connoissance, qu’on ne peut pas pas-ser, 8c qu’en nous servant en même tems desprincipes les plus évidens de la Mécanique,ildoit nous paroître certain que quantité de mou-vemens, que nous voyons dans les bêtes,ne sefont point par la seule disposition dc la machi-ne